USA-Cuba 1961 : la débâcle de la Baie des Cochons, première partie

« Cuba fait le même effet aux gouvernements américains que la pleine lune à un loup-garou. Ils n’ont peut-être pas de poils qui poussent et ne se mettent pas à hurler, mais ils agissent de la même façon, tout simplement irrationnellement. » – Wayne Smith, 1 ex-diplomate américain.

Le 17 avril 1961, débutait ce qui s’avérera l’opération la plus spectaculairement ratée de toute l’histoire de la CIA, l’invasion de la Baie des Cochons à Cuba. A ce jour encore, historiens et analystes sont médusés par l’accumulation d’erreurs de jugement, de dénis de réalité, de rapports tendancieux et d’arrogance qui ont mené au désastre, et personne n’arrive à en reconstituer, ou a fortiori à en comprendre les raisons exactes.

Mais reprenons l’histoire à son début.

Les conditions de la révolution : Gringos, casinos et mafia, la Cuba de Batista

Du fasciste meurtrier soutenu par les USA au dictateur progressiste et assez bienveillant envers les communistes pour en accepter dans son parti, qui était le prédécesseur de Castro, Fulgencio Batista ? Analyses et historiens se contredisant encore aujourd’hui, pour comprendre le succès de la révolution castriste, mieux vaut se pencher sur Cuba telle qu’elle était sous Batista que sur le puzzle des descriptions de son caractère.

A l’époque, le problème de Cuba tient à sa libération du joug espagnol par l’Amérique, 2 qui a profité de sa présence sur l’île pour la coloniser sans tambours ni trompettes, mais de façon radicale : depuis 1902, l’amendement Platt de la Constitution cubaine autorise les USA à intervenir à volonté sur l’île et à maintenir une présence permanente dans la tristement célèbre base militaire et carcérale de Guantanamo Bay. 3

En 1934, Cuba remanie sa Constitution et abroge enfin l’amendement Platt. Les USA gardent toutefois une profonde emprise sur l’île à travers un écheveau de liens financiers, économiques et militaires, et parviennent à sauvegarder leur base de Guantanamo. Cuba, officiellement libre, reste en sourdine une colonie américaine : la moitié de ses terres arables, 80% de ses fournisseurs, 90% de ses mines et presque tout son pétrole appartiennent à des compagnies américaines, 4 tout comme les trois-quarts de l’industrie de la canne à sucre, véritable colonne vertébrale de son économie. « La banque qui garantit la récolte de canne à sucre est étrangère, la récolte est étrangère, le marché de consommateurs est étranger, l’équipe administrative en place à Cuba, les machines qui y sont installées, le capital qui y est investi, la terre de Cuba elle-même sont tenus par des propriétaires étrangers… tout est étranger, tout comme le sont, logiquement, les profits qui sortent de ce pays pour en enrichir d’autres » – Fernando Ortiz, historien. 5

La Havane et Varadero deviennent des centres touristiques de jeux d’argent, de trafic de drogue, de nightclubs et de prostitution opérés par la mafia avec la complicité active du régime Batista, 6 ce qui vaudra une réputation de « bordel de l’hémisphère occidentale » à Cuba. Ses quatre parrains sont Fulgencio Batista lui-même, Lucky Luciano, 7 Meyer Lansky 8 et Santo Trafficante Jr. 9

Dans les années 50, Cuba est présentée comme l’une des réussites économiques de l’Amérique latine. Elle occupe le troisième rang en termes d’espérance de vie, le quatrième en consommation d’électricité par habitant, le cinquième en revenus annuels, le second en termes de possession d’automobiles et de téléphones, et le premier en postes de télévision par habitant. 10 La Havane, une ville moderne débordante d’activité, compte une importante classe moyenne. Mais les chiffres sont trompeurs et en réalité, Cuba est minée par des inégalités dignes d’une république bananière : la société est si hiérarchisée entre riches, pauvres, noirs, mulâtres et blancs que plusieurs pays semblent coexister sur le même territoire. Aucun rapport autre que géographique n’existe entre la Havane et ses casinos rutilants, les taudis des banlieues citadines et enfin, l’extrême misère des paysans de ses campagnes. Alors que les compagnies sucrières laissent des milliers d’acres en jachère, des paysans sans terres se voient réduits à cultiver la terre des bords de routes, d’où ils sont régulièrement chassés par une police rurale qui n’hésite pas à détruire leurs maigres plantations à coups de machettes.

En quelques statistiques, 60% des habitations rurales consistent en simples huttes faites de branches et de feuilles de palmiers, sans toilettes de quelque type que ce soit, 93% n’ont pas d’électricité, 85% pas d’eau courante ; plus d’un tiers de la population des campagnes souffrent de parasites intestinaux ; seulement 4% des paysans cubains peuvent s’offrir de la viande, 1% du poisson, 3% du pain, 11% du lait et aucun n’a accès à des légumes verts ; 14% souffrent de tuberculose et un tiers de la population active est constituée de saisonniers sans revenu hors de la période de quatre mois annuels de culture de la canne à sucre.

Dans les banlieues, la situation, bien que meilleure, offre également un tableau profondément inégalitaire : 25% de la population active est sans emploi ; 27% des enfants urbains (et 61% des enfants de zones rurales) ne sont pas scolarisés ; les familles vivotent de petits métiers (étals de rue de bonbons, de cigares à l’unité, de fleurs de papier, de fruits, de bouteilles vides, etc, à même le trottoir) ; la discrimination raciale est endémique, les brutalités policières courantes et la corruption gangrène tous les échelons de la société. « D’un juge de la Cour suprême à un policier, tout le monde est à vendre ». 11

Au cours de la montée de la révolution castriste, la répression croissante du régime de Batista concourra à sa chute. L’opinion publique américaine, exaltée par des journalistes comme Robert Taber pour CBC 12 ou Herbert Matthews, du New York Times, qui a retrouvé les guérilleros cubains dans leur maquis de la Sierra Maestra en 1957 13 et dépeint Fidel Castro en « défenseur de la Constitution cubaine », « amoureux de la démocratie » et « ami des Américains », s’élève contre Batista au point d’obliger le Congrès à stopper ses livraisons d’armes au régime cubain. Même si la suspension n’a aucune incidence sur la victoire des insurgés de Castro (seuls 1950 fusils sont concernés), 14 le public est satisfait et le Département d’État, condamné à observer passivement la suite des événements.

Les USA rencontrent l’incarnation de leur paranoïa : des révolutionnaires sur leur palier

Quand Fidel Castro débarque à Cuba à la tête d’une poignée de partisans (dont Ernesto « Che » Guevara), paysans sans terres et déshérités se joignent tout naturellement à la rébellion. Au terme de six ans de guérilla acharnée, le 1er janvier 1959, les révolutionnaires sont maîtres de Cuba, 15 pendant que les Américains sont divisés sur la réalité de l’esprit « pro-américain et modéré » du nouveau leader de l’île. Depuis les premiers jours de la révolution, les politiciens émettent de très sérieuses réserves sur sa flexibilité et son orientation démocratique, mais la presse libérale et le public l’adorent (il faut toutefois comprendre que la confiance dans des éléments inconnus – a fortiori de gauche anti-libérale – n’est pas le fort des élus américains, que la suspicion leur est aussi naturelle que l’air qu’ils respirent et que si, en l’occurrence, ils ont raison sur Fidel Castro, c’est par accident).

En avril 1959, l’American Society of Newspaper Editors (Société américaine des éditeurs de journaux) invite Castro pour une visite de onze jours aux USA. 16 Au cours de son séjour, le lider maximo s’adressera à des foules estudiantines enthousiastes, racontera son épopée dans la Sierra Maestra à des parterres de journalistes fascinés, signera des autographes, saluera du balcon de son hôtel, tiendra des bébés dans ses bras et rencontrera le vice-président d’alors, Richard Nixon, qui en dira « Le fait dont nous pouvons être sûrs est qu’il possède ces qualités indéfinissables qui en font un meneur d’hommes. Quoi qu’on pense de lui, il va être un grand facteur du développement de Cuba et très possiblement, de toutes les affaires de l’Amérique latine en général. Il a la capacité de commander. » 17

En marge du tonnerre d’applaudissements publics, le Département d’État émet des mémos confidentiels chagrins sur ses « graves doutes concernant le caractère et les motivations de Castro », 18 Eisenhower refuse catégoriquement de le rencontrer et comme on n’est jamais trop prudent, la CIA veille à le sensibiliser à la « menace soviétique ». Pour Richard Nixon, « Soit il est incroyablement naïf à propos du communisme, soit il est sous discipline communiste. Je penche pour la première réponse ».

Les exilés cubains et la CIA, une communion dans la haine

Au mois de mai 1959, Castro commet l’impensable : dans le cadre de sa réforme agraire, il entame la nationalisation de terres cubaines détenues par des étrangers pour les redistribuer à des paysans sans terres. Le gouvernement de Cuba offre de racheter les terres à des prix ajustés sur les impôts payés par les propriétaires, mais comme dans d’autres pays d’Amérique latine sous domination américaine, les terres ont été sous-estimées par les compagnies détentrices précisément pour échapper à une taxation juste, et les sommes qu’en offre le gouvernement cubain n’ont aucun rapport avec leur valeur réelle.

Le niveau d’alerte grimpe quand, au mois suivant, Che Guevara prend officiellement contact avec l’URSS au Caire. En septembre 1959, l’ambassadeur des USA rencontre Fidel dans l’espoir de l’attendrir sur le sort des propriétaires terriens américains expropriés, à quoi le leader cubain répond qu’il « admire les Américains, particulièrement les touristes, pour qui il prépare de grandes choses ». 19

Les Américains sentent bien qu’ils ne peuvent pas continuer à s’en remettre à leur bonne étoile pour se délivrer du cauchemar gauchiste installé à quelques encablures de la pointe sud de la Floride, et le Département d’État US se met à ourdir de sombres machinations.

En octobre 1959, le directeur de la CIA Allen Dulles persuade la Grande-Bretagne de refuser toute vente d’armes à Cuba. Il espère qu’ainsi, Castro sera obligé de se rabattre sur l’Union Soviétique, ce qui permettra de l’accuser de communisme et d’attaquer Cuba. 20

Dans la foulée, Eisenhower approuve un programme du Département d’État et de la CIA consistant à soutenir les actions de dissidents cubains, autant en exil que localement. L’Amérique joue de chance : très rapidement après l’accession de Castro au pouvoir, des dissidents cubains se sont exilés en grand nombre (en 1961, sur une population de 5 millions, 250 000 Cubains sont réfugiés en Floride et au Mexique), de sorte qu’une phalange anti-castriste conséquente est toute trouvée. Les mois qui suivent verront une succession de plans concertés entre contre-révolutionnaires cubains et Américains, avec un net accent sur la discrétion du côté U.S.

Allen Dulles place tous ses espoirs dans un certain Richard Bissell, qui jouit de la réputation « d’homme le plus brillant de Washington » après avoir développé les avions espions U2, dont les vols discrets au dessus de l’URSS apportent une moisson de photos d’importance stratégique aux Américains, et le nomme responsable du « Directorat des plans » (Directorate for Plans) en remplacement de Frank Wisner, dont sa psychose bipolaire déclarée l’a forcé à libérer son poste.

Sidney Gottlieb, des services techniques de la CIA, est chargé d’apporter des idées sur la façon de miner la popularité du lider maximo. Ses propositions saugrenues, telles que vaporiser du LSD dans un studio de télévision juste avant que Castro y fasse une apparition ou contaminer ses chaussures au thallium pour faire tomber sa barbe, feront vite place à des plans beaucoup plus consistants : sur les conseils du colonel Joseph Caldwell King, chef de la Division de l’hémisphère occidentale de la CIA, Bissell opte pour l’assassinat du leader cubain. « Il faut donner toute la considération requise à l’élimination de Fidel Castro. Aucun des proches de Fidel, que ce soit son frère Raul ou son compagnon Che Guevara, n’ont le même pouvoir d’attraction sur les masses. Beaucoup de gens informés pensent que la disparition de Fidel accélérerait grandement la chute du gouvernement actuel, » dira Joseph Caldwell King à Allen Dulles le 11 décembre 1959.

En janvier 1960, Castro se rend décidément très désagréable en saisissant 70 000 acres de terres arables détenues par des compagnies sucrières américaines, dont la très puissante United Fruit Co (qui a fait organiser un coup d’État réussi en sa faveur au Guatemala en 1954, et n’en est que plus influente à Washington). Eisenhower intronise l’équipe WH-A4, une nouvelle branche de la CIA chargée de mettre au point un programme secret de renversement du gouvernement Castro. Jacob Esterline, qui a l’expérience du coup d’État au Guatemala, prend la tête de l’équipe WH-4. Les Américains auront recours à leur pot-pourri habituel – testé et approuvé au Guatemala et en Iran – d’opposition locale encouragée par de larges subsides, de propagande de masse et de groupes paramilitaires « en exil » entraînés par les USA, dont l’invasion, le moment venu, aura été préparée par les opposants locaux. La CIA sera responsables de la mise en oeuvre du programme. 21

Le plan, fin prêt et approuvé par Eisenhower deux mois plus tard, en mars 1960, créera des monstres comme les terroristes cubains anticastristes Orlando Bosch 22 (interdit de séjour dans 31 pays) et Luis Posada Carriles. 23 Tous deux seront protégés jusqu’au bout par les USA, notamment par George Herbert Walker Bush et son fils Jeb.

Terrorisme garanti Made in USA

En attendant l’invasion et le coup d’État, l’Amérique mène des actes de terrorisme contre Cuba. Tout au long de janvier 1960, des avions larguent des bombes conventionnelles, du napalm et des bombes au phosphore sur des champs de canne à sucre, des habitations de banlieues et des quartiers de La Havane. Après des jours de harcèlement de Cuba par les USA, le 25 janvier, l’ambassadeur américain à Cuba Philip W. Bonsal déclare, au cours d’une conférence tenue par Eisenhower, « Castro est un individu très complotiste qui tente de faire croire que lui et Cuba sont en état de siège. Il est d’extrême gauche et fortement anti-américain ». Les bombardements continuent. Le mois de février verra la création du « Mouvement de récupération révolutionnaire » (MRR), un simili-parti dont le but, selon le programme de son leader Manuel Artime, « n’est pas seulement de renverser Castro, mais de (…) libérer notre nation traîtreusement vendue au communisme international ». Et toujours, les bombardements. Ici et là, un jour à Punta Alegre, un autre à Trinidad, les bombes incendiaires américaines continuent de brûler des hectares de cannes à sucre et des raffineries.

Le 17 février, la CIA reçoit une information selon laquelle le vice-Premier ministre de l’URSS, Anastas Mikoyan, est à Cuba. « L’URSS », selon le mémo de ce jour, « est passée d’une attitude de prudence à un soutien actif ». De fait, la visite de Mikoyan marque un tournant dans la politique de Castro, qui passe un accord pour vendre son sucre aux Soviétiques contre du pétrole, tout en sachant pertinemment que les compagnies pétrolières américaines installées à Cuba vont refuser de raffiner le pétrole russe et qu’en conséquence, il sera « bien obligé » de les nationaliser. 24

En mars 60, la CIA commence à entraîner 3000 exilés cubains au Guatemala.

La CIA est persuadée du secret absolu de ses actions contre Cuba

Le 4 mars, La Coubre, un navire français chargé d’armes pour Cuba, explose dans le port de La Havane ; 25 le lendemain, Castro accuse les USA. Les actions de sabotage ininterrompues finiront par le pousser à deux déclarations énigmatiques : « Nous sommes aussi en train de nous organiser… D’abord pour qu’ils ne nous agressent pas, et ensuite, s’ils le font, qu’ils paient cher leur impudence et l’audace de se trouver sur le sol de notre pays », et le jour suivant, « s’il y a une invasion, la guerre, ils peuvent en être sûrs, sera à mort ». Le lider maximo semble très bien informé des intentions américaines, et de fait, par bouche-à-oreille, la nouvelle du camp d’entraînement guatémaltèque est remontée jusqu’aux Soviétiques. 26 Même l’agence Tass en connaît les détails. Le 23 avril 1960, le ministre des Affaires étrangères cubain, Raúl Roa, explique qu’il peut « catégoriquement garantir que le territoire du Guatemala est utilisé en ce moment même, avec la complicité de son président Ydígoras et l’assistance de la United Fruit, comme tête de pont pour l’invasion de notre pays ».

Malgré tout, la CIA s’accroche à la doctrine d’Allen Dulles selon laquelle « on peut échapper à la culpabilité en instaurant une chaîne de commandement assez floue pour ne laisser aucune preuve de son passage » (c’est sa célèbre théorie de la « plausible deniability », en français « déni plausible ») et continue de se croire invisible.

L’une des erreurs majeures de Kennedy, quelques mois plus tard, sera d’insister sur cet irréaliste impératif de secret, avec pour conséquence un choix de plage de débarquement « discrète » totalement inadapté. La péninsule de Zapata dans laquelle donne la Baie des cochons, également dénommée « grand marécage des Caraïbes », est quasiment dépeuplée et n’a pas de quai. Ses eaux sont infestées de requins et de récifs coralliens assez coupants pour éventrer des bateaux ; sa plage longe des kilomètres de mangroves et de buissons entrelacés, de broussailles impénétrables, de marais infestés de crocodiles, de dangereux porcs sauvages, de serpents venimeux, de tarentules, de scorpions et d’escadrons de moustiques et de guêpes. De plus, un immense marécage barre l’accès au seul refuge possible, la chaîne de montagne de l’Escambray.

A gauche, la baie des Cochons (Bahia de Cochinos) avec les plages de Playa Larga et de Playa Giron. Au nord, des marécages, ainsi qu’à l’est et à l’ouest. Au sud-est en longeant la côte, en brun, l’Escambray, avec en vert, sur le chemin, le marécage qui en barre l’accès (à moins de rester sur l’étroite bande de sable de la plage). Image Creative commons.

En attendant, mémos et propositions s’enchaînent entre les dissidents cubains (qui s’organisent et se dotent d’un programme politique) et la CIA, avec de nouvelles idées de déstabilisation à un rythme quasi-quotidien. Le 14 mai, le New York Times salue les débuts d’une « nouvelle radio commerciale » à Swan Island, au large du Honduras, qui n’émettra censément rien de plus significatif que « des valses, de la musique latino-américaine et des publicités. » En réalité, c’est une station de radio de propagande anticommuniste. Swan Radio démarre sous la direction de l’agent de la CIA qui avait été en charge de la propagande au Guatemala lors de l’opération de 1954, David Atlee Phillips ; elle émettra de la propagande anti-castriste pendant presque trente ans, mais la la Voz del INRA – la radio de Castro à qui les Soviétiques finiront par donner un émetteur puissant et un bon système de brouillage – rendra les émissions américaines inaudibles.

Le 17, Radio Swan commence ses émissions. Pour plus de sûreté, Phillips y adjoint des programmes anti-castristes sur des radios pro-américaines comme Radio Cuba Independiente, La Voz de Cuba Libre, une station du Massachusetts, et parachève le tout en achetant de l’espace sur diverses autres radios.

Le 23 juillet 1960, le chef de la CIA Allen Dulles rencontre le candidat à la présidence des USA John F. Kennedy et lui expose les détails de l’opération contre Castro. Il en a également informé son opposant, Richard Nixon.

⇒ Suite : Deuxième partie

Corinne Autey-Roussel

Photo de page d’accueil : Cuba a sa propre espèce locale de crocodiles, le crocodile cubain (Crocodylus rhombifer).

Références :

1 Wayne Smith est l’un des très rares officiels américains à avoir démissionné pour des raisons d’éthique. Son désaccord sur la politique étrangère des USA, en particulier sur Cuba, l’a poussé à renoncer à sa carrière de diplomate en 1982. Il a écrit plusieurs livres.
http://www.cubanews.ain.cu/cuba/2206-cuba-pays-homage-to-us-diplomat-wayne-smith

2 Cuba History, chapitre « independence from Spain »
http://www.cuba-junky.com/cuba/history.htm

3 How Guantanamo Bay Became the Place the U.S. Keeps Detainees, article par Scott Packard
http://www.theatlantic.com/national/archive/2013/09/how-guantanamo-bay-became-the-place-the-us-keeps-detainees/279308/

4 Cuba – History
http://www.nationsencyclopedia.com/Americas/Cuba-HISTORY.html

5 A brief overview of the Cuban sugar industry from 1950 to today, par Alison Vicrobeck
http://www.academia.edu/6820674/A_brief_overview_of_the_Cuban_sugar_industry_from_1590_to_today

6 Lansky, Batista et le milieu de la mafia américaine à Cuba de 1934 à 1958, article en espagnol sur les liens entre Batista et le parrain de la mafia Meyer Lansky, par Yonier Bernal Velázquez
http://caribeña.eumed.net/lansky-batista-y-el-bajo-mundo-de-la-mafia-norteamericana-en-cuba-desde-1934-hasta-1958/
Et
Nocturne à La Havane, de T. J. English
https://www.babelio.com/livres/English-Nocturne-a-la-Havane/177937

7 Lucky Luciano. Contrebande, prostitution, trafic de drogue, assassinats, organisation d’un syndicat du crime, meurtres commandités, parrain de New York.
http://spartacus-educational.com/USACluciano.htm

8 Meyer Lansky. Démarre sa « carrière » avec Bugsy Siegel et Lucky Luciano. Contrebande, racket, assassinats, jeux d’argent, trafic de drogue, pornographie, prostitution et extorsion de fonds.
http://spartacus-educational.com/USAClansky.htm

9 Santo Trafficante, parrain de la mafia de Cuba. Opère sous les ordres de Lucky Luciano, en compagnie de Frank Costello et Meyer Lansky.
http://spartacus-educational.com/JFKtrafficante.htm

10 Pre-Castro Cuba.
http://www.pbs.org/wgbh/amex/castro/peopleevents/e_precastro.html

11 What Castro Found, par Ana Simo
http://www.thegully.com/essays/cuba/000305cubastats59.html

12 http://www.worldcat.org/title/rebels-of-the-sierra-maestra-the-story-of-cubas-jungle-fighters/oclc/42048744

13 Cuban rebel is visited in hideout, par Herbert L. Matthews, New York Times, 24 février 1957 http://www.nytimes.com/packages/html/books/matthews/matthews022457.pdf

14 Memorandum of Discussion at the Department of State-Joint Chiefs of Staff Meeting, Pentagon, Washington, May 2,1958,11:30 a.m.[1] Declassified.
http://www.latinamericanstudies.org/cable/cable-5-2-58.htm

15 The Cuban Revolution (1952-1958), collection d’articles sur les différentes phases et acteurs de la révolution castriste.
http://www.latinamericanstudies.org/cuban-revolution.htm

16 1959, Fidel Castro and his American admirers
http://mashable.com/2014/12/17/fidel-castro-admirers/

17 Excerpt from The Cuban Missile Crisis: Considering its Place in Cold War History, page 2.
http://www.umbc.edu/che/tahlessons/pdf/A_Presidential_Decision_-_The_Bay_of_Pigs_RS_01.pdf

18 280. Memorandum From the Assistant Secretary of State for Inter-American Affairs (Rubottom) to the Acting Secretary of State. Declassified.
https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1958-60v06/d280

19 Bay of Pigs chronology, National Security Archive, declassified
http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/bayofpigs/chron.html

20 Document reveal CIA’s Dulles wanted Cuba to ask for Soviet bloc arms in 1959. Declassified.
http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/bayofpigs/press2.html

21 A PROGRAM OF COVERT ACTION AGAINST THE CASTRO REGIME, Washington, March 16, 1960. US State Dpt, declassified.
http://www.latinamericanstudies.org/cable/cable-3-16-60.htm

22 Orlando Bosch, homme de main de la CIA, 30 actes de sabotage aux USA, Puerto Rico, Panama et Cuba. http://www.commondreams.org/scriptfiles/views01/1031-07.htm

23 http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB334/

24 An excerpt from the book: Family Portrait with Fidel, par Carlos Franqui
http://www.historyofcuba.com/history/franqui2.htm

25 La explosión del barco La Coubre, par Jorge Oller Oller
http://www.cubaperiodistas.cu/fotorreportaje/72.html

26 Lessons Not Learned at the Bay of Pigs, par Howard Jones
http://www.constantinereport.com/lessons-not-learned-at-the-bay-of-pigs/

1 réponse

  1. 9 novembre 2017

    […] la Baie des Cochons à laquelle Ray McGovern se réfère à plusieurs reprises, lire sur ce blog USA-Cuba 1961 : la débâcle de la Baie des Cochons et, pour ses indications en creux sur l’évolution personnelle de JFK, Rikki-Tikki-Tavi contre […]

Un commentaire à faire ? C'est ici !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.