USA 2017 : L’année de la cavalcade affolée de la gauche libérale

Russophobie, xénophobie, propagande, médias, Hillary, Trump,

La France a eu sa part de xénophobie anti-russe, de visions hallucinées de « hackers » du Kremlin fantômes et d’espionnite médiatique, mais tout cela est resté très sage par rapport aux USA, que 2017 a vu plonger dans un délire collectif sans précédent. Revue de fin d’année des méfaits de la propagande à hautes doses sur sa population la plus touchée, les anti-Trump de la gauche libérale.


Par C.J. Hopkins
Paru sur Counterpunch et Consent Factory sous le titre The Year of the Headless Liberal Chicken


J‘ai décidé de désigner 2017 année de la cavalcade affolée de la gauche libérale… je ne veux pas être insultant… ou, d’accord, mais alors juste un peu. Mais mon coeur va aux libéraux de gauche, en fait. A cette étape, la quantité de propagande sans fondement et contradictoire, d’hystérie de masse et de folie pure et simple que les classes dirigeantes leur ont demandé d’avaler est plus qu’aucun esprit humain, si bourré de médicaments soit-il, ne peut en supporter. Est-il surprenant que tant d’entre eux aient perdu toute mesure et commencent à voir des nazis et des Russes à chaque coin de rue ? Penchons-nous un instant sur tout ce que le libéral de gauche moyen a dû tenter de concilier cognitivement depuis les événements tragiques de novembre dernier.

D’abord est arrivé le choc insurmontable de la défaite d’Hillary Clinton face à Trump, un bouffon répugnant, baragouinant des mots sans suite, sans la moindre expérience politique, et que les médias dépeignaient comme la réincarnation d’Adolf Hitler. C’était un candidat, rappelons-nous, qui ânonnait des histoires de « beau mur » pour protéger les USA des hordes de « violeurs mexicains » et autre « mauvais hombres » qui envahissaient l’Amérique du Nord, et qui s’était vanté d’attraper des femmes « par la ch… » comme un pré-ado de sixième. Il avait certes servi de parfait faire-valoir à Hillary Clinton et avait apporté à cette occasion des heures de divertissement, au moins dans une sorte de registre de méchant de bandes dessinées, mais la perspective d’une présidence de Donald Trump était inconcevable dans l’esprit des libéraux de gauche. A telle enseigne que, quand elle s’est produite, c’était comme si les Martiens avaient attaqué.

Une hystérie de masse s’est emparée de la nation. Il y a eu beaucoup de pleurs et de grincements de dents. Les gauchistes ont commencé à exhiber des comportements irrationnels, voire dans certains cas franchement inquiétants. Nombre d’entre eux se sont retranchés dans des états dissociés et restaient prostrés des heures avec leurs téléphones, rafraîchissant obsessionnellement la page des résultats des votes populaires, qu’Hillary Clinton avaient gagnés, sur les sites dédiés aux élections. D’autres se sont couverts de guirlandes d’épingles à nourrice [censées symboliser le vote Hillary, Ndt] et erraient dans les rues à la recherche de minorités opprimées pour leur « manifester leur solidarité ». Owen Jones [du Guardian, Ndt] a pris l’avion de Londres pour rejoindre son confrère Steven Thrasher [du Guardian USA, Ndt], qui organisait une force de guérilla pour résister à la « banalisation de Trump » et à la guerre raciale mondiale qu’il s’apprêtait à déclencher, dont « nous n’allions pas tous sortir vivants ».

Au cours des semaines qui ont immédiatement suivi les élections, les médias grand public ont inondé la gauche libérale d’annonces sur la venue d’un « âge d’obscurantisme » et le « triomphe du suprémacisme blanc » sur les vertus de bienveillance du mondialisme. Oui, c’était pour ainsi dire la fin de tout. L’Amérique faisait face à une chute dans « l’orwellisme racialiste », « l’antisémitisme sioniste » et le « puits sans fond du fascisme » lui-même, rien de moins. Les libéraux de gauche, qui avaient à ce moment renoncé aux épingles à nourrice, se sont immédiatement mis à terroriser les enfants avec des visions d’un holocauste imminent, qui serait mené à terme par les monstres racistes et génocidaires qui avaient voté pour Trump.

A ce stade, les médias avaient martelé l’angle ‘Trump-est-Hitler’ depuis des mois et se devaient donc de rester sur la même ligne encore quelque temps. Cela ne faisait que quelques semaines, après tout, que le Wall Street Journal, le New York Times, le Washington Post, le Guardian et de nombreuses autres publications grand public avaient expliqué la façon dont Trump employait des mots-codes spécifiques aux fascistes, comme « élites mondialistes », « banques internationales » et « lobbyistes » pour signaler sa haine virulente des juifs aux millions d’Américains qui, selon ces médias, étaient secrètement des fascistes hitlériens.

Cette propagande initiale post-électorale était, de façon compréhensible, assez maladroite, puisque le plan originel avait été de célébrer la « Victoire de l’Amour sur les forces de la haine » et la débâcle du dernier croquemitaine hitlérien en date. Mais les classes dirigeantes avaient pris un risque en hitlérisant Trump, ce qu’elles n’auraient jamais fait si elles avaient pensé qu’il avait la moindre chance d’être élu. C’est le problème de l’hitlérisation des opposants. Vous devez pouvoir les tuer quand vous n’en avez plus besoin. Si vous ne le faites pas, quand il s’avère qu’ils ne sont pas Hitler, votre rhétorique se casse la figure, et les gens que vous avez poussés dans une frénésie écumante de haine autosatisfaite contre le « nouvel Hitler » finissent par comprendre qu’ils sont des dupes prêtes à avaler toutes les sornettes que le gouvernement leur raconte. C’est pourquoi, normalement, vous hitlérisez uniquement des despotes étrangers que vous pouvez tuer en toute impunité. C’est le b.a.-ba de l’hitlérisation, que les classes dirigeantes avaient ignoré dans ce cas, et les pauvres libéraux de gauche étaient terrifiés à l’idée de voir Trump construire des camps de la mort et commencer à rassembler les Juifs.

Heureusement, au dernier moment, les classes dirigeantes et leur organes des médias ont trouvé l’histoire de la propagande russe. Le Washington Post (dont le contrat de plusieurs millions de dollars avec la CIA n’a bien sûr pas la moindre répercussion sur la qualité et le professionnalisme de son journalisme) a mené la charge avec un travail diffamatoire maccarthyste qui cautionnait les allégations d’un site anonyme et d’un think tank plein de charlatans comme cet « expert de la Russie » qui semble ne pas parler un traître mot de russe et n’avoir aucune référence, diplôme ou titre « d’expert de la Russie », mais qui se présente néanmoins comme tel aussi bien sur les plateaux de télé que devant les Commissions sénatoriales. [Ce personnage, un dénommé Clint Watts, fait partie d’un think tank américain dédié à la politique étrangère, le Foreign Policy Research Institute. « Basé à Philadelphie, le Foreign Policy Research Institute a été décrit par le journaliste Mark Ames comme « l’un des plus déments (et des plus effrayants) think tanks d’extrême droite depuis les premiers jours de la Guerre froide. Il promeut la guerre nucléaire « gagnable », la confrontation maximum avec la Russie, et il attaque l’anticolonialisme parce qu’il serait dangereusement impraticable ».Max Blumenthal, Alternet. Pour couronner le tout, ce think tank a été fondé par des suprémacistes blancs, Ndt]. De nombreux autres articles diffamatoires ont suivi. Les libéraux de gauche ont poussé un grand soupir de soulagement… cette histoire d’Hitler devenait plutôt effrayante. Combien de temps, après tout, peut-on laisser Hitler se balader dans la Maison-Blanche avant que quelqu’un se décide à y aller et à le tuer ?

Quoi qu’il en soit, en janvier, les médias avaient baissé le ton sur les références à Hitler et poussaient au maximum l’histoire du « Russiagate ». Selon le Washington Post (qui est, rappelons-le, un journal sérieux et non un organe de propagande de la communauté du renseignement des USA), non seulement les Russes avaient « hacké » les élections, mais ils avaient hacké le réseau électrique du Vermont ! Les éditorialistes du New York Times déclaraient que Trump avait été « appointé par Poutine » et que les USA étaient dorénavant « en guerre » avec la Russie. C’était également à peu près le moment où les libéraux de gauche ont commencé à avoir les premiers détails du dossier Trump-Russie, qui exposait la façon dont Poutine faisait chanter Trump avec une vidéo que le FSB avait filmée, dans laquelle Trump et des prostituées russes faisaient pipi sur le lit d’un hôtel de Moscou où Obama avait censément dormi.

Cette ineptie avait été rapportée avec la plus grande gravité, de sorte que les gauchistes libéraux avaient été obligés de la prendre au sérieux. Imaginons la dissonance cognitive qu’ils ont subie. C’était comme cette scène de 1984 où le Parti change brusquement d’ennemi, et la guerre avec l’Eurasia devient la guerre avec l’Estasia. Subitement, Trump n’était plus Hitler. Il était désormais un agent dormant russe que Poutine poussait à détruire la démocratie grâce à une vidéo compromettante. Il était à présumer que Poutine faisait chanter Trump depuis la visite de Trump en Russie en 2013, où il avait frayé avec des hommes d’affaires russes « liés à la Russie » et assisté à l’élection de Miss Univers. Au cours de la soirée qui s’était ensuivie, Trump avait dû se charger en Coca Light et se laisser aller avec ces prostituées russes. Depuis, Poutine le tenait par ses poils les plus courts et le forçait à s’entourer, dans son cabinet mandchourien, de PDGs de multinationales et de banquiers de Goldman Sachs, dont il était à présumer qu’ils faisaient également l’objet de pressions à cause de vidéos du FSB où ils payaient des prostituées pour faire pipi sur des meubles d’hôtels de Moscou, ou autres bizarreries sexuelles séditieuses et perverses.

Avant que les pauvres libéraux de gauche n’aient eu le temps de digérer tout cela, les classes dirigeantes ont lancé la « Résistance ». Vous vous souvenez des gens en bonnets roses, n’est-ce pas ? Et de la campagne médiatique omniprésente qui a accompagné la « Marche des femmes » sur Washington ? Vous vous souvenez des gauchistes libéraux comme Michael Moore qui exigeait de la police fédérale qu’elle arrête Trump ? Ou de publications comme le New York Times, Salon, et nombre d’autres, et même du satiriste subventionné par l’Etat Stephen Colbert accusant Trump et tous ses soutiens de trahison… un crime, souvenons-nous, passible de la peine de mort aux USA ? Vous vous souvenez de types comme William Kristol [célèbre faucon de guerre néocon, Ndt] et Rob Reiner [acteur, activiste pro-Clinton, Ndt] demandant que « l’État profond » organise un coup d’État contre Trump pour sauver les États-Unis des infiltrés russes ?

Paradoxalement, cette hystérie du « Russiagate » a tellement bien marché qu’elle a atteint trop tôt son point culminant et s’est prématurément retournée contre ses auteurs. En mars, alors que Trump n’était toujours pas arrêté ou même relevé de ses fonctions, les gauchistes, que les médias avaient réduit à l’état de loques incohérentes, bloquées dans une attente pantelante, étaient… plutôt déçus. En avril, ils manifestaient tous les symptômes de la psychose clinique répertoriés par la médecine. Cet effondrement mental était dû au fait que les experts des médias et les barbouzes du gouvernement leur avaient dit que Trump était Hitler, puis un agent dormant russe, et leur disaient maintenant qu’il n’était pas si mauvais, puisqu’il avait bombardé sans aucune raison une piste d’atterrissage syrienne et largué une méga-bombe à 314 millions de dollars sur des soi-disant « tunnels de terroristes » en Afghanistan.

Comme si les pauvres cervelles des libéraux de gauche n’avaient pas encore été assez bringuebalées à hue et à dia comme ça, les médias grand public sont ensuite revenus, d’abord à leur narration sur la propagande russe (qu’ils ont étendue à une menace mondiale), puis aux histoires sur Hitler, mais cette fois, Trump n’était pas vraiment Hitler, parce que Poutine était Hitler, au du moins tentait de fomenter de l’hitlérisme en Occident avec ses légions de bots hackers fascistes qui « influençaient » des consommateurs naïfs à travers un blitzkrieg de « fake news » clivantes. Ah oui, et désormais Poutine était également responsable du Brexit, ou c’était à cause de Trump et de Robert Mercer [PDG américain pro-Brexit, Ndt], mais ils travaillaient pour Poutine, qui avait également hacké les élections françaises qu’il n’avait pas hackées, ou… aucune importance… ce n’était pas le moment de s’inquiéter de ce qui s’était ou ne s’était pas produit. La paix et la prospérité qu’Obama avait instaurées dans tout l’Occident en bombardant inlassablement le Moyen-Orient et en renflouant ses amis des banques de Wall Street étaient minées par Vladimir Poutine, qui à un moment donné, de l’autocrate sans pitié ancien du KGB qu’il avait été jusque-là, s’était apparemment métamorphosé en suprémaciste blanc mégalomane.

A point nommé, le week-end du 11-12 août à Charlottesville, dans l’ancienne Virginie sudiste, où il n’y avait certes jamais eu d’histoires de racisme auparavant, une « réunion nationale » d’approximativement cinq cent néo-nazis porteurs de torches hawaïennes, de type Ku Klux Klan et autre suprémacistes blancs, dont bon nombre aboyaient des slogans nazis, ont marché jusque dans les pages des livres d’histoire. Jamais auparavant un aussi faible nombre de fascistes n’a fait autant de bruit dans les médias, qui leur ont octroyé une couverture extravagante, déclenchant du même coup une panique nationale anti-nazie. La gauche libérale est descendue dans les rues pour y renverser les monuments confédérés et signaler son intolérance totale envers le racisme qu’elle avait toléré jusque-là. Les gens dénommés Lee, et les chevaux qui portaient le nom du cheval de Lee, ont pris le maquis jusqu’à la fin de la panique. C’était sage, parce qu’à ce moment, les dénommés ‘antifas’ arrivaient en force dans tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une réunion de droite et passaient à tabac les nazis, les électeurs de Trump, et les journalistes, et… carrément tous ceux dont la tête ne leur revenait pas. Ce type de comportement violent totalement préventif, défensif et non-violent a naturellement choqué et horrifié la gauche libérale, qui est fermement opposée à toutes les formes de violence non perpétrées par l’armée des USA, ou la police, ou quelqu’un qui porte au moins un uniforme. Comme ils n’étaient plus très sûrs de ceux qu’il leur fallait condamner, les nazis ou les terroristes antifas, ils se sont tournés vers des médias des classes dirigeantes dans l’espoir d’être guidés. On les a informés qu’il était temps de censurer Internet.

C’était aussi illogique que toutes les autres inepties dont ils avaient été gavés jusque-là, de sorte que les gauchistes libéraux ont décidé de suivre le mouvement, ou du moins de regarder ailleurs pendant que cela se produisait. Facebook, Google, Amazon, Twitter (et toutes les autres corporations qui contrôlent Internet, les médias, Hollywood, l’industrie de l’édition et tous les autres moyens de représenter « la réalité ») ont de toutes façons, sûrement, les intérêts du plus grand nombre à coeur. De plus, ils ne censurent que les nazis, les terroristes et les disséminateurs de « fake news » russes, ainsi que, OK, un grand nombre de publications de gauche et de journalistes primés, et tous ceux qui épousent des idées « clivantes », ou antiaméricaines, ou anticapitalistes, ou « extrémistes ».

D’accord, je sais ce que vous pensez probablement, mais ce n’est pas que les gauchistes libéraux ne s’inquiètent pas pour des valeurs fondamentalement libérales comme la liberté de la presse et d’expression, tout ça. C’est juste qu’ils ont un besoin désespéré de reprendre le Congrès et le Sénat l’année prochaine, pour enfin pouvoir lancer la procédure de destitution de Trump, et s’ils doivent se taire pendant que les corporations bâillonnent quelques dissidents de gauche, ou, vous savez, si elles transforment tout Internet en une gigantesque chambre d’écho asphyxiante de conformisme néolibéral néo-maccarthyste… peu importe. Ces sacrifices en valent la peine.

Cela ne peut pas durer, après tout. Ce niveau d’hystérie de masse ne peut pas être soutenu longtemps. C’est très bien d’avoir la capacité d’attiser une situation jusqu’à transformer les gens en foule écumante, mais il arrive un moment où vous devez y mettre un terme, une fois que vous avez ce que vous vouliez. Les classes dirigeantes néolibérales le savent. Ce qu’elles veulent est en réalité très simple. Leur plan est (a) de faire un exemple de Trump pour décourager tout futur milliardaire qui serait tenté de chambouler leur simulacre de démocratie, et (b) de diaboliser tous ceux qui dévient de l’idéologie néolibérale en les appelant fascistes, racistes, ou antisémites, ou « anormaux », ou « extrémistes ». Leur plan n’est pas d’incinérer la planète dans une guerre contre la Russie. Nous ne sommes pas au bord de la Troisième Guerre mondiale, malgré le nombre de partages Facebook ou Twitter que je récolterais si je l’annonçais. Oui, un jour ou l’autre, ils espèrent bien pouvoir forcer la Russie à revenir à son style de « coopération » des années 90, quand elle était dirigée par un incorrigible ivrogne et que les boys de Goldman Sachs et leurs copains oligarques pillaient toutes les richesses du pays… mais cela n’a qu’un rapport lointain avec notre sujet.

Non, le but des classes dirigeantes des grandes entreprises consiste à rétablir la « normalité » néolibérale, pour que nous puissions revenir à la Guerre contre la Terreur (ou quel que soit le nom qu’ils lui donneront à ce moment), et mettre cette révolte néo-nationaliste contre le néolibéralisme au passé. Pour ce faire, ils doivent installer un nouveau messie de « l’espoir et du changement » de style Obama, ou du moins quelqu’un qui puisse jouer le rôle du président des USA comme une personne normale, et non rester vautré dans le Bureau ovale à avaler des McDonalds et à retweeter des phrases racistes de fascistes britanniques lambda.

Au train où vont les choses, cela pourrait prendre plus de temps que prévu, mais soyons certains qu’ils y arriveront. Aujourd’hui, alors que Mueller a prouvé que Trump s’était entendu avec Vladimir Poutine pour faire de l’obstruction à une enquête de Comey, directeur du FBI, sur les mensonges de Michael Flynn au FBI à propos de sa non-collusion avec l’ambassadeur de Russie au nom d’Israël, sur demande de Jared Kushner, le château de cartes va sûrement s’écrouler. [Effectivement, l’enquête du Congrès menée par Robert Mueller sur une collusion possible de l’équipe Trump avec la Russie a débouché sur une preuve de collusion de l’équipe Trump… avec Israël, Ndt]. Une fois qu’il sera au sol et que la tête de Donald Trump se promènera au bout d’une pique sur la pelouse de la Maison-Blanche en guise d’avertissement aux usurpateurs potentiels, toute cette hystérie sur la Russie et les nazis qui fait courir les pauvres gauchistes dans tous les sens disparaîtra. La Russie redeviendra la Russie. La menace nazie nord-américaine, privée de sa couverture médiatique quotidienne, redeviendra un phénomène groupusculaire. Les libéraux de gauche retourneront à leur indifférence envers la politique (sauf la politique communautariste, naturellement) et à leur obéissance aux élites dirigeantes capitalistes qui détruisent la planète, et les vies de millions de gens, pour augmenter leurs profits. Bien sûr, il y aura une brève gueule de bois émotionnelle une fois que la montée d’adrénaline s’estompera et qu’ils reliront leurs posts sur Facebook et Twitter, ce qui pourra leur donner rétrospectivement l’impression d’avoir répété comme des perroquets, pendant plus d’un an, les pires inepties que la propagande des médias leur jetait en pâture, et de s’être comportés en toutes choses comme des Bonnes Gens… mais, c’est à ça que sert la touche « suppr ».

C.J. Hopkins est un dramaturge primé, un romancier et un satiriste américain basé à Berlin. Ses pièces ont publiées par Bloomsbury Publishing (UK) and Broadway Play Publishing (USA). Son premier roman, Zone 23, est publié par Snoggsworthy, Swaine & Cormorant. Il peut être joint à cjhopkins.com et Consent factory.org

Traduction Entelekheia
Photo Consent Factory : Les féministes en bonnets roses de la « Marche des femmes » pro-Clinton, 21 janvier 2017. Légende de la pancarte : « Poutine a gagné, l’Amérique a perdu ».

Ajouter un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :