My Way ou Huawei : quel type d’espionnage préférez-vous ?

Par Simon Rite
Paru sur RT sous le titre Huawei or the West’s way: Which kind of spying comes with your phone?


Les accusations contre le géant chinois de la technologie Huawei ont placé les propriétaires de téléphones et les internautes devant un véritable dilemme. Le choix ne porte pas tant sur les fonctions que vous voulez sur votre smartphone, mais sur vos espions préférés.

Au cas où vous auriez raté ce qui se passe, Huawei a fait de grandes percées sur le marché technologique que l’Occident domine depuis toujours, avec un plaisir non dissimulé. Huawei vend déjà plus de téléphones qu’Apple. Plus important encore, l’entreprise progresse dans le développement du réseau 5G de prochaine génération.

C’est la technologie qui vous permettra de télécharger des films devant la machine à café de votre travail en environ 3 secondes, de laisser votre pèse-personne avertir votre réfrigérateur que vous approchez grâce à l’internet des objets et de permettre à des voitures sans chauffeur de grimper sur les trottoirs toutes seules. Personnellement, je me fiche de savoir quel pays est le premier à développer tout cela, du moment qu’il le fait et vite. Un téléchargement en 3 secondes !

Vous aurez déjà compris qu’il y a énormément d’argent à gagner avec la 5G, mais je ne veux pas suggérer que cela pourrait être une des raisons pour lesquelles Huawei est visé. Je suis sûr que ça n’a rien à voir. Ahem. Les agences d’espionnage occidentales s’alarment des liens très étroits de la compagnie avec l’État chinois, et du fait qu’elle pourrait installer des backdoors qui permettront à Pékin d’espionner toute personne qui utilise cet équipement.

Huawei a fermement nié ces accusations, qui semblent fondées non pas sur des preuves accessibles au public, mais sur le genre de « preuves secrètes » que les agences de renseignement ont tendance à garder pour elles.

C’est franchement trop dur pour des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada, qui n’ont aucun désir de perdre  leur position dominante à la fois sur les marchés de la technologie et de l’espionnage. Tout cela nous laisse beaucoup de choses à considérer, à nous gens ordinaires, même au-delà de la question de savoir s’il faut prendre au sérieux les avertissements de la CIA.

En gardant à l’esprit qu’il n’existe actuellement aucune preuve contre Huawei, les propriétaires de téléphone doivent décider s’ils veulent payer moins cher un téléphone chinois qui pourrait peut-être les espionner, ou plus cher un téléphone occidental qui les espionnera à coup sûr.

Si Edward Snowden, Cambridge Analytica et Jennifer Lawrence nous ont appris quelque chose, c’est que si vous êtes le fier propriétaire d’un smartphone, ou si vous avez déjà utilisé un réseau WiFi (on me dit qu’elle est devenue très populaire), quelqu’un peut vous écouter s’il le veut.

Si j’étais politicien, soldat, physicien nucléaire ou n’importe qui d’autre de la moindre importance pour le monde, je pense que la technologie chinoise me rendrait certainement un peu nerveux.

Je serais nerveux à propos de toutes les autres technologies aussi, entendons-nous bien, mais je suis britannique à l’époque du Brexit, et si je dois me faire avoir par des agents du renseignement, je préférerais de loin qu’ils soient britanniques, comme il convient. Ou américains, je m’incline devant eux aussi.

Mais je ne suis pas important, et j’utilise mon téléphone et Internet principalement pour écrire des articles comme celui que vous êtes en train de lire, et qui a été publié de toutes façons sur une plateforme publique. Je vais aussi en ligne pour lire les tribunes d’opinion d’autres personnes, regarder Netflix et recevoir des ordres de mon patron (c’est-à-dire ma femme).

Suis-je inquiet à l’idée que les Chinois viennent me voler mes secrets personnels ? Non, pas du tout, je m’en réjouis, plus on est de fous…

Mais d’après ce que je vois, les seules personnes réellement menacées par la technologie Huawei à l’heure actuelle sont les personnes qui travaillent pour l’entreprise en Occident.

Un employé de Huawei a été accusé d’espionnage en Pologne et la directrice financière de l’entreprise a été arrêtée au Canada, à la demande de Washington. Meng Wanzhou est également la fille du fondateur de Huawei. Elle est accusée d’avoir enfreint les sanctions contre l’Iran, mais pas de s’être livrée à des activités d’espionnage clandestines.

D’une certaine façon, il est impressionnant que les États-Unis aient réussi à jeter quelques trucs qu’ils n’aiment pas dans le même pot géopolitique, puis à obliger le Canada à les trier pour eux.

Personnellement, je m’inquiète plus des conséquences de ce genre de comportement que de penser que Pékin regarde mes selfies. Au fait, je ne fais pas de selfies.

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

Ajouter un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.