Russophobie : le gouvernement britannique est la vraie menace pour la sécurité du Royaume-Uni

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Par Neil Clark
Paru sur Sputnik News sous le titre The UK Government – and Not Russia – is the Real Threat to UK Security


Et allez, nous y revoilà. Dans le dernier rapport du gouvernement britannique de 52 pages sur les « capacités de défense nationale », devinez qui est en tête de liste des menaces auxquelles la Grande-Bretagne doit faire front ? Oui, les méchants russes !

‘La résurgence de menaces venues d’États, intensifiant la concurrence générale entre États et l’érosion de l’ordre international fondé sur le droit, rend plus difficile la construction de consensus et le travail contre les menaces globales’, dit le rapport. ‘L’érosion de l’ordre international fondé sur le droit’ ? Pardon ? Est-ce que cela ne s’est pas produit quand le Royaume-Uni et ses alliés de l’OTAN ont bombardé la Yougoslavie – sans approbation de l’ONU en 1999 – et quand le Royaume-Uni et ses alliés ont envahi l’Irak – encore une fois sans autorisation du Conseil de sécurité des Nations-Unies – en 2003 ? [Et aussi en Libye où l’OTAN a illégalement outrepassé les termes de son mandat, NdT].

Selon le rapport, ces événements ne se sont pas produits. A la place, ‘l’agression de l’État russe’ est ce qui doit nous inquiéter tous. La longue litanie des crimes russes allégués comprennent ‘le soutien au régime Assad’ et ‘l’annexion illégale de la Crimée’. Que le soi-disant ‘régime Assad’ ait requis l’assistance de la Russie pour combattre des djihadistes liés à Daech/Al-Qaïda, dont les co-idéologues ont semé la terreur dans les rues britanniques importe peu.

Notez que les citoyens majoritairement russes de la Crimée ont massivement voté en faveur d’un retour dans le giron russe par référendum démocratique, à la suite d’une opération de changement de régime menée en Ukraine par des nationalistes russophobes virulents et des néo-nazis, et soutenue par l’Occident. Mais ne permettons pas à quelques faits dérangeants de venir ternir notre version des faits, n’est-ce pas ?

Bien que le gouvernement britannique n’ait apporté aucune preuve d’une quelconque responsabilité de la Russie dans l’affaire de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Youlia à Salisbury, ou même de l’emploi de l’agent innervant dit Novichok, le rapport déclare hardiment : L’utilisation hasardeuse et irresponsable d’un agent innervant de qualité militaire sur le sol britannique était un usage de force illégal par l’État russe.

Mais la vérité est que la version officielle du gouvernement sur Salisbury a plus de trous qu’un gruyère.

(J’ai finalement trouvé cet après-midi quelqu’un qui croit la version officielle du gouvernement britannique sur l’affaire #Skripal)

Et c’était avant qu’on nous dise, la semaine dernière, que l’agent innervant si « affreusement mortel » avait probablement été placé sur la porte d’entrée de Skripal – la porte que des officiers de police avaient touchée pendant des jours, au fil de leurs entrées et sorties de la maison. [Update N°2 : les scientifiques de Porton Down avouent être incapables de déterminer l’origine de l’agent innervant dit « Novichok », NdT].

(La police est entrée et sortie de chez Skripal pendant trois semaines, avant qu’ils trouvent « l’agent innervant » — à la porte. C’est vraiment très intéressant. Des questions ?)

Tout comme en 2003 avec les affirmations du gouvernement britannique sur les ADM de l’Irak, une théorie du complot est présentée comme un fait établi à 100%.

Tout est sens dessus-dessous. Nous sommes dans le monde ‘de l’autre côté du miroir’ de Lewis Carroll – et Theresa May et compagnie nous demandent de croire six choses impossibles avant le petit-déjeuner.
Loin de poser une menace envers la sécurité britannique, les actions de la Russie au Moyen-Orient aident à assurer la sécurité des citoyens britanniques. C’est le gouvernement du Royaume-Uni qui a mis nos vies en danger – et non le ‘méchant Poutine’.

La politique étrangère néocon du Royaume-Uni – qui a été menée par des gouvernements travaillistes et conservateurs au cours des derniers 20 ans, a inclus le ciblage d’États laïques indépendants pour des changements de régime violents. Aucun de ces États ne menaçait la Grande-Bretagne ou le public britannique. Au contraire, ils étaient tous opposés aux groupes extrémistes terroristes qui eux, représentent une vraie menace. En travaillant à déstabiliser des pays comme l’Irak, la Libye et la Syrie, la gouvernement du Royaume-Uni [et de la France, NdT] a grandement stimulé la cause du terrorisme mondial.

Saddam était peut-être un dictateur, mais il n’allait en aucune façon attaquer la Grande-Bretagne. En renversant l’homme fort irakien, et en démantelant l’appareil de l’État tout entier, la Grande-Bretagne a facilité la montée du groupe État islamique [Daech] – une entité dont les adhérents ont mené des attaques terroristes contre des citoyens britanniques.

En Libye, la Grande-Bretagne et l’OTAN ont agi comme la force aérienne de soutien à des groupes djihadistes radicaux dans le cadre de leur stratégie pour renverser Mouammar Kadhafi. Des membres du dénommé Groupe islamique combattant en Libye étaient libres de voyager à leur guise entre la Grande-Bretagne et la Libye. ‘Les indices suggèrent que le Groupe islamique combattant en Libye était vu par le Royaume-Uni comme une milice supplétive qui combattait pour les objectifs de sa politique étrangère,’ écrit l’historien Mark Curtis. ‘David Cameron, alors Premier ministre, et Theresa May, qui était ministre de l’intérieur en 2011, quand des radicaux libyens ont été encouragés à aller se battre contre Kadhafi, doivent clairement tous deux répondre à de sérieuses questions.’

Pour les citoyens du Royaume-Uni, le premier retour de bâton de la politique du gouvernement britannique en Libye est arrivé en 2015, quand des touristes britanniques ont été tués au cours d’attaques terroristes dans la Tunisie voisine. L’un d’eux a été tué dans une attaque contre le Musée national du Bardo en mars 2015 ; trois mois plus tard, 30 touristes britanniques ont perdu la vie dans la station balnéaire de Port El Kantaoui. Parmi les victimes figurait Denis Thwaites, un ancien footballeur professionnel de l’équipe de Birmingham. La Tunisie avait été un endroit sûr pour les touristes britanniques – avant que Cameron et compagnie se mettent à « changer le régime » de la Libye et la transforme en terrain de jeu pour djihadistes. Il a été rapporté que le terroriste de Port El Kantaoui, Seifeddine Rezgui, avait été entraîné dans un camp de Daech de la Libye ‘libérée’.

Puis, en mai 2017, 22 personnes ont été tuées par une explosion à la sortie d’un concert de pop à Manchester par Salman Abedi. Le tueur radicalisé était revenu de la Libye ‘libérée’ juste une semaine auparavant. Il y avait combattu, semble-t-il, avec son père au sein du Groupe islamique combattant en Libye contre Kadhafi – (et du même côté que l’OTAN), six ans plus tôt.

Rappelez-moi qui est la pire menace pour la sécurité du Royaume-Uni – le gouvernement britannique – ou la Russie ?

Après avoir coché la Libye de leur liste de ‘tâches à accomplir’, les néocons du gouvernement du Royaume-Uni ont tourné leur attention vers la Syrie. Encore une fois, c’était un pays dont le gouvernement laïque ne représentait aucune menace envers le Royaume-Uni. Le président Bachar el-Assad, qui a appris la médecine ophtalmologique à Londres et dont l’épouse Asma est née en Angleterre et a été élevée à Acton, aurait pu être un allié, si le Royaume-Uni avait réellement voulu combattre le terrorisme islamique. Mais au lieu de cela, le Royaume-Uni a soutenu des islamistes fondamentalistes, appelés par euphémisme ‘rebelles’, pour tenter de renverser le gouvernement Assad.

En juin 2015, Seumas Milne (du Guardian) a rapporté la façon dont un procès londonien d’un homme accusé de terrorisme en Syrie s’était écroulé – quand une information avait émergé selon laquelle les services secrets britanniques avaient soutenu le groupe ‘rebelle’ même que l’accusé était accusé de soutenir.

‘Clairement, l’absurdité d’envoyer quelqu’un en prison pour avoir fait la même chose que des ministres et leurs officiels de sécurité est devenue intenable’, a noté Milne. Mais ce n’était pas un cas isolé.

Le gouvernement parle aujourd’hui d’une nouvelle ‘Doctrine de fusion’ pour ‘renforcer notre approche collective à la sécurité nationale’. Mais il y a une meilleure stratégie. Changeons notre politique étrangère. Arrêtons les guerres de changements de régime et les campagnes de déstabilisation de pays qui ne nous veulent aucun mal. Arrêtons de soutenir des ‘rebelles’ djihadistes à l’étranger dans la poursuite d’objectifs néocons. Commençons à respecter le droit international. Et cessons de reprocher à la Russie des problèmes que nous avons entièrement créés.

Traduction Entelekheia
Image Pixabay

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