USA : Trump ajoute encore plus de poison à sa confrontation avec l’Iran

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Par George Galloway
Paru sur RT sous le titre Trump pumps new poison into US confrontation with Iran


L‘action américaine contre les Gardiens de la révolution iraniens (GRI) est une escalade dangereuse qui ne peut que mettre en danger une paix mondiale fragile et aggraver les tensions entre l’administration Trump et nombre de ses plus proches alliés, principalement l’UE.

Lundi, les États-Unis ont désigné les Gardiens de la révolution iraniens « organisation terroriste ».

Cela équivaut à déclarer le corps des Marine des USA « organisation terroriste », mais de façon beaucoup moins justifiée, étant donné que l’Iran n’a envahi aucun autre pays depuis des siècles. La description de Washington de l’Iran comme « expansionniste » suffirait à faire éclater de rire un moine trappiste, étant donnée l’omniprésence de bases et d’armes américaines à travers le monde — et autour de l’Iran.

C’est la première fois qu’un gouvernement américain désigne un corps officiel d’un gouvernement étranger comme « organisation terroriste ». Quiconque fait des affaires avec l’Iran n’aura aucun moyen de savoir s’il « finance le terrorisme », et c’est bien sûr le but recherché.

Dans le contexte de l’impasse entre les États-Unis et le Venezuela, de l’inquiétante coopération nucléaire entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite, des relations toujours plus étroites entre la famille Trump et Israël, de la crise persistante des relations américano-russes et de l’escalade contre l’Iran, cette situation montre une volonté hégémonique ouverte de l’Amérique qui ne peut mener qu’à des larmes et du sang.

N’importe laquelle de ces confrontations serait risquée, et deux seraient terrifiantes. Toutes ensemble, elles dépasseraient la capacité de n’importe quel empire, même à son apogée. Pour l’empire américain, qui a dépassé son zénith, qui fait face à des problèmes économiques imminents et qui est totalement déchiré par des divisions politiques internes, cela semble impossible, bien que beaucoup de gens et beaucoup de choses puissent être détruits par cette tentative.

L’invasion de l’Irak en 2003 était une question de pétrole, bien sûr, et d’Israël aussi. Mais son but principal était de marquer l’hégémonie de l’Empire américain. C’était une déclaration selon laquelle un nouveau siècle américain débutait. Le résultat s’est avéré exactement le contraire, et cela avant même la renaissance de la Russie sous Poutine et l’arrivée tant attendue de la Chine sur la scène mondiale, avec un poids militaire et politique à la hauteur de son importance économique.

Les milices déguenillées, mal équipées (et en guerre) en Irak ont rapidement rendu le pays ingouvernable et rendu le retrait américain inévitable. Le résultat — comme n’importe qui aurait pu le prédire — a été la finlandisation de l’Irak, en coordination de plus en plus étroite avec l’Iran voisin. La destruction de la puissance arabe sunnite à Bagdad ne pouvait qu’y renforcer la puissance chiite iranienne. Et c’est ce qui s’est passé.

L’Iran est maintenant trop grand et trop puissant pour que les États-Unis puissent le battre — à moins d’utiliser des armes nucléaires. Les Gardiens de la révolution font autant partie de la République islamique d’Iran que n’importe quelle autre entité de l’État. En fait, sans les Gardiens de la révolution, il n’y aurait pas de République islamique. Les Gardiens ne sont pas seulement une force militaire puissante, leur portée politique et économique dans l’État les rend également intouchables. Aucun gouvernement iranien n’a voulu, ou n’a pu, prendre de mesures pour réduire leurs effectifs.

Ainsi, Washington a déclaré la guerre à l’Iran cette semaine. Toute menace envers les GRI est une menace existentielle pour l’État et sera traitée comme telle par les Iraniens.

L’Iran a la capacité de nuire aux intérêts américains dans toute la région — en Irak, au Yémen, en Syrie, au Liban et notez bien, M. Trump, même en Arabie Saoudite. Sans compter que sans le détroit d’Ormuz, il n’y a pas d’économie occidentale. Sa fermeture paralyserait la plus grande partie de l’activité économique et enverrait le le prix du pétrole à des hauteurs stratosphériques.

Les nouvelles sanctions, dont il est à présumer qu’elles représentent le prélude à une nouvelle phase, radicaliseront la politique de l’Iran, marginaliseront les modérés au sein de son gouvernement et uniront la grande majorité des Iraniens derrière leur gouvernement et les GRI. Les Européens refuseront de les accepter. Si les États-Unis cherchent à les punir pour cela, ils s’aliéneront encore davantage leurs alliés européens, affaibliront l’OTAN et réduiront le soutien des pays alliés à d’autres actions de politique étrangère américaine. Tout cela est très éloigné des prétentions de Trump, pendant sa campagne, à mettre l’Amérique au premier plan de ses préoccupations. Et cela donnera à Bernie Sanders un environnement riche en cibles à abattre lors de sa prochaine campagne présidentielle.

George Galloway a été membre du Parlement britannique pendant presque trente ans. Il présente des émissions de radio et de télévision (y compris sur RT). C’est un célèbre réalisateur, écrivain et tribun.

Traduction Entelekheia
Photo : Gardiens de la révolution, Iran/Press TV

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