« Des fissures apparaissent » : un économiste sur l’abandon du rôle de « gendarme mondial » par les USA

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Paru sur Sputnik News sous le titre ‘Cracks Appear’: Economist on Why US’ Giving Up Its Global ‘Policeman’ Role


Le rejet officiel de Donald Trump du rôle d’un « gendarme » mondial pourrait être considéré comme l’événement le plus important de l’année écoulée, écrit l’économiste Ivan Danilov, selon qui les fissures dans les fondations de l’hégémonie américaine sont déjà visibles.

L’annonce abrupte d’un retrait de la Syrie et d’un retrait partiel de l’Afghanistan par Donald Trump a montré que les États-Unis ne sont plus à mêmes de verser des billions de dollars dans des opérations coûteuses à l’étranger, affirme l’économiste russe.

Lors de sa visite surprise à la base aérienne d’Al Asad en Irak le 26 décembre dernier, le président américain a proclamé la fin du rôle de l’Amérique en tant que « gendarme » mondial, soulignant qu’il est « ridicule » de maintenir une présence « dans des pays dont la plupart des gens n’ont même jamais entendu parler » [sic, NdT].

(Tweet : « La FLOTUS Melania et moi avons été honorés de visiter nos incroyables troupes de la base aérienne Al Asad en Irak. DIEU BENISSE LES USA! »)

« L’Amérique ne devrait pas se battre pour tous les pays de la Terre sans être remboursée, ce qu’elle n’est dans de nombreux cas pas du tout « , a déclaré le président Trump aux troupes américaines. « S’ils veulent que nous nous battions, ils doivent aussi payer un prix — et parfois c’est aussi un prix monétaire — donc nous ne sommes pas les pigeons du monde. Nous ne sommes plus des pigeons, les amis ».

Ce n’est pas la première fois que Trump évoque la question du « prix ». Plus tôt cette année, tout en suggérant que les États-Unis allaient se retirer de Syrie « très bientôt », le président américain avait fait remarquer : L’Arabie saoudite est très intéressée par notre décision et j’ai dit : « Eh bien, vous savez, si vous voulez que nous restions, vous allez peut-être devoir payer ».

En avril 2018, le Wall Street Journal avait appris que les États-Unis avaient demandé à l’Arabie Saoudite, au Qatar et aux Émirats Arabes Unis d’allouer des milliards de dollars pour reconstruire la partie nord-est de la Syrie et de maintenir leur présence militaire dans la région pour combler le « vide » après le retrait américain.

Maintenant, selon Trump, c’est la Turquie et l’Arabie Saoudite qui doivent supporter ce fardeau financier.

« En fait, l’Arabie saoudite s’est mobilisée hier — vous l’avez probablement lu — et s’est déjà engagée à fournir des fonds substantiels pour le développement [de la Syrie]. Et le président turc Erdogan a également accepté d’éliminer tous les reliquats d’ISIS [Daesh], et nous allons travailler avec eux », a déclaré le président américain lors de sa visite à la base aérienne d’Al Asad.

(Tweet : « L’Arabie Saoudite a accepté de dépenser l’argent nécessaire pour aider à reconstruire la Syrie, à la place des USA. Vous voyez ? N’est-ce pas gentil quand des pays immensément riches aident à reconstruire leurs voisins plutôt qu’un Grand Pays, les USA, éloigné de 5000 miles. Merci à l’Arabie S ! »)

Le président américain a en outre souligné que les Américains « dépensent des centaines de milliards de dollars » en se battant pour d’autres nations. Trump a déclaré à maintes reprises que les États-Unis ont dépensé 7 billions de dollars au Moyen-Orient depuis 2001.

Commentant les propos de Trump, Danilov a présumé que le président américain avait réalisé « que les États-Unis actuels n’ont pas assez de ressources pour faire la guerre dans le monde entier ».

Selon l’économiste russe, Washington est incapable de contraindre ses alliés et partenaires à payer pour ses opérations militaires outre-mer à plusieurs milliards de dollars.

Pour illustrer son propos, Danilov a expliqué que seule la Pologne a accepté jusqu’à présent de payer 2 milliards de dollars pour s’assurer de la « protection » de Washington, en référence à la demande de Varsovie d’une base militaire américaine permanente dans le pays — le très débattu « Fort Trump ». Cependant, selon lui, ces 2 milliards de dollars ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer pour la vorace machine de guerre américaine.

« En résumant les déclarations du leader américain, on peut déduire plusieurs conclusions intéressantes », écrit Danilov. « Il n’y a plus d’argent. Plus précisément, il y a encore de l’argent, mais il n’est plus possible de le dépenser massivement, car il s’épuise, et les marchés financiers américains (qui prédisent généralement bien l’état de l’économie du pays dans son ensemble) ne sont pas au mieux de leur forme ».

Selon Bloomberg, bien que l’économie américaine ne se dirige pas vers une récession, elle est devenue particulièrement vulnérable aux erreurs politiques potentielles et aux accidents du marché : « Ces blessures auto-infligées, bien qu’elles ne constituent pas encore une masse critique, sont devenues une menace pour les fondamentaux de l’économie et des entreprises, les rendant tous deux plus vulnérables au ralentissement de l’économie mondiale », a averti le magazine.

Plus tôt cette année, l’Office of Government Accountability (organisme chargé du contrôle des comptes publics fédéraux, NdT) et le Congressional Budget Office (organisme chargé, entre autres, d’évaluer les effets de la dette nationale des USA, NdT) ont tiré la sonnette d’alarme au sujet de la dette nationale croissante et du déficit fédéral en croissance rapide, qui devrait atteindre 1 billion de dollars d’ici 2020.

« Les fissures dans les fondations économiques, institutionnelles et militaires de l’hégémonie américaine sont maintenant visibles », a souligné Danilov, qui a fini en soulignant que le « rejet officiel de Washington du rôle de policier mondial est peut-être l’événement le plus important de l’année écoulée ».

Traduction Entelekheia

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