La France est effarée par l’impact qu’aurait un Brexit sans accord sur son industrie de pêche

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Si vous ne l’avez pas encore lu, vous pouvez d’abord consulter l’article d’Ambrose Evans-Pritchard pour le Telegraph (en français), ‘L’UE n’est pas en état de gérer les risques de sa stratégie de la corde raide sur le Brexit’. En quelques mots : l’UE croyait pouvoir faire du chantage au Royaume-Uni en le menaçant de paralyser son économie à travers un Brexit sans accord, avec arrêt des échanges commerciaux, s’il ne se pliait pas à ses exigences. Mais l’arme est à double tranchant, et l’UE a fini par réaliser qu’un gel de ce type se retournerait contre elle.

Il semble que pour la France, ce serait tout particulièrement dévastateur.


Par la rédaction
Paru sur Westmonster sous le titre French government terrified of No Deal impact on fishing industry


Le gouvernement français a finalement compris les conséquences potentielles d’un « No Deal Brexit » (Brexit sans accord) : l’industrie française de la pêche sera durement touchée si le Royaume-Uni part sans accord préalable.

Comme l’a écrit Michael Heaver de Westmonster plus tôt ce jour, l’UE a récemment proposé un accès « réciproque » aux pêcheries en cas de Brexit sans accord. Pardi ! Les flottes de l’UE pêchent huit fois plus de poissons en eaux britanniques que l’inverse. La reprise par le Royaume-Uni du contrôle de ses 200 milles d’eaux territoriales dévasterait l’industrie française de la pêche et marquerait une révolution économique pour les pêcheurs britanniques naufragés depuis longtemps dans les villes côtières.*

Dans un rapport remarquable pour Bloomberg, il a été maintenant révélé que le négociateur français a déclaré à la Commission européenne et aux ambassadeurs des 26 pays de l’UE que jusqu’à 70% des travailleurs français de l’industrie de la pêche seraient touchés si le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord.

Deux diplomates ont confirmé que la France a soulevé à plusieurs reprises la question des dommages que causerait un « hard Brexit » (un Brexit sans accord). Daniel Fasquelle, membre de l’Assemblée nationale (LR, Pas-de-Calais), a déclaré : « Un ‘hard Brexit’ serait une catastrophe pour la pêche française. Pour mes pêcheurs, entre 50% et 70% de leur zone de pêche se situe dans les eaux britanniques. Ils quittent le port et n’ont quelques milles à parcourir pour arriver dans les eaux britanniques.

Dans le cas d’un hard Brexit, les Britanniques récupèrent la pleine souveraineté de leurs eaux et bloqueront nos bateaux. »

(Légende de la photo : La Grande-Bretagne ne règne pas sur les eaux. Le Royaume-Uni doit partager ses eaux de pêche avec ses voisins européens. Texte du tweet : ‘En privé, des diplomates s’inquiètent des dommages que causeraient un Brexit sans accord à l’économie rurale française’)

Emmanuel Macron étant déjà confronté à des manifestations nationales de Gilets jaunes, la dernière chose dont le gouvernement français a besoin, c’est que cette année, les pêcheurs français soient lourdement touchés par un Royaume-Uni totalement libre de reprendre le contrôle total et unilatéral de ses eaux de pêche.

Le Royaume-Uni dispose donc d’un levier de négociations considérable dans cette affaire. Le gouvernement britannique doit exiger que  la « clause de sauvegarde »** soit supprimée et que d’autres changements soient apportés, faute de quoi le Royaume-Uni reprendra son contrôle à travers un Brexit via l’OMC. ***

Traduction et notes Entelekheia
Photo Pixabay

Notes de la traduction :

*Parce qu’elles doivent laisser un fort quota de bateaux de l’UE pêcher dans leurs eaux, de très nombreuses pêcheries britanniques ont dû fermer et leurs employés ont été acculés au chômage, à telle enseigne qu’il est aujourd’hui endémique dans les villes côtières du Royaume-Uni.

**La « clause de sauvegarde » sur la frontière irlandaise, une concoction labyrinthique de May destinée à éviter l’instauration d’une frontière « dure » entre l’Irlande du Nord (qui appartient au Royaume-Uni) et l’Irlande du Sud (indépendante et désireuse de rester dans l’UE) est au centre des débats au Royaume-Uni, et a valu à May une véritable levée de boucliers de la part des Brexiters.

***Brexit via l’OMC : Les accords du Royaume-Uni avec l’UE ne se feraient pas directement, mais à travers l’Organisation mondiale du commerce, entité régulatrice des échanges commerciaux entre ses 164 pays-membres. La différence étant qu’à travers l’OMC, le Royaume-Uni traiterait avec l’UE en tant que pays souverain, au même titre que les autres partenaires économique de l’UE, par exemple les USA, l’Australie ou encore la Chine, etc.

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