‘Présumé coupable’ : le nouveau mantra occidental détruit des vies et les relations internationales

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Par Robert Bridge
Paru sur RT sous le titre The West’s ‘guilty until proven innocent’ mantra is wrecking lives & international relations


La société occidentale flirte avec une tendance inquiétante où des gens se voient refuser l’ancienne et sage ‘présomption d’innocence’. La même méthode anti-démocratique est même dirigée contre des nations dans ce qui est en passe de devenir un jeu dangereux.

Imaginez le scénario suivant : vous êtes joueur de football dans votre collège local, et d’autres équipes de collèges espèrent vous recruter. Vous avez même des perspectives futures d’arriver dans une équipe professionnelle. Puis, brusquement, votre vie prend un mauvais tournant. La police toque à votre porte avec un mandat d’arrêt. Les charges : kidnapping et viol. Votre seule défense est votre parole contre celle de l’accusatrice. Après six ans passés derrière les barreaux, la cour statue sur une fausse accusation.

C’est l’incroyable histoire de Brian Banks, 26 ans, qui a été relaxé en 2012 après que son accusatrice, Wanetta Gibson, ait admis qu’elle avait porté de fausses accusations contre le jeune homme.

Nombre d’autres personnes innocentes, toutefois, qui ont été injustement accusées en Occident de crimes qu’elles n’avaient pas commis, n’ont pas eu le même chance que Brian Banks. Cette semaine, par exemple, Ross Bullock a été libéré de son « enfer » privé – mais non pas par une accusatrice hantée par la mauvaise conscience, mais en se suicidant. [Ross Bullock avait été accusé de viol par une femme avec qui il avait eu des rapports sexuels. Des textos amicaux échangés avec la « victime » après l’épisode prouvant la consensualité de la relation, la police n’avait pas poursuivi l’enquête, mais avait prévenu Bullock qu’il pouvait être mis en examen ultérieurement, NdT].

« Après une ‘année de tourments’… Bullock s’est pendu dans la garage de sa maison familiale, laissant une note dans laquelle il disait avoir « touché le fond » et qu’avec sa mort, il serait « libéré de l’enfer », a rapporté le Daily Mail.

On pourrait être tenté d’expliquer ce genre de cas comme des anomalies isolées dans un système légal généralement fonctionnel et juste. Après tout, des erreurs se produisent toujours, quels que soient les garde-fous. En même temps, toutefois, les humains sont irrésistiblement tentés de croire les gens qui affirment avoir été victimisés – même quand les indices suggèrent le contraire. Peut-être est-ce dû aux éléments émotionnels qui travaillent à renforcer la version de la victime. [L’empathie voulant que la détresse des autres soit anxiogène, la tendance humaine normale sera de tenter de soulager les victimes, donc de les croire – et c’est généralement la bonne attitude, NdT]. Ou peut-être est-ce dû à notre croyance que personne n’irait intentionnellement accuser injustement un autre être humain. Mais qui peut dire ce qui se passe dans la tête des autres ? De plus, il est indéniable qu’à chaque fois que nous tentons de pourchasser et de punir d’autres gens, tribus, sexes, religions, etc, pour des crimes allégués, nous avons une réelle tendance, parmi les Occidentaux, à nous laisser entraîner par un zèle moraliste qui peut verser dans le fanatisme.

Un bon cas d’école en a été le scandale qui a marqué l’industrie du divertissement l’année dernière, quand le magnat du cinéma Harvey Weinstein a été accusé d’avoir violé de nombreuses femmes depuis trente ans. En conclusion, plus de 80 femmes, enhardies par le courage des premières accusatrices, ont éjecté Weinstein de Hollywood et l’ont envoyé dans le sale catalogue des prédateurs sexuels. Personne ne peut nier que cela ait été une bonne chose.

Puis, quelque chose d’étrange a commencé à se produire. On l’a appelé « l’effet Weinstein ». Encouragées par le mouvement #MeToo sur les réseaux sociaux, des femmes de tous horizons ont commencé à accuser publiquement les hommes de toutes sortes de violations sexuelles, parfois datant de dizaines d’années. Certes, nombre de ces affirmations étaient de toute évidence justifiées. Toutefois, dans ne nombreux cas, elles ne l’étaient pas. Pourtant, les médias grand public, qui avaient tiré un plaisir évident des nombreux détails qu’ils produisaient sur chaque nouvelle accusation, n’ont montré que peu d’intérêt envers les histoires des hommes qui s’étaient retrouvés confrontés à des divorces, à des réputations en lambeaux et à la perte de leur emploi sans même le recours d’un procès équitable devant une cour de justice.

En ce qui concerne les médias, et ils n’ont franchement pas l’air très concernés, l’histoire de la victime est la seule qui compte. De fait, c’était presque comme si la victime était devenue à la fois juge, jury et exécuteur. Cela, en réalité, est très proche de l’esprit du lynchage, et malheur à qui se pose des question sur les motivations du mouvement, comme l’a découvert l’actrice française Catherine Deneuve. [Nous avons nous-même trouvé la « défense » des hommes entreprise par Catherine Deneuve totalement déplacée. Désolée, mais mieux vaut ne pas avoir d’avocat du tout qu’une défense comme celle-là, NdT]

« Bien que la volonté des femmes de demander des comptes aux hommes pour des comportements sexuels criminels doive être applaudie, l’approche de type terre brûlée que nous voyons aujourd’hui est destructrice parce qu’elle sape la confiance, » a écrit McAllister dans The Federalist. « Quand tout et n’importe quoi, d’un léger contact lors d’une séance de photos jusqu’à une tentative maladroite de baiser est considéré comme équivalent à un viol ou à un abus sexuel, nous ne sommes pas en train de guérir la société de ses maux, mais d’infecter les relations avec le poison de la méfiance. » [La preuve qu’on pouvait faire nettement mieux que Deneuve, NdT].

En d’autres termes, cette campagne pourtant bien intentionnée contre les inconvenances sexuelles n’a accompli sa mission ni pour les femmes, ni pour les hommes. Toutefois, ce n’est pas la première fois que l’Occident a permis aux émotions de faire dérailler le train du progrès social. Les livres d’histoire sont pleins d’exemples de campagnes occidentales issues d’accès d’hystérie de masse. Mais au moins, à ces époques, un semblant de justice existait encore quand même, avec des enquêtes et des procès. Comparons cela à notre époque « moderne », quand tout ce que les USA ont eu à faire pour remporter l’adhésion du public à une guerre illégale contre l’Irak a été de faire brandir une fiole de faux anthrax par Colin Powell devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Avec ces hoquets historiques en tête, il est possible d’arguer que l’Occident a vraiment oublié les leçons de son histoire parce qu’il est en train de les répéter.

En manière d’exemple, prenons la localisation de la vaste majorité des troupes américaine aujourd’hui – dans et autour du Moyen-Orient – et demandons-nous comment ils sont arrivés là. La réponse est, par tous les moyens possibles et imaginables, dont de nombreuses manipulations de l’opinion publique et de la fourberie à hautes doses. C’est parce que, dans notre insatiable zèle à défendre les victimes – les gentils, nous dit-on – nous nous permettons d’ignorer des faits fondamentaux et de placer une foi aveugle dans ce qu’on nous présente comme la vérité. Ce qui n’était pas le cas.

Des accusations selon lesquelles l’Irak abritait des ADM à lancer contre des gens innocents, jusqu’aux affirmations actuelles selon lesquelles le gouvernement syrien de Bachar el-Assad utilise des armes chimiques contre son propre peuple, l’Occident parie sur des affirmations fondées sur zéro preuves dans l’espoir qu’elles seront de toutes façons utiles. Jusqu’ici, le stratagème marche auprès d’un public encore naïf, mais tôt ou tard, la vérité finira par se faire jour, comme toujours.

Ce mois-ci, par exemple, une tentative d’assassinat a été perpétrée contre Sergueï Skripal – un ex-agent double qui avait déménagé à Salisbury, en Angleterre, à la suite d’une échange d’espions en 2010. Vous savez aujourd’hui qui les autorités britanniques ont désigné coupables – sans procès, preuves ou mobile – la Russie. Pourtant, même la presse britannique, pourtant loyale, a commencé à émettre des doutes sur cette affirmation pour le moins douteuse.

Cela ne doit surprendre personne, puisque le Royaume-Uni, un membre de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), a refusé de fournir des échantillons de l’agent neurotoxique allégué à la Russie pour analyse, comme l’exige le traité signé par tous les pays-membres. Pourquoi avoir refusé de respecter les termes du traité ? Est-ce que quelqu’un serait supris de voir cette enquête prendre le même chemin que celle des athlètes russes injustement écartés des Jeux olympiques d’hiver cette année ?

Ou peut-être le même chemin que celle d’après les élections de 2016 aux USA, quand la Russie a été accusée d’ingérence pour le compte de Donald Trump ? – zéro preuves pour étayer des accusations qui ont envoyé les relations entre les USA et la Russie en chute libre.

En conclusion, le spectacle désolant de l’affranchissement du droit de la part des capitales occidentales – des cas intérieurs jusqu’à la politique internationale – éclaire les raisons pour lesquelles elles sont si soucieuses de reconquérir le terrain de l’information – elles n’ont aucun fondement légitime à même de justifier leurs comportements de plus en plus illégaux. Elles se doivent donc de contrôler l’intégralité de l’information, ainsi que le système judiciaire. Combien de temps cette caricature de démocratie peut-elle encore durer ?

Traduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Photo Pixabay

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