Point de rupture ? La Turquie exige des démarches concrètes de la part des USA

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Les multiples volte-faces des Américains à propos de leur soutien aux Kurdes en Syrie n’amusent pas la Turquie. Nous acheminons-nous vers une guerre ? Les derniers développements le laissent craindre.


Résumé d’un article paru sur RT sous le titre Breaking point? Turkey demands ‘concrete steps’ from US while Washington wavers


Les relations entre la Turquie et les USA semblent avoir atteint un stade critique. Ankara demande des éclaircissements de la part des USA, et menace de « briser des liens ». Washington, pour sa part, continue à se cacher derrière des déclarations floues.

Les actions des USA sont la raison de la « perte de confiance » entre les deux alliés de l’OTAN, a dit le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu à des journalistes lundi. Il a ajouté qu’Ankara espère des « démarches concrètes », de la part de Washington, pour restaurer des liens qui ont presque atteint le point de non-retour.

[Via Hurriyet : Il faut dire qu’après l’avoir suggéré, puis nié, les USA ont proposé hier d’allouer une somme de 300 millions de dollars pour équiper et entraîner les Forces démocratiques syriennes, plus 250 autres millions pour constituer une « force de sécurité frontalière », qui serait donc majoritairement composée de Kurdes. C’est précisément cette suggestion qui avait déclenché l’opération Rameau d’olivier à Afrine. Les Américains l’avaient rangée au placard, mais viennent de la remettre sur la table, NdT]

« Les liens de la Turquie avec les USA en sont à un point critique », a dit le ministre. Les deux côté doivent soit régler ce problème, soit rompre complètement », a-t-il ajouté. Ankara a été provoquée par les signaux confus des USA à propos de son soutien aux milices kurdes en Syrie dans le contexte de la campagne militaire turque contre les forces kurdes en question à Afrine.

Les USA ont tenté de prouver à Ankara qu’ils prennent les intérêts de la Turquie au sérieux. A la fin 2017, le président Trump avait promis de mettre un terme aux apports d’armes aux Kurdes. En janvier 2018, Washington a répété cette promesse, quand le Conseiller pour la sécurité nationale H.R. McMaster a annoncé au porte-parole présidentiel turc Ibrahim Kalin que les USA n’armeraient plus les Kurdes de l’YPG ou ceux du PYD.

Dans le même temps, Washington a également éclairci que les troupes américaines ne partiraient pas de Manbij, une autre ville du nord de la Syrie contrôlée par des milices kurdes. Ankara a parlé d’étendre ses opérations dans cette zone. Les USA ne semblent pas prêts non plus à abandonner leur soutien concret aux « éléments kurdes des FDS », un groupe syrien d’opposition armée.

Dimanche, le Secrétaire à la Défense US James Mattis a admis que « quelques-uns des membres des FDS » ont été « déviés » de la guerre contre l’État islamique vers la zone d’Afrine par ce qu’il a appelé « une distraction », en référence, apparemment, à l’opération turque. Il a ajouté que quelque chose comme 50% des combattants des FDS sont des Kurdes, qui « voient leurs compagnons kurdes se faire attaquer ». Le chef du Pentagone n’a pas indiqué que les USA faisaient quoi que ce soit pour empêcher leurs alliés sur le terrain d’aider ceux qu’Ankara considère comme des terroristes.

Les officiels turcs sont allés jusqu’à accuser les USA de délibérément épargner des terroristes pour justifier l’extension de leur collaboration avec les forces kurdes en Syrie. « Les USA ne touchent pas aux membre de Daech en Syrie pour avoir une excuse pour continuer à travailler avec l’YPG », a dit Cavusoglu.

L’opération militaire turque dans la zone kurde d’Afrine est entrée dans sa quatrième semaine. Ankara a répété qu’elle prévoit de l’étendre, probablement à Manbij et Idlib.

[Toujours selon Hurriyet, Ankara a encore durci le ton aujourd’hui, avec une déclaration d’Erdogan au Parlement selon laquelle « Bien que le montant de l’aide des USA à la milice kurde ait été estimé à 550 millions de dollars, les renseignements obtenus par Ankara indiquent que ce soutien financier pourrait en réalité s’élever à une prévision de 2 milliards de dollars ». Le président turc avait auparavant dit, « Nous détruirons les terroristes que nous avons vus, à commencer par ceux qui se tiennent à leurs côtés. Puis ils comprendront qu’il vaut mieux ne pas se tenir aux côtés de terroristes, » et aussi « Ils ont confondu la Turquie avec le genre d’endroit où ils entrent et sortent comme dans un moulin sans rendre de comptes à qui que ce soit. Ils vont vite comprendre que ce n’est pas le cas. »

De sorte que si personne ne recule, nous nous acheminons clairement vers une guerre. NdT]

Traduction Entelekheia

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