La leçon du Brexit : pour faire plier l’UE, il faut d’abord en sortir

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Par Pierrick Tillet
Paru sur Le Blog du Yéti


À ceux qui pensent qu’on peut faire plier l’Union européenne rien qu’en désobéissant aux traités et en faisant valoir son 5ème rang de puissance mondiale, regardez ce que l’UE fait subir à la 4ème puissance mondiale, la Grande-Bretagne, pour la punir du Brexit.

De fait, c’est à une véritable agression que se livre l’UE contre la Grande-Bretagne avant que la rupture soit consommée, en principe dans les semaines qui viennent.

Vous allez en payer le prix ! » (Guy Verhofstadt, député européen libéral belge, aux Britanniques).

S’il n’y a pas d’accord avant Brexit, un accord post-Brexit est inéluctable

Pourtant, explique Jacques Sapir, accord il y aura quasi nécessairement, si ce n’est avant le Brexit, du moins inéluctablement après car la Grande-Bretagne est le deuxième contributeur net de l’UE et les pays membres de cette dernière, tout particulièrement l’Allemagne, auraient très gros à perdre sans accord :

On joue à se faire peur. Il n’y aura pas une interruption des échanges et pour une raison très simple, c’est que les pays de l’Union européenne, en particulier l’Allemagne, commerce beaucoup avec la Grande-Bretagne et ont des soldes positifs vis-à-vis de la Grande-Bretagne. Autrement dit, s’il y avait une interruption complète du commerce, cela causerait des dommages extrêmement importants aux économies de l’UE.”

Mais alors pourquoi un pays comme la Grande-Bretagne a-t-il plus de chance de négocier de l’extérieur de l’UE, après une rupture sans accord, quand une autre puissance économique comme la France resterait paralysée à vouloir changer l’UE de l’intérieur ?

Être dehors en disposant de son système monétaire, c’est avoir les coudées franches pour négocier pays par pays et non plus avec un bloc fermé

Après le Brexit, explique Jacques Sapir, la Grande-Bretagne ne serait plus amenée à discuter avec le bloc UE, mais avec chacun des États membres soucieux de ses intérêts économiques particuliers.

L’autre raison, sans doute la plus déterminante, est que la Grande-Bretagne aura les coudées franches, disposant de sa propre devise nationale, de sa propre banque centrale, tandis que les pays membres de la zone euro, France comprise, sont soumis à une monnaie unique qui leur échappe puisqu’il y a belle lurette que l’UE a mis sa forteresse monétaire, la BCE, à l’abri de tout contrôle démocratique.

Pierrick Tillet

Note d’Entelekheia :

Selon un sondage YouGov du 2 avril dernier repris dans un article publié sur le blog économique américain Zerohedge, une majorité de Britanniques se déclare favorable à une sortie sans accord, à raison de 40% pour un « No-deal Brexit »,  36% pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE, seulement 11% pour une extension supplémentaire (à savoir encore plus de palabres, de conflits politiciens et de tactiques d’intimidation de la part de l’UE), et 13% d’indécis. Si l’UE n’autorise pas d’extension supplémentaire, les chiffres passent à 44% pour la sortie sans accord contre 42% pour le Remain, et toujours 13% d’indécis.

Conclusion : le « Project Fear » (le « Projet peur » qui consiste à terroriser les électeurs en prédisant toutes sortes de cataclysmes pour l’économie britannique en cas de sortie sans accord) a clairement fait long feu.

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