Papa Pékin et Gros nounours donnent une bonne baffe à l’Oncle Sam en Iran et au Venezuela

Dollar, dédollarisation, OBOR, Iran, Venezuela, Russie, Chine, BRICS, USA,

Par Jeff J. Brown
Paru sur The Greanville Post (en vidéo et audio), China Rising et The Vineyard of the Saker sous le titre Baba Beijing and Big Bear smack down Uncle Sam in Iran and Venezuela


Ahh… Où sont passés les bons vieux jours de la Guerre froide, quand la riche, l’impériale Amérique combattait la Russie et la Chine, deux pays agraires pauvres, et l’Iran et le Venezuela étaient des régimes fascistes et corrompus au service du capital américain ? Ces jours derniers, tout cela semble si loin, si loin !

Il fut un temps, entre 1945 et 1990, où les USA ont mené le monde non-communiste avec une brutalité de chef de gang, harcelant leurs États vassaux de leur pouvoir militaire et financier illimité, les fouettant et les menaçant jusqu’à les forcer à la soumission. Dans les cercles diplomatiques de l’après-guerre, une plaisanterie connue consiste à dire encore aujourd’hui que les USA n’ont pas d’amis, seulement des clients, et de plus, battus et harcelés. Ben dites-donc, les temps ont bien changé.

La Russie est passée d’un État failli version capitalisme du désastre à la sauce « Chicago Boys » à une puissance mondiale confiante, dotée d’une bonne croissance économique et d’une puissance de feu militaire de haut niveau. (http://www.4thmedia.org/2016/09/clinton-russia-has-us-media-forgotten-the-1990s/).

La Russie à vaincu l’Occident à plate couture en Ukraine, réabsorbant la Crimée et faisant essentiellement la même chose avec l’est du pays. Sauf pour la majorité de l’Europe de l’Est, la Russie a conservé nombre des atouts de l’ex-URSS en termes de puissance militaire et d’unité économique. (http://chinarising.puntopress.com/2016/04/02/the-china-russia-alliance-is-in-full-bloom-if-you-know-where-to-look/). Avec le soutien discret de la Chine, la Russie a battu l’OTAN en Syrie et va vraisemblablement se tourner vers l’Irak. L’Amérique a fait de gros efforts pour détourner l’Inde et le Brésil de leur engagement dans les BRICS, mais l’ours et le dragon en sont sortis encore renforcés, et les BRICS n’ont jamais été plus unis, après le sommet de Xiamen, en Chine, du 3 au 5 septembre dernier. (http://chinarising.puntopress.com/2017/09/07/brics-is-euranglolands-canary-in-the-imperial-mines-china-rising-radio-sinoland-170907/).

La Chine est nominalement la seconde plus grande économie au monde, et en termes de parité de pouvoir d’achat (PPA), c’est la reine du monde. (http://www.businessinsider.com/china-overtakes-us-as-worlds-largest-economy-2014-10). Elle maintient également un armée moderne, redoutable, et dotée d’une technologie de pointe. Savez-vous que « depointe » est un mot chinois ? Il signifie « L’oncle Sam peut toujours courir pour faire la loi chez nous ». Non, je rigole.

Les incursions ridicules des USA dans la Mer de Chine méridionale, dans une démonstration de force contre Papa Pékin, ont viré à la farce humiliante du fait des quatre accident sérieux en un an (1) subis par « la plus grande marine en eaux profondes de la Voie lactée », avec des morts, des atteintes physiques et des dommages graves causés à sa réputation. (https://www.nytimes.com/2017/08/21/world/asia/navy-ship-mccain-search-sailors.html). Les spéculations selon lesquelles, en manière de réponse discrète, la marine de plus en plus sophistiquée de la Chine a causé ces mésaventures avec des brouillages cybernétiques et des faux signaux GPS doivent être prises au sérieux. (http://sonsoflibertymedia.com/us-navy-suspects-uss-mccain-collision-caused-cyber-attack/). Si c’est bien le cas, ce serait une réaction typiquement chinoise à un harcèlement tapageur dans son arrière-cour. Vous ne me croyez pas ? Lisez vous-même le cinquième des 36 stratagèmes de guerre, « Profiter de l’incendie pour piller et voler », pour commencer. http://www.taopratique.fr/wp-content/uploads/Les_trente-six_strategies.pdf

Alors que l’emprise dictatoriale des USA sur ses États-vassaux s’affaiblit, la Russie et la Chine ne sont plus les pays communistes pauvres, principalement agraires qui avaient été coupés du monde par l’Occident pendant la Guerre froide. A l’époque, l’Amérique impériale maintenait ces deux pays dans l’isolement pendant qu’elle volait impunément les pays du tiers-monde, en grande partie grâce à la Banque mondiale et au FMI (http://library.uniteddiversity.coop/Money_and_Economics/confessions_of_an_economic_hitman.pdf), et qu’elle utilisait tout ce capital humain et ces ressources naturelles pour produire à elle toute seule la moitié du PNB mondial. Les États-Unis étaient le principal producteur, créancier et exportateur de la planète. Le dollar américain a d’abord été garanti par l’or, puis par le baril de pétrole de l’OPEC. (https://www.thebalance.com/what-is-the-history-of-the-gold-standard-3306136).

Ces jours sont passés, finis, révolus, baby. Aujourd’hui, le PNB de la Chine dépasse celui des USA. La Chine est le principal producteur, créancier et exportateur du monde, alors que les USA sont les principaux débiteurs mondiaux et peuvent se vanter d’avoir la balance commerciale la plus déficitaire de tout l’univers. La Russie et la Chine sont les deux principaux mineurs d’or, et les deux pays vendent et achètent de plus en plus d’hydrocarbures dans leur propre monnaie, amoindrissant ainsi le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale. (http://chinarising.puntopress.com/2016/04/19/shadow-of-truth-jeff-brown-in-beijing-why-does-the-west-fear-china-16-4-13/). La Chine et la Russie commencent d’ailleurs à accumuler les peaux de banane sur la route du dollar. La Chine est le principal importateur de gaz et de pétrole au monde, et Papa Pékin vient juste d’annoncer des accords sur l’achat de pétrole en renminbi chinois convertibles, adossés à de l’or physique. (http://russia-insider.com/en/politics/game-changer-china-buy-oil-gold-backed-yuan/ri20807).

En conséquence de quoi, de continent en continent, les USA jouent un jeu désespéré de « whack-a-mole » avec ces deux alliés d’Asie. La Chine est un soutien fervent du Venezuela socialiste, et lui a prêté des dizaines de millions de dollars pour la construction d’habitations à loyer modéré, d’hôpitaux, d’écoles et d’infrastructures de connectivité. Les termes des accords sont indulgents, et le Venezuela rembourse en pétrole. Comme les tentatives de révolutions colorées américaines pour renverser le gouvernement anti-impérialiste du Venezuela ont affecté le pays, Papa Pékin est cool sur les remboursements, pour soulager les gens, et continue à construire et construire. (https://www.ft.com/content/18169fbe-33da-11e6-bda0-04585c31b153). Au dernier conciliabule des Nations-Unies, où Donald Trump a montré le véritable visage de l’Amérique impériale, la Chine a exprimé un soutien ouvert au Venezuela et a rappelé son opposition de longue date aux révolutions colorées incessantes de l’Occident. (http://www.reuters.com/article/us-china-venezuela/china-offers-support-for-strife-torn-venezuela-at-united-nations-idUSKCN1BV0EW).

Ensuite, en menace directe à l’hégémonie du dollar comme pétro-monnaie mondiale, le Venezuela vend aujourd’hui son pétrole en yuans chinois. Après que l’Irak et la Libye aient exprimé la volonté de vendre leurs exportations d’hydrocarbures en euros, ils ont été envahis et détruits par l’Occident. L’Amérique essaie de faire la même chose au Venezuela à travers une guerre financière (https://www.telesurtv.net/english/news/Venezuelas-President-Nicolas-Maduro-Rejects-Trumps-Threats-at-UN-20170919-0026.html) et la Corée du Nord fabrique des bombes nucléaires pour se mettre à l’abri. (http://chinarising.puntopress.com/2017/08/28/why-dprk-will-n-e-v-e-r-stop-its-nuclear-arms-program-china-rising-radio-sinoland-170828/).

La Russie ne reste pas les bras croisés sur le Venezuela non plus, et prête 17 milliards de dollars à la révolution bolivarienne en échange de parts pétrolières. (https://www.reuters.com/article/us-venezuela-russia-oil-specialreport/special-report-vladimirs-venezuela-leveraging-loans-to-caracas-moscow-snaps-up-oil-assets-idUSKBN1AR14U). Dans un autre appel à la chute prochaine du dollar, le président russe Vladimir Poutine a récemment ordonné à tous les ports russes d’abandonner les tractations en dollars, et de passer aux roubles. (https://www.rt.com/business/403804-russian-sea-ports-ruble-settlements/).

Un autre pays socialiste que l’Amérique tente de castrer et détruire est l’Iran. (http://sayed7asan.blogspot.fr/2017/09/liran-une-reussite-meconnue-du.html). L’encre du Plan global d’action conjoint pour limiter le développement nucléaire de l’Iran était à peine sèche quand les USA ont commencé à le renier, avec leur arrogance exceptionnaliste typique. (http://www.presstv.com/Detail/2017/09/19/535716/Iran-EU-Britain-IAEA-New-York-Federica-Mogherini-Boris-Johnson-Mohammad-Javad-Zarif-JCPOA).

Dire que la Russie et l’Iran sont frères d’armes est un euphémisme. Les deux pays sont férocement anti-américains et reprochent à l’Euroangloland (l’OTAN plus l’Australie et la Nouvelle-Zélande) son obéissance couarde à la botte impériale de l’Oncle Sam. L’Iran et la Russie continuent à travailler de concert pour donner à l’OTAN et à son armée par procuration, ISIS, qui devrait réellement être dénommée SIDUSA – satrapes islamiques des USA – le coup de grâce en Syrie, tout en étendant leur influence en Irak. Le commerce bilatéral Russie-Iran est en train d’exploser, avec une multiplication des échanges en pétrole contre biens de consommation (https://www.rt.com/business/389712-russia-iran-oil-goods/ et https://www.rt.com/business/355671-russia-iran-trade-increase/) La vente par la Russie de son très médiatisé – et redouté – système antimissile S-300 rend inapplicable toute idée de guerre et de pillage occidental de l’Iran. Israël continue à menacer l’Iran, mais ce ne sont plus que des rodomontades racistes et impérialistes. Devant l’Assemblée générale des Nations-Unies cette semaine, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a mentionné l’Iran à 57 reprises.

La Chine et l’Iran sont également comparses dans l’anti-occidentalisme. Papa Pékin vient d’offrir à l’Iran un crédit équivalent à 10 milliards de dollars libellé en yuans et en euros pour contourner les sanctions étouffantes et illégales de l’Oncle Sam, et continuer à construire des infrastructures dans le pays. Cela vient en plus d’une marge de crédit précédente d’un équivalent de 15 milliards de dollars et d’un prêt de $4,2 milliards pour la construction de lignes ferroviaires à haute vitesse chinoises. (https://sputniknews.com/business/201709171057456688-china-10billion-credit-for-iran/).

Même l’alliée occupée de l’Amérique, la Corée du Sud, est intervenue en prêtant 8 milliards d’euros à l’Iran. Certains des clients passifs des USA, l’Autriche, le Danemark et l’Allemagne, négocient un prêt de $22 milliards à l’Iran. Croyez-le ou non, les USA sont en train de se tirer une balle dans le pied en menaçant d’annuler les ventes d’avions de ligne Boeing à l’Iran (http://ifpnews.com/exclusive/us-ban-plane-sales-iran-runs-counter-jcpoa/). Si ce n’est pas la preuve d’une arrogance stupéfiante, qu’est-ce que c’est ? Car Airbus et à sa suite, la Chine sont immédiatement venus à la rescousse. (http://aviationweek.com/commercial-aviation/second-comac-c919-flight-imminent-five-months-after-first-flight).

Quand il s’agit d’accords commerciaux, l’argent iranien parle et les conneries impériales des USA prennent la porte, puisque la majeure partie du monde est fermement implantée dans le camp capitaliste. L’Iran peut bien être socialiste, il n’empêche que les Persans font du commerce depuis bien avant la Grèce antique et sont le peuple doué en affaires par excellence. L’Iran est un pays riche en hydrocarbures, que tout le monde veut acheter, et parallèlement, ses sages dirigeants créent une classe moyenne en pleine expansion, qui veut acheter des biens de consommation importés et de plus, bénéficier d’infrastructures de pointe.

Vous ne vous en douteriez jamais si vous vivez derrière le Grand Pare-feu Occidental, mais les Américains ont l’air des parfaits crétins impériaux qu’ils sont. La Russie et la Chine sont là pour leur mettre le nez dans le caca anti-occidental, tout en changeant le monde pour le meilleur. Pas seulement meilleur pour leurs citoyens, mais meilleur pour toute l’humanité.

Et même meilleur pour les Euroanglolandiens, y compris les Américains. Donnez-leur la nouvelle en douceur, en postant cet article sur les réseaux sociaux, et partagez-le avec vos collègues de travail, votre famille et vos amis. Ils doivent tous se préparer pour le moment béni où il faudra rendre des comptes. Pensez-y. La chute d’un empire. Cela va être de toute beauté. Et pour la musique, on prévoira l’Ode à la joie.

Traduction Entelekheia
Les liens en anglais ont été réinsérés à leur place originale à titre de références.

(1) NdT : Le 21 août dernier, le destroyer USS John S. McCain est entré en collision avec un supertanker pétrolier au large de Singapour. Le 17 juin dernier, l’USS Fitzgerald éperonnait un cargo container philippin au large du Japon. Le 9 mai dernier, le croiseur Lake Champlain allait s’écraser contre un bateau de pêche sud-coréen. Le 19 août 2016, c’était un sous-marin, l’USS Louisiana, qui éperonnait un navire de ravitaillement militaire au cours d’un exercice de routine.

1 réponse

  1. 4 octobre 2017

    […] Jeff J. Brown – Dragonul chinezesc şi ursul rusesc dau de pământ cu unchiul Sam în Iran şi Venezuela […]

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