Censuré : Un site d’actualités vénézuéliennes renommé est la dernière victime de Facebook

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Publié sur Venezuela Analysis sous le titre Acclaimed Venezuelan News Site Latest Victim in Facebook Censorship Spree


Facebook a supprimé la page d’encore un autre média. Cette fois, il ne s’agit pas d’un réseau d’extrême droite comme Infowars, mais de la seule plateforme médiatique indépendante de la base de gauche britannique sur le Venezuela, comme l’organe de presse Venezuela Analysis l’a noté sur Twitter.

Les administrateurs du site d’information ont été informés par Facebook, jeudi, que leur page avait été « dépubliée » en raison d’une « activité récente » qui « n’est pas conforme aux règles des pages Facebook ». Lorsqu’une page Facebook n’est pas publiée, elle n’est plus consultable par le public, seulement par les administrateurs. Venezuela Analysis aura la possibilité de faire appel de la décision.

On ne sait pas exactement quelle activité spécifique a motivé la décision de FB.

Le site a réagi en disant : c’est une « tentative évidente de bloquer notre couverture locale de la situation sur le terrain au Venezuela. Avez-vous besoin de plus de preuves que [Facebook] est le bras armé des [médias grand public] pour censurer les voix alternatives ? »

(Absolument absurde. Cela fait partie de la censure venue de la gauche influencée par le « Russiagate », et sur laquelle les libéraux de gauche et les médias maintiennent une omerta.)

Le site a également indiqué que sa page a été dépubliée après qu’il ait posté un « article brillant qui démolissait la couverture lamentable des [médias grand public] sur la tentative d’assassinat contre le [président vénézuélien Nicolas Maduro] », samedi.

L’organe d’information financé par ses lecteurs est une exception dans le paysage médiatique anglophone en raison de sa position pro-bolivarienne qui offre un contraste frappant avec l’essentiel de la couverture du Venezuela aux États-Unis, qui soutient généralement l’opposition vénézuélienne en relayant servilement ses déclarations et en couvrant abondamment ses manifestations souvent violentes, tout en clouant le gouvernement élu au pilori.

(Facebook est aujourd’hui le donateur principal du think tank washingtonien Atlantic Council [également partenaire de EU Disinfo Lab, « l’ONG » à la base de la liste des « dissidents » français/agents Russes/russophiles/bots russes/russosphère de Twitter désormais célèbre, NdT]. Son laboratoire de recherche numérique est dirigé par un ancien conseiller à la sécurité d’Obama. Le labo a dit à Facebook quelles pages sont « fake ». La semaine dernière, ils ont fermé des pages de gens qui organisaient les marches anti-nazies du 12 août à Washington DC.)

Venezuela Analysis a reçu le soutien enthousiaste de nombre de personnalités d’influence. Le jounaliste et réalisateur de documentaires John Pilger a écrit : « Jamais un pays, son peuple, sa politique, son dirigeant, ses mythes et ses vérités n’ont fait l’objet d’autant de mensonges et de contre-vérités que le Venezuela au cours de la dernière décennie. Non seulement [Venezuela Analysis] a fait beaucoup pour corriger cela par son respect scrupuleux des faits, qu’ils soient patents ou dissimulés, mais il offre une occasion unique de se livrer à une véritable analyse de l’un des mouvements populaires les plus imaginatifs du monde ».

Le réalisateur Oliver Stone a déclaré : « Contrairement à la plupart des reportages des médias grand public sur les gouvernements d’Amérique latine, Venezuela Analysis fournit une contre-expertise qui ferait cruellement défaut sinon, en offrant une vision progressiste des développements au Venezuela, qui va au fond des choses et prend également en compte le point de vue des pauvres qui forment la majorité du pays. »

(Dans le sillage de sa collaboration avec l’Atlantic Council pour supprimer des pages anti-fascistes, Facebook supprime l’excellent @venanalysis, un organe d’infos indépendant qui contre la version officielle impérialiste sur le Venezuela, quelques jours après la tentative d’assassinat de Maduro)

Le linguiste et philosophe Noam Chomsky a écrit que le site « a régulièrement fourni une description, une analyse et des commentaires très utiles sur les développements au Venezuela, comme on en trouve rarement aux Etats-Unis ou en Occident en général, et indispensables à une compréhension équilibrée ».

Tout le monde n’apprécie pas autant la couverture de Venezuela Analysis, cependant. Dans une dépêche des États-Unis révélée par WikiLeaks, le site figure sur une liste de sites Web dont se servirait soi-disant le gouvernement vénézuélien pour utiliser « libéralement le cyberespace dans sa guerre contre l’oligarchie, le néolibéralisme, le gouvernement des États-Unis et le projet de zone de libre-échange des Amériques. »

La censure par FB de la page de « Venezuela Analysis » fait suite à la censure coordonnée de YouTube, Facebook et Apple du site Infowars, un média d’extrême droite. Toutes les dérives sont à craindre si des entreprises de technologie se mettent à décider toutes seules de ce qu’il est permis de dire.

(D’abord ils sont venus chercher Alex Jones & Infowars — mais comme je n’étais pas un complotiste raciste qui disait que les enfant assassinés de Newtown étaient un canular et avait admis devant un tribunal que j’étais juste un saltimbanque qui raconte n’importe quoi, je n’ai rien dit.)

Cette censure fait également suite à la suppression de quelque 32 pages par Facebook, dont une manifestation organisée par des militants de gauche de Washington contre un rassemblement d’extrême droite organisé en commémoration du rally meurtrier de Unite the Right à Charlottesville, Virginie en 2017, qui était truffé de slogans et de symboles néonazis. L’un des six organisateurs de la manifestation anti-nazie de Washington a été accusé d’avoir eu une activité compatible avec des trolls présumés du Kremlin.

Facebook a intensifié sa recherche d’opinions alternatives depuis le rapport du directeur du renseignement national de janvier 2017 sur « les activités et les intentions de la Russie dans les récentes élections américaines » dont la moitié des pages était consacrées à détailler des allégations douteuses contre RT et Sputnik, et qui disait notamment que ces médias cherchaient à fomenter une « agitation radicale » au profit du Kremlin.

(1. Les médias des USA font de la Russie le bouc émissaire de la société qu’ils ont créée.
2. Le Congrès en appelle à vos réseaux sociaux préférés.
3. Les médias expérimentés pensent qu’on ne peut pas légiférer sur un algorithme.
4. Twitter bannit la promotion de RT.
5. Google dé-liste RT dans son moteur de recherches.
6. Facebook est déjà un bon Américain;) )

Entretemps, Twitter a interdit à RT et à Sputnik de faire de la publicité sur sa plate-forme, et Google a « dé-listé » les deux médias de sa page de recherche Google News, ce qui a fait dire à Ivor Crotty, le directeur des médias sociaux de RT, dans un tweet ironique sur le traitement algorithmique défavorable de RT par Facebook, que Facebook est « un bon Américain ».

Facebook s’est associé au think tank Atlantic Council — financé par l’OTAN, les États du Golfe et des compagnies du complexe militaro-industriel américain — pour éliminer les soi-disant « fake news » de sa plate-forme. Le rival régional du Venezuela, la Colombie, que le gouvernement vénézuélien a accusé d’avoir participé à la récente tentative d’assassinat contre Maduro, est devenu en juin le premier « partenaire mondial » de l’Amérique latine de l’OTAN.

Il va sans dire que les positions du think tank sur la Russie sont celles des faucons de guerre purs et durs, et ses positions sur le successeur d’Hugo Chavez sont également celles du Département d’Etat américain. L’Atlantic Council prétend que le leader bolivarien démocratiquement élu Maduro a entraîné le Venezuela « dans la pire crise économique et humanitaire de son histoire », et appelle les Etats-Unis à « intensifier les sanctions économiques contre le Venezuela dans le cadre d’une stratégie visant à modifier le comportement autoritaire de Maduro « .

Traduction Dominique Muselet

[Update] Suite à leur appel, page Facebook de Venezuela Analysis a été rétablie, mais aucune explication n’a encore été fournie par Facebook sur les raisons de leur action. Le site remercie grandement tous ceux qui l’ont soutenu.

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