USA, le cirque politico-médiatique et les zombies : Monster mash

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Par James Howard Kunstler
Paru sur Kunstler.com sous le titre The Monster Mash


La triste réalité, c’est que le massacre de la synagogue de Pittsburgh la semaine dernière n’est que le dernier épisode de la longue série d’épouvantables spectacles meurtriers qui se sont succédés à travers tout le pays, et qu’il sera tout aussi oublié dans une semaine que le massacre de l’an dernier de Mandalay Bay, à Las Vegas, où 58 personnes avaient été tuée et plus de 800 blessés, un record américain pour un acte de violence non militaire. La fusillade de Pittsburgh a supplanté les bombes de Cesar Sayoc dans l’actualité – mais Sayoc n’a réussi à blesser aucune des personnalités qu’il visait avec ses colis piégés. Ce que je me demande — et ce que les médias n’ont pas rapporté jusqu’à présent — c’est à quel point Sayoc est incompétent en matière de bombes artisanales. Les « fake news » rencontrent les bombes « fake ».

L’un des effets secondaires étranges de l’épique hystérie politique américaine est une étrange incapacité du public à se concentrer sur quoi que ce soit pendant plus que quelques instants, même les pires atrocités. L’hystérie elle-même est trop impérieuse, comme l’action d’un système limbique humain qui pousserait la psyché collective publique soit à se battre, soit à fuir sur les chevaux sauvages de l’émotion pure. Toute raison a été abandonnée sur le bord de la route, exactement comme une personne totalement saoule abandonnerait ses vêtements, même par une nuit glaciale. La guerre culturelle totale est sur le chemin d’une guerre civile ouverte, avec les élections de mi-mandat imminentes en point de bascule.

Le pays n’est pas « divisé », il est découpé en tranches et tailladé comme une victime dans l’un des films sanglants de la saga Halloween, aujourd’hui tellement aimée du public qu’elle doit être régulièrement actualisée. Il ne serait guère exagéré de dire que le public américain voit son ego collectif comme une foule de zombies dans un paysage en ruines, à la recherche de cerveaux de plus en plus rares, et qu’il semble même trouver un certain réconfort dans cette entreprise, comme si les zombies effectuaient un service public méritoire en débarrassant le pays du plus grand nombre de cerveaux possible.

Le Parti démocrate est on ne peut plus en phase avec ce monster mash des politiques de l’effondrement. Le parti a vécu dans une maison hantée de sa propre construction pendant une grande partie de ce siècle, et a méthodiquement ajouté à sa liste de croquemitaines mois après mois, dans une orgie de création de monstres. Ils rappellent ces « indigènes » qui chantent et dansent dans n’importe quel film de King Kong pour convoquer le singe géant à la porte de leur Grande Muraille et effrayer les aventuriers blancs sans scrupules venus de l’Hollywood lointain. A ceci près que, dans cette édition de l’histoire, King Kong est la Grande Créature Dorée du 1600 Pennsylvania Avenue, et que cela l’ennuie beaucoup d’être convoqué par ces sauvages lilliputiens et leurs tam-tams. Bien sûr, la fiction de l’Amérique-film d’horreur n’est pas cohérente. Et ainsi, la nation sombre dans une incohérence sanglante.

La guerre du Parti démocrate contre les Blancs et leurs ignobles privilèges a été le sujet central toute l’année, avec, sur son flanc gauche, la dénonciation des hommes blancs en particulier, et surtout des méchants hommes blancs hétéronormés qui violent et oppriment tous les autres. C’est la stratégie du jour. Je ne suis pas persuadé que cela marche très bien lors des prochaines élections. Le Parti démocrate n’aurait pas pu être plus clair : « Les hommes blancs ne sont pas les bienvenus ». Très bien, alors, ils iront voter ailleurs pour quelqu’un d’autre. Et si les Démocrates ne l’emportent pas, et qu’ils n’arrivent pas à mettre la main sur la machine du Congrès — que se passera-t-il ?

D’une part, beaucoup de gens seront poursuivis, en particulier d’anciens officiels supérieurs de diverses zones fangeuses du marécage du renseignement. Cela ne devrait pas être une bien grande surprise, étant donné le nombre d’entre eux déjà convoqués devant des grands jurys et dénoncés par des inspecteurs généraux. Mais il peut être choquant de voir le nombre d’actes d’accusation qui visent les sommets de la hiérarchie et à quel point les accusations peuvent être graves : sédition…. trahison… ?

Ces élections de mi-mandat peuvent aboutir à une implosion du Parti démocrate au moins suffisante pour balayer la coterie actuelle de crétins terminaux qui le dirigent. Il est temps de dégager les pleurnichards et de permettre à quelques adultes lucides de prendre les commandes, y compris des hommes, et oui, même des hommes blancs. Et que toutes les bêtes curieuses hurlantes, trépignantes et glapissantes retournent à la marginalité, qui est leur vraie place.

James Howard Kunstler est l’auteur de huit livres. Il a contribué aux pages d’opinion du New York Times Sunday magazine, ainsi qu’à Rolling Stone où il a fait partie de l’équipe éditoriale. Il a donné des conférences à Harvard, Yale, Columbia, Princeton, Dartmouth, Cornell, au MIT, et à d’autres universités. C’est un membre du Parti démocrate.

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

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