Le « Novichok » et les barbouzes du KGB

Skripal, Novichok, KGB, Armes chimiques, Union Soviétique, URSS,

L’écrivain russe Andrey Lazarchuk a posté des informations très intéressantes sur les réseaux sociaux. Nous ne savons pas ce qu’il y a de vrai dans ce qui suit, mais les détails s’en accordent en grande partie avec ce qui a été dit par la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe Maria Zakharova dans une interview récente, et viennent mêmes en éclairer des points restés obscurs, par exemple sur l’origine du nom trop hollywoodien pour être vrai « Novichok ». Selon Zakharova, aucun programme de développement d’armes chimiques russe ou soviétique n’a jamais porté ce nom de mauvais film d’espionnage. Le mot « Novichok » n’a émergé qu’après le démantèlement de l’URSS, alors que nombre de ses scientifiques, dont ceux qui auraient travaillé sur des composés dangereux, avaient émigré en Occident, où ils ont poursuivi leurs recherches dans les laboratoires de leurs pays d’accueil.

Voici ce qu’ajoute Lazarchuk sur sa page Facebook (et, comme dit le proverbe, ‘si non è vero, è ben trovato’) :

Ne me demandez pas de nommer ma source pour cette information, je ne le dirai pas. Tout ce qui est écrit ci-après diffère beaucoup de ce que vous pouvez trouver sur le web.

1. Dés le début des années 1980, l’armée soviétique a cessé de traiter les armes chimiques comme des armes utilisables dans de réelles conditions de combat : vers 1983-1984, elle a cessé de fournir des stocks d’armes chimiques à ses troupes, en a réduit les réserves opérationnelles, et a retiré les armes chimiques de ses bases militaires pour les transférer dans des hangars de stockage à long terme et dans des sites de décharge pour les détruire. Entre cette époque et 1996, ni nouvelles armes chimiques, ni nouvelles instructions pour l’utilisation et la protection n’ont été fournies à l’armée.

2. Mirzoyanov, un diplômé en chimie et en analyse de données, n’a jamais travaillé sur le développement théorique ou la synthèse concrète d’armes chimiques [En effet, contrairement à sa présentation par les médias occidentaux comme « chimiste ayant participé au développement du novichok », Mirzoyanov n’a pas travaillé directement sur les armes chimiques soviétiques. C’est confirmé par le témoignage de Vladimir Uglev, un autre scientifique russe employé par le même programme soviétique des années 70, qui, souligne-t-il d’ailleurs, ne portait effectivement pas le nom « novichok », NdT]. Tout au long des années 80, Mirzoyanov travaillait dans l’administration (Premier département).

3. Dans la deuxième moitié des années 1980, le KGB a mené une vaste opération de désinformation qui avait pour but secondaire d’identifier les canaux de fuites d’informations. Vingt faux projets très détaillés ont été développés sur « une nouvelle super-arme indétectable par l’OTAN et capable de déjouer toutes les protections existantes » (le groupe d’agents NOVA, le groupe d’agents « Novichok », ASD et d’autres). Le faux programme Novichok est passé entre les mains de Mirzoyanov.

4. A la fin des années 70, le laboratoire-unité de production de Kantoubek (Ouzbékistan), qui créait et testait des armes chimiques et bactériologiques a été reconfiguré pour la production et les tests d’herbicides et de défoliants – principalement pour les besoins de l’industrie du coton. [Il est à supposer que les stocks d’armes chimiques de Kantoubek ont été transférés à Noukous, où les USA les ont étudiés et détruits après la chute de l’URSS, NdT].

5. Mirzoyanov a été immédiatement identifié comme la source des fuites. En 1990, tout vrai travail lui a été retiré, mais il a été laissé à son poste pour y servir de canal de désinformation. En 1992, il s’est involontairement découvert en publiant un article désormais célèbre [dans Moscow News] et le novichok a commencé à attirer l’attention des médias. A partir de 1995, le New York Times a publié des articles sur la «nouvelle super-arme russe ». [Et en 1996, le Département de la Défense US l’a mentionné dans un rapport, NdT]

6. L’OTAN a dépensé plus de 10 milliards de dollars en recherches contre cette arme fictionnelle.

7. Ce qui s’est réellement passé à Salisbury reste obscur ; le comportement des victimes, et les actions de la police, des médecins et des services spéciaux ne correspondent pas aux affirmations du gouvernement et des médias. Il serait plus plausible d’envisager un empoisonnement par une toxine neurotoxique similaire, par exemple, à la toxine du poisson fugu.

En résumé : « Novichok » n’est pas le nom d’une arme chimique, mais le nom de code d’un faux produit inscrit dans une opération du KGB destinée à identifier une taupe (un canal de fuites d’informations) et à désinformer.

Andrey Lazarchuk

Le novichok, un produit fictionnel inventé par des barbouzes ? Voilà qui expliquerait pourquoi, comme l’écrivait Craig Murray dans son premier article sur le sujet, «L’histoire du novichok est une autre escroquerie du calibre des ADM de l’Irak », L’organisme international de surveillance des armes chimiques, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) refusait jusqu’à ces derniers temps de l’intégrer dans sa base de données, et aussi pourquoi, en 2016, le centre d’études des armes chimiques de Porton Down avait publié un rapport selon lequel il n’était même pas sûr de son existence.

Une dernière question se pose toutefois  : quid de l’Iran qui, en 2016, aurait réussi à synthétiser des « novichoks » sous l’égide de l’OIAC, dont ils auraient ensuite, donc récemment, rejoint la liste de produits interdits ?

Suite au prochain épisode…

Traduction et notes Entelekheia

Sur le même sujet, voir aussi les articles :

L’histoire du novichok est une autre escroquerie du calibre des ADM de l’Irak

D’un type développé par des menteurs

Boris Johnson raconte une nouvelle histoire sur les « Novichoks russes »

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :