La fabrication de Greta Thunberg – pour consentement, acte IV : la maison est en feu ! & le sauvetage à 100 billions de dollars

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Par Cory Morningstar
Paru sur Wrong Kind of Green sous le titre The manufacturing of Greta Thunberg – For consent: The house is on fire! & The trillion dollar rescue [ACT IV]
Mis en forme avec Forrest Palmer, du collectif Wrong Kind of Green


Dans l’Acte I de cette nouvelle enquête, j’ai ouvert le dialogue avec les observations suivantes de l’artiste Hiroyuki Hamada :

Ce qui est exaspérant dans les manipulations du complexe industriel à but non lucratif, c’est qu’ils récoltent la bonne volonté des gens, surtout des jeunes. Ils s’adressent à ceux qui n’ont pas reçu les compétences et les connaissances nécessaires pour penser par eux-mêmes, dans le but de servir des institutions conçues par et pour la classe dirigeante. Le capitalisme fonctionne systématiquement et structurellement comme une cage pour animaux domestiques. Ces organisations et leurs projets, qui opèrent sous de faux slogans humanistes afin de soutenir la hiérarchie de l’argent et de la violence deviennent rapidement certains des éléments les plus cruciaux de la cage invisible des grandes entreprises, du colonialisme et du militarisme.

La Fabrication de Greta Thunberg – pour consentement a été écrit en six actes.

Dans l’ACTE I, je révèle que Greta Thunberg, l’enfant prodige actuelle et le visage du mouvement de la jeunesse en lutte contre le changement climatique, sert de conseillère spéciale jeunesse et siège au conseil d’administration de We Don’t Have Time (Nous n’avons pas le temps), une start-up tech en plein essor. J’explore ensuite les ambitions de l’entreprise tech We Don’t Have Time.

Dans l’ACTE II, j’illustre la façon dont les jeunes d’aujourd’hui sont les agneaux sacrificiels de l’élite dirigeante. De plus, dans cet acte, je présente les membres du conseil d’administration et les conseillers de We Don’t Have Time. J’explore le leadership du nouveau projet We Don’t Have Time et les partenariats entre des entités environnementales privées bien établies : le projet Climate Reality de l’ex-vice-président des USA Al Gore, 350.org, Avaaz, Global Utmaning (Global Challenge), la Banque mondiale et le Forum économique mondial (Forum de Davos, acronyme anglais WEF).

Dans l’ACTE III, j’expose la façon dont Al Gore et les capitalistes les plus puissants de la planète se tiennent derrière les mouvements de jeunesse montés aujourd’hui et pourquoi. J’explore les liens entre We Don’t Have Time/Thunberg et Our Revolution, l’Institut Sanders, This Is Zero Hour, le Sunrise Movement et le Green New Deal [« New Deal vert », un « package » de réformes pro-climat et anti-inégalités proposé par le Parti démocrate des USA. Le nom fait référence au New Deal de Roosevelt, NdT].

J’évoque également la célèbre famille de Thunberg. En particulier, la célèbre mère de Greta Thunberg, Malena Ernman (Héros de l’environnement de l’année du WWF, 2017) et le lancement de son livre, en août 2018. J’explore ensuite la généreuse attention médiatique accordée à Thunberg en mai et avril 2018 par SvD, l’un des plus grands journaux suédois.

Dans l’ACTE IV, j’examine la campagne qui se déroule actuellement, avec son but de « conduire le public en mode d’urgence ». Plus important, je résume qui et quoi ce mode est destiné à servir.

Dans l’ACTE V, j’examine de plus près le Green New Deal. J’explore le think tank Data for Progress (Données pour le progrès) et le ciblage de la jeunesse féminine comme clé « fémographique ». Je connecte l’architecte principal et les auteurs des données du « Green New Deal » à l’ONG World Resources Institute. De là, je vous guide à travers l’imbrication de la Business & Sustainable Development Commission (Commission pour le business et le développement durable) et de la New Climate Economy (initiative Nouvelle Économie du Climat) – un projet du World Resources Institute. Je révèle le point commun entre ces entités et l’attribution de valeurs monétaires à la nature, représenté par la Natural Capital Coalition (Coalition pour le capital naturel) et le complexe industriel à but non lucratif considéré en tant qu’entité. [Complexe industriel à but non lucratif : l’auteur reprend l’expression « Complexe militaro-industriel » et l’applique au réseau mondial des ONG à but non lucratif, NdT]. Enfin, je révèle comment tout cela a abouti à la mise en œuvre de paiements pour des services liés à l’écosystème (c’est la financiarisation et la privatisation de la nature, à l’échelle mondiale) qui « devrait être adoptée lors de la quinzième réunion à Pékin en 2020 ».

Dans l’acte final, l’ACTE VI [Crescendo], je termine la série en révélant que les fondations mêmes qui ont financé le « mouvement » du climat au cours de la dernière décennie sont aujourd’hui partenaires du Climate Finance Partnership et cherchent à siphonner 100 billions de dollars de fonds de pension. Je révèle l’identité des individus et des groupes à la tête de cette matrice, ceux qui contrôlent à la fois le média et le message. Je remonte un peu dans le temps pour décrire brièvement les dix années d’ingénierie sociale stratégique qui nous ont menés jusqu’à ce précipice.

Je vois la relation entre le WWF, l’Institut de Stockholm et le World Resources Institute comme des instruments-clés dans la création de la financiarisation de la nature. J’examine également les premières campagnes publiques pour la financiarisation de la nature (le « capital naturel ») qui sont peu à peu introduites dans le domaine public par le WWF. Je réfléchis à la façon dont les ONG mainstream tentent de préserver leur influence et de manipuler encore davantage la population en se cachant derrière les groupes d’Extinction Rebellion organisés aux États-Unis et dans le monde entier.

Une fois l’écran de fumée dissipé, le vague, voire la quasi-inexistence des demandes, qui rappellent les « exigences » de TckTckTck en 2009, pourront être pleinement comprises.

Certains de ces sujets, ainsi que d’autres, feront l’objet de publications ultérieures et seront discutés plus en détail au fur et à mesure des addenda qui viendront s’ajouter à l’important volume de recherches. Il s’agit notamment de passer de l’autre côté du miroir et d’explorer à quoi ressemblera le véritable « Green New Deal » de la Quatrième Révolution industrielle. Il sera également question du pouvoir de la célébrité – et de la façon dont elle est devenue un outil-clé, à la fois pour le capital et pour s’assurer de la passivité conformiste des populations.

Note : Cette série contient des informations et des citations traduites du suédois via Google Translate.

 

ACTE QUATRE

Comment façonner une architecture mondiale à l’ère de la Quatrième révolution industrielle

« 15 minutes de gloire, c’est une exposition médiatique ou une célébrité éphémère pour un individu ou un phénomène. L’expression a été inspirée par les mots d’Andy Warhol : « A l’avenir, tout le monde aura son quart d’heure de célébrité », qui figuraient au programme d’une exposition de ses œuvres au Moderna Museet à Stockholm, en Suède, en 1968. [1]

Comme Greta Thunberg est le socle de ces articles, revisiter la Suède à partir de l’analyse ci-dessus semble être un bon point de départ pour l’acte IV de cette série, où nous déconstruisons la campagne marketing en cours en nous fondant sur les récents événements.

Commençons.

25 janvier 2019 : « Enfin, nous devons applaudir les participants du panel du jeudi midi. Marc Benioff était accompagné sur scène par Jane Goodall, Bono, Greta Thunberg, jeune militante pour le climat, Christiana Figueres, diplomate et écologiste, Kengo Sakurada, président et PDG de Sompo Holdings, et will.i.am. Quelle équipe. » Photo par Jeff Elder | Source : « Les 10 meilleurs moments avec la salesforce (force de vente) de Davos » 

Le jeudi 24 janvier 2019, Greta Thunberg a participé à un déjeuner-conférence introduit par Marc Benioff au Forum économique mondial (WEF) de Davos, en Suisse. Benioff est PDG et fondateur de Salesforce, ainsi que co-fondateur de Breakthrough Energy (nucléaire) avec Bill Gates et d’autres milliardaires de même type. Etaient également présents au panel Jane Goodall (Messagère de la paix des Nations Unies), Bono (chanteur de U2 et « activiste »), Will.i.am (fondateur des Black Eyed Peas et « philanthrope ») et la jeune Greta Thunberg, qui a fait la déclaration suivante [0:40s] :

Les paroles de Thunberg ont rapidement été lancées dans la stratosphère internationale des médias mondiaux et des réseaux sociaux.

CNN, 25 janvier 2019 :

Jeudi, Thunberg a prononcé un discours impromptu lors d’un déjeuner aux invités prestigieux, comme les stars de la musique Bono et Will.i.am, Marc Benioff, PDG de Salesforce, l’ancien président de Goldman Sachs Gary Cohn, et une série de banquiers et investisseurs. Elle les a incendiés.

« On dit que la crise climatique est quelque chose que nous aurions créé, mais ce n’est pas vrai, car si tout le monde est coupable, alors personne n’est à blâmer. Pourtant c’est bien la faute de quelqu’un », a déclaré froidement Thunberg. « Certaines personnes, certaines entreprises, certains décideurs en particulier, savaient exactement quelles richesses inestimables ils sacrifiaient pour continuer à gagner des sommes inimaginables. Et je pense que beaucoup d’entre vous ici aujourd’hui appartiennent à ce groupe de personnes. »

Ici, il est essentiel de noter l’usage des mots : impromptu et incendiés.

France 24, 25 janvier 2019 :

Certains disent que la crise climatique est quelque chose que nous avons tous créé, mais ce n’est pas vrai. Parce que si tout le monde est coupable, alors personne n’est à blâmer, et quelqu’un l’est pourtant. Certaines personnes, certaines entreprises, certains décideurs en particulier, savaient exactement quelles richesses inestimables ils sacrifiaient pour continuer à gagner des sommes inimaginables. Et je pense que beaucoup d’entre vous ici aujourd’hui appartiennent à ce groupe de personnes », a-t-elle dit dans son discours impromptu, prononcé sans une seconde d’hésitation.

EZ News, 27 janvier 2019 :

Jeudi, Thunberg a prononcé un discours impromptu lors d’un déjeuner aux invités prestigieux comme Marc Benioff, PDG de Salesforce, Gary Cohn, ancien président de Goldman Sachs et officiel de l’administration Trump, les musiciens Bono et Will.i.am, et une série de banquiers et investisseurs ».

Pluralist, 28 janvier 2019 :

Greta Thunberg aurait fait un trajet de 32 heures en train depuis son domicile en Suède jusqu’en Suisse et aurait campé par une température de zéro degrés pour incendier, dans un discours impromptu, des célébrités et des titans économiques. A l’heure du déjeuner, elle a accusé les prestigieux invités d’avoir causé le réchauffement de la planète alors qu’ils venaient de passer les quelques jours précédents à pontifier sur les solutions à apporter. »

Comme l’ont montré les extraits ci-dessus, les médias internationaux insistent beaucoup sur l’idée que le discours de Thunberg était spontané. Comme nous allons le démontrer, ce n’était pas le cas. Il ne s’agit là que d’un nouvel exemple de médiatisation du discours mis dans la bouche de Thunberg par les ONG et les trusts qui la manipulent.

Le 22 janvier 2019, trois jours avant le « discours impromptu » à Davos une vidéo a été téléchargée sur YouTube par Uphill Media. « Uphill Media, c’est la suite de Bernie2016 TV et de Political Revolution TV. Nous sommes un réseau de médias indépendants à but non lucratif 501(c)(3)3 qui s’est donné pour mission d’informer les électeurs sur Internet »][2].

Dans cette vidéo de Thunberg filmée avant son voyage de Stockholm à Davos, les principaux points du message [3] [à 26 secondes] sont quasiment mot pour mot ceux du « discours impromptu » au WEF de Davos :

Vidéo du 22 janvier 2019 :

Certains disent que la crise climatique est quelque chose que nous avons tous créé. Mais ce n’est qu’un nouveau mensonge commode. Parce que si tout le monde est coupable, alors personne n’est à blâmer. Certaines personnes, certaines entreprises et certains décideurs en particulier savent exactement quelles richesses inestimables ils sacrifient pour continuer à gagner des sommes d’argent inimaginables. »

25 janvier 2019, déjeuner-conférence du WEF :

Certains disent que la crise climatique est quelque chose que nous aurions créé. Mais ce n’est pas vrai. Parce que si tout le monde est coupable, alors personne n’est à blâmer. Et quelqu’un est à blâmer. Certaines personnes, certaines entreprises, certains décideurs en particulier, savaient exactement quelles richesses inestimables ils sacrifiaient pour continuer à gagner des sommes inimaginables. Et je pense que beaucoup d’entre vous ici aujourd’hui appartiennent à ce groupe de personnes. »

Cela n’a pas pu échapper aux organisateurs de Davos qui, dans un effort concerté avec Greenpeace et Extinction Rebellion, partageaient déjà l’e-publicité suédoise dans le cadre de l’événement du Forum économique et sur les réseaux sociaux – avant le déjeuner-conférence de Salesforce où Thunberg devait dire cela pour les médias. Le fait que les médias, et les autres acteurs en présence, aient présenté le discours comme spontané sans se demander s’il l’était ou non, servait à donner une image  d’authenticité enfantine à la messagère, sinon au message lui-même. Quel que soient leurs motivations, c’est pour le moins malhonnête.

23 janvier 2019, vidéo reprise par Extinction Rebellion

Greenpeace International, compte Twitter, 22 janvier 2019 :

(Tweet : Nos dirigeants se comportent comme des enfants, mais heureusement, certains de nos enfants, eux, se comportent comme des leaders.
Regardez @GretaThunberg appeler les délégués présents au Forum économique mondial (#WEF19) de cette semaine à faire #ToutCeQuilFaudra pour remédier à la crise climatique !)

Tout cela signe une campagne médiatique bien orchestrée.

Le 15 décembre 2018, Thunberg est devenu une vedette internationale suite à son discours lors de la COP24 à Katowice, en Pologne, qui a été publié le 15 décembre 2018 par Connect4Climate (un programme de partenariat international de la Banque mondiale) et d’autres organismes. La vidéo est rapidement devenue virale. La description du discours par Quartz (15 décembre 2018) est représentative de la manière dont les médias mondiaux ont présenté l’événement au public :

Greta Thunberg, une jeune suédoise de 15 ans qui milite pour le climat, n’a pas mâché ses mots lors des négociations sur le climat de la COP24 à Katowice, en Pologne, cette semaine. S’adressant mercredi aux pays réunis pour la plus importante réunion de négociations sur le climat depuis les pourparlers de Paris en 2015… dans un discours de moins de cinq minutes, Thunberg a fustigé les dirigeants, lors des pourparlers, pour leurs décennies d’inaction et de mesures insuffisantes face à la crise climatique ».

Mais le mauvais montage d’une vidéo suédoise a révélé par inadvertance une vérité gênante : il n’y avait presque personne dans l’auditorium quand Thunberg a parlé :

Vidéo : Greta Thunbergs tal i Katowice enligt SvT Morgonstudion [Durée : 1m:15s]

Le décalage entre les objectifs réels du Forum économique mondial (« Mondialisation 4.0 : Façonner une architecture mondiale à l’ère de la Quatrième révolution industrielle »] et la manière dont les choses sont présentées au public est plus perceptible dans les images suivantes partagées sur les réseaux sociaux :

Légende photoshoppée sur le fond effacé : « Ce que vous faites fait une différence, et vous devez décider de la différence que vous voulez faire » – Jane Goodall

La manipulation est si éhontée qu’on en reste coi. Comme par magie, le mot « Salesforce » (« Force de vente ») et l’expression « Fourth Industrial Revolution » (« Quatrième révolution industrielle ») n’apparaissent plus dans l’image.

Effacée, la contradiction évidente entre l’importance sans précédent des métaux précieux de la Terre, dont le coltan et le cobalt – indispensables à la « quatrième révolution industrielle », dont l’exploitation minière a décimé la population des chimpanzés que Goodall prétend défendre. [Jane Goodall Institute : « De nombreux métaux et minéraux utilisés dans ces technologies sont extraits de lieux d’habitats menacés de chimpanzés dans le bassin du Congo. Le contrôle de ces ressources a également alimenté les conflits entre les peuples, conflits qui ont causé la mort de plus de cinq millions de personnes »].

Tel est le principal rôle du complexe industriel sans but lucratif.

La mobilisation pour le climat

Nous sommes le premier groupe à avoir organisé une réponse à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale au problème climatique, en lançant la Marche mondiale pour le climat en 2014, suivant une idée qui avait fait secrètement consensus parmi les experts climatiques. [Source]

Ici, nous avons une ONG qui devrait s’inspirer du style sobre et « froid » (CNN dixit) de Thunberg : La Climate Mobilization (Mobilisation pour le climat). [4] Fondée en 2014, lors de la Marche pour le climat, la fondatrice et directrice exécutive de cette ONG américaine est la psychologue Margaret Klein Salamon.

La Climate Mobilization a un objectif principal : « Notre mission est de sauver la civilisation ». [Source] Pour ce faire, Salamon parle d’une « mobilisation de type guerrier, comme celle du front intérieur américain pendant la Seconde Guerre mondiale » :

La Climate Mobilization rassemble de plus en plus de gens qui savent que le changement climatique risque de causer l’effondrement de la civilisation au cours de ce siècle. Nous croyons, avec de nombreux scientifiques et analystes connus de l’environnement, que la seule façon de préserver un climat sûr, stable et favorable à la civilisation humaine est de lutter contre les changements climatiques par une mobilisation de l’échelle de la Seconde Guerre mondiale. »

La force de Salamon, en tant que psychologue spécialisée dans le changement climatique, est exactement ce que les États du monde mentionnés dans l’Annexe I font aujourd’hui en créant des des « nudge units » (cellules d’influence) pour appliquer la science du comportement aux politiques des gouvernements. [« Salamon est titulaire d’un doctorat en psychologie clinique de l’Université Adelphi et d’un diplôme en anthropologie sociale de Harvard. Par le biais de Climate Mobilization, Salamon applique ses connaissances psychologiques et anthropologiques à la résolution du problème du changement climatique. Elle est l’auteur du blog The Climate Psychologist. »]

La Marche pour le Climat de 2014 avait été organisée par le Global Call for Climate Action (GCCA/TckTckTck), Climate Nexus (« Climate Nexus s’est donné pour mission de changer la manière de parler du changement climatique »), 350.org, USCAN et Avaaz/Purpose. A la tête de ce groupe d’ONG se trouvait le Rockefeller Brothers Fund, avec la Fondation V.K. Rasmussen.

De plus, Climate Nexus est un projet parrainé par Rockefeller Philanthropy Advisors, une organisation sans but lucratif.

Lorsque la Climate Mobilization a été fondée, lors de la Marche pour le climat en 2014, il n’y avait pas de groupe sur le climat revendiquant publiquement la nécessité d’une transition urgente à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale. Depuis lors, nous avons travaillé à la création d’une aile « mouvement climatique d’urgence » au sein du mouvement climatique général.«  [Source]

Onze des membres du comité consultatif de la Mobilisation pour le climat comprennent :

  • Betsy Taylor : présidente de Breakthrough Strategies & Solutions, co-fondatrice de 1Sky (financé par la Clinton Global Initiative) qui a fusionné avec 350.org (incubé par la Rockefeller Brothers Foundation) en 2011, et dont les conseils consultatifs comprennent 350.org et Ceres (partenaire d’investissements de 350.org )
  • Laura Dawn Murphy : ancienne directrice de création de MoveOn.Org [mère d’Avaaz]
  •  Paul Gilding : ancien directeur exécutif de Greenpeace International, conseiller en stratégie et fondateur de la Changing Markets Foundation (« La Changing Markets Foundation a été créée pour accélérer et élargir les solutions aux défis du développement durable en s’appuyant sur la puissance des marchés ». Parmi les clients figurent Unilever, BHP Billiton, DSM, Ford et DuPont.]
  • Jamila Raqib : directrice exécutive de l’Institut Albert Einstein (« Raqib a travaillé avec le Dr Gene Sharp, le plus éminent spécialiste mondial de l’action stratégique non violente depuis 2002. En tant que directrice de l’Institut Albert Einstein, elle promeut l’étude et l’utilisation de l’action stratégique non-violente. »]
  •  Gus Speth : fondateur du World Resources Institute et co-fondateur du Natural Resources Defense Council.
  •  Révérend Lennox Yearwood, Jr : président du Caucus Hip Hop
  • Richard Heinberg : membre senior du Post Carbon Institute
  • Lise Van Susteren : Psychiatre américaine, nommée au conseil d’administration du Climate Project d’Al Gore en 2009, a organisé la première conférence sur les impacts psychologiques du changement climatique en 2009, co-auteur de « The Psychological Effects of Climate Change » publié par la National Wildlife Federation, où elle siège au conseil d’administration.
  • Michael Mann : Scientifique américain du climat
  • David Spratt et Philip Sutton : Spratt est directeur de Breakthrough – National Centre for Climate Restoration. Spratt et Sutton ont co-écrit le livre Climate Code Red en 2008.
    [Liste complète]
[L’interconnexion de la direction générale du complexe industriel à but non lucratif est très développée. Comme cette série d’articles se concentre sur la stratégie de marketing elle-même plus que sur ceux qui la construisent, les biographies ci-dessus étaient volontairement brèves.]

 

La percée des mobilisations climatiques dans la politique a commencé avec la campagne « Mobilize California » (#Mobilizeca). Naomi Klein et son ONG Leap (Leap L.A. Coalition), ainsi qu’une coalition d’organisations « partageant les mêmes idées », ont dirigé les efforts de mobilisation pour le climat.

La coalition, en partenariat avec Paul Koretz, membre du Conseil municipal de Los Angeles, s’est efforcée de créer une « Mobilisation climatique de Los Angeles à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale ».

Vidéo : Naomi Klein au lancement du Groupe de travail 2025 de Los Angeles sur la mobilisation pour la justice climatique [4m:59s].

En mai 2018, le Conseil a décidé à l’unanimité « de se pencher sur la création du premier département de mobilisation d’urgence climatique du pays et de budgéter 500 000 dollars comme capital de démarrage. En juin 2018, Berkeley a déclaré l’urgence climatique et s’est engagé dans une mobilisation d’urgence pour le climat et une transition juste, pour mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre et commencer à réduire l’excès de carbone dans l’atmosphère aussi rapidement que possible. » D’autres villes allaient bientôt suivre. [Source]

Ici, il est essentiel de noter le vocabulaire : « réduire l’excès de carbone dans l’atmosphère. » Les discussions sur la réduction ou l’élimination des émissions de carbone durent depuis longtemps. Ce n’est pas une coïncidence. C’est encore une fois stratégique.

Deux jours avant la Marche pour le climat de 2014, le 19 septembre 2014, on trouve ce qui suit dans un article intitulé « La fondatrice de la Climate Mobilization explique à Bridget pourquoi la psychologie – et non la science – pourrait être la clé de la fin du déni climatique aux États-Unis » :

En 356 mots, l’appel de la Climate Mobilization’s à la mobilisation demande au gouvernement des États-Unis de se mobiliser comme pendant la Seconde Guerre mondiale pour lutter contre les changements climatiques : nous devons réduire nos émissions nettes de gaz à effet de serre de 100 % d’ici 2025, déployer un système pour éliminer les gaz à effet de serre de l’atmosphère de toute urgence, comme si nous étions en temps de guerre, et faire des réductions nettes de GES à l’échelle mondiale, une priorité politique absolue toute aussi urgente ».

La montée en puissance des mobilisations sur le climat au sein du complexe industriel sans but lucratif est expliquée dans l’extrait ci-dessous, qui décrit comment le terrain a été préparé à travers le programme du Parti démocrate américain et le Green New Deal [New Deal vert] :

Notre impact est évident : les branches militantes du Parti démocrate [5] ainsi que les chapitres d’organisations telles que 350.org et le Sierra Club adoptent nos prescriptions comme exigences fondamentales. La députée du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez a signé notre engagement de mobilisation et s’est prononcée ouvertement sur la nécessité d’une mobilisation d’urgence dans le cadre de la campagne en faveur d’un comité spécial sur le New Deal vert à la Chambre des députés. » [Source]

La reconfiguration actuelle de la domination occidentale n’est pas différente de ce qui s’est produit dans  le  passé. De même que l’éducation, la santé, les arts et tous les secteurs de la société ont été façonnés et financés par des fondations et leurs capitaux [aux USA, NdT], la « quatrième révolution industrielle » d’aujourd’hui est aux mains de l’élite dominante. Y compris la Marche pour le climat de 2014, qui a vu naître la Climate Mobilization.

Extinction Rebellion (dont il sera question dans la partie V) a trois revendications très larges, et la première d’entre elles est que les gouvernements doivent « adopter des mesures politiques juridiquement contraignantes pour réduire les émissions de carbone à zéro d’ici 2025 », ce qui fait écho aux arguments avancés par le CIABNL (complexe industriel à but non lucratif), la Banque mondiale, etc, en 2014.

L’expression « zéro émissions nettes » ne signifie pas « zéro émissions ». Cela signifie que la quantité d’émissions rejetées dans l’atmosphère et la quantité « absorbée » doivent être les mêmes. Zéro-Net, donc, nécessite des investissements publics massifs dans les technologies développées et lancées par la « Mission Innovation » de Bill Gates. [À titre d’exemple, on peut lire le projet de loi « Sortir des combustibles fossiles pour un avenir meilleur » [article 102-5], qui a fait l’objet de beaucoup d’éloges : « Nous devons augmenter considérablement le financement fédéral (public) de la Recherche et du développement pour mettre au point les technologies nécessaires à une décarbonation de notre économie ». La proposition intitulée Mission Innovation a été faite avec Bill Gates dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, et s’engageait à doubler les investissements publics dans les technologies énergétiques. »][6] Il est essentiel de savoir que le World Economic Forum (WEF) et Mission Innovation sont devenus partenaires le 1er juin 2017.

Zéro-Net signifie la séquestration géologique du carbone et une foule d’autres technologies qui garantissent que les affaires (et les émissions) – se poursuivront sans changement. Vous pouvez voir vous-mêmes que si nous sommes inondés de protestations contre les pipelines, il n’y a aucune opposition aux projets de séquestration géologique du carbone qu’on voit émerger, comme l’Alberta Carbon Trunk Line au Canada.

Et de fait, la terminologie « zéro » [émissions] et « presque zéro » du rapport de synthèse du RE5 2014 a opportunément été remplacée dans le domaine public par « zéro net ».

La vraie question est donc en réalité : «comment sauver le capitalisme, dont on dit qu’il est désormais « en chute libre ». [3 janvier 2019]

Avec « le capitalisme en danger d’effondrement » (une citation énigmatique d’Al Gore), et la croissance économique mondiale en chute libre après des années de stagnation, la campagne Greta Thunberg doit être vue pour ce qu’elle est : une distraction de grande envergure qui n’a rien à voir avec la protection du monde naturel, et tout à voir avec la fabrication du consentement – le consentement des citoyens nécessaire pour débloquer des trésors publics, et autres fonds publics, sous couvert de protection du climat.

Mais avant d’aller plus loin dans la description de ce qu’on peut, à juste titre, qualifier de plan sans précédent de renflouement mondial sous bannière politiquement correcte, nous devons voir comment on peut manipuler et manœuvrer la société pour qu’elle accepte de  lâcher ces fonds.

La stratégie pour débloquer des fonds publics – et ainsi sauver le capitalisme –  est l’urgence climatique.

#climatestrike + #fridaysforfuture + #ExtinctionRebellion = #climateemergency

Comment amener le public en mode d’urgence : « la maison est en feu »

Si vous ne connaissez pas la jeune Suédoise Greta Thunberg, vous pouvez voir en elle le pendant international de la députée démocrate américaine Alexandria Ocasio-Cortez. Comme la politicienne-rock-star de New York Ocasio-Cortez, Thunberg est une jeune femme charismatique dont le savoir-faire en matière de réseaux sociaux, la clarté morale et l’intrépidité à l’égard du pouvoir ont poussé des foules d’admirateurs à descendre dans la rue pour un monde meilleur et à sommer les politiciens et dirigeants de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique.

Thunberg a affirmé sur Twitter qu’il y a eu des grèves étudiantes pour le climat sur tous les continents sauf l’Antarctique – 70 000 grévistes au total la semaine dernière. Pendant ce temps, l’adolescente suédoise a continué à fustiger les élites de Davos dans un anglais impeccable : « Les adultes n’arrêtent pas de dire : Nous devons aux jeunes de leur donner de l’espoir », dit-elle. « Mais je ne veux pas de votre espoir… Je veux que vous agissiez comme vous le feriez en temps de crise. Je veux que vous agissiez comme si la maison était en feu. Parce que c’est le cas. » – Les enfants arrivent, 28 janvier 2019, The Nation

« Mener le public en mode urgence, une nouvelle stratégie pour le mouvement climatique »

En avril 2016, La Climate Mobilization a publié un article intitulé « Faire passer les gens en mode urgence : Une nouvelle stratégie pour le mouvement climatique. »

Le document sur la stratégie commence par ces mots :

« Imagine qu’il y ait un incendie dans ta maison.

Qu’est-ce que tu fais ?
A quoi tu penses ?

Tu fais tout ce que tu peux pour essayer d’éteindre le feu ou de sortir de la maison. Tu réfléchis à la meilleure façon d’éteindre l’incendie ou de sortir de la maison.

nos sens sont aiguisés, on est concentré comme un rayon laser, et on se met tout entier dans l’action.

Tu entres en mode d’urgence. »

« Faire passer les gens en mode urgence », p. 2

« Imagine qu’il y ait un incendie dans ta maison. Qu’est-ce que tu fais? A quoi tu penses? »

Dans le document, Salamon introduit « le concept de ‘mode d’urgence' », dans lequel les individus ou les groupes donnent le meilleur d’eux-mêmes pendant une crise existentielle ou morale – souvent en réalisant de grands exploits grâce à une concentration très ciblée. Elle dit que « l’objectif du mouvement climatique doit être de faire passer le public du mode « normal » au mode d’urgence ». [p. 2] [Souligné dans l’original.]

Le mode d’urgence est activé par un déclencheur.

Cela a d’énormes implications pour la communication, la défense et la stratégie du mouvement climatique. Parce que le mode d’urgence est contagieux, la meilleure stratégie pour les militants et les organisations climatiques est de passer eux-mêmes en mode d’urgence et de communiquer aussi clairement et catégoriquement que possible sur l’urgence climatique, le besoin de mobilisation urgente et le fait qu’ils sont en mode urgence ». – Faire passer les gens en mode urgence : Une nouvelle stratégie pour le mouvement climatique

Et maintenant, en 2019, nous pouvons constater que la stratégie décrite dans le document a été déployée en temps réel, dans la vraie vie.

Puisque les publicités émotionnelles créent une impression plus profonde et plus viscérale sur les centres de mémoire du cerveau, les spécialistes du marketing mesurent les réponses cérébrales aux contenus en utilisant des outils neurométriques comme le codage facial, les tests de réponse implicite, le suivi oculaire et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) « . – Le pouvoir dangereux de la publicité émotionnelle, 14 avril 2016

Vidéo : 25 janvier 2019, Greta Thunberg – « Discours « Notre maison est en feu », Réunion annuelle du Forum économique mondial 2019″ [Durée : 6m:3s]

Je ne veux pas que vous ayez de l’espoir, je veux que vous paniquiez… et que vous agissiez comme si la maison était en feu. »

« Notre maison est en feu. » Ue partie de mon discours au Forum économique mondial aujourd’hui. Merci de m’avoir invitée ! »

« Je veux que vous agissiez comme si la maison était en feu. »

« Notre maison est en feu ». Greta Thunberg, 16 ans, exhorte les leaders à agir pour le climat ».

« L’adolescente #GretaThunberg fustige les élites de Davos pour leur hypocrisie sur le climat. « Agissez comme si votre MAISON était en feu »

La voix d’une génération hausse le ton. Elle a dit aux leaders, à Davos, que nous devons ‘agir comme si notre maison était en feu ».

« Je veux que vous agissiez comme si la maison était en feu, parce que c’est le cas. » – Merci Greta Thunberg de dire la vérité aux puissants, d’être si courageuse et aussi inspirante.

« Notre maison est en feu. Je suis ici pour dire, notre maison est en feu. »

25 janvier 2019, ‘Ressentez la peur’ : Le changement climatique est maintenant au centre des conversations à Davos, CNN :

Feel the fear » (Ressentez la peur) – L’esprit de l’événement s’est reflété dans deux participants qui avaient peu en commun : l’un est un ancien vice-président des États-Unis et l’autre une jeune écolière suédoise de 16 ans. Ce qu’Al Gore et Greta Thunberg ont en commun, c’est la colère contre les dirigeants d’entreprises qui n’agissent pas assez contre le changement climatique. « Je ne veux pas que vous ayez de l’espoir, je veux que vous paniquiez, je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours », a dit Thunberg aux participants.

« La séquestration du carbone est une technologie très importante, qui ne compte pas assez d’investissements » – chef de la mission climat des Nations Unies et leader de la B-Team Christina Figueres, 6 mai 2015 #FaussesSolutions

Au centre du document stratégique

Au cœur du document stratégique ‘Faire passer les gens en mode urgence : Une nouvelle stratégie pour le mouvement climatique’, il y a l’idée selon laquelle les citoyens doivent d’abord faire face, puis accepter le fait d’une urgence qui met leur vie en danger, pour pouvoir passer au nécessaire mode urgence. Une fois ce mode déclenché, se déploiera une « énorme quantité de ressources pour résoudre la crise » qui deviendrait rapidement la priorité absolue et évidente de la société. Plus le mouvement climatique fournira « des structures d’engagement des populations, à savoir des orientations claires et du soutien aux personnes prêtes à lutter contre le réchauffement climatique – plus vite les gens passeront en mode urgence » [p. 7][p. 4 & p. 5].

Alors que les restrictions budgétaires se font en mode non urgent, en mode urgence, « toutes les ressources disponibles/nécessaires sont consacrées à l’urgence et, si nécessaire, les gouvernements empruntent des grosses sommes d’argent ». [p. 9]

La mobilisation économique prend la forme d’une restructuration d’urgence de l’économie industrielle moderne. Elle touchera la grande majorité des citoyens, elle monopolisera une très grande partie des ressources disponibles et aura des répercussions dans tous les secteurs de la société. Ce n’est rien de moins qu’une révolution sociale et industrielle coordonnée par les gouvernements. La mobilisation, c’est ce qui arrive quand une nation entière entre en mode urgence, et les résultats peuvent être vraiment stupéfiants. » [p. 8]

Intentionnellement ou non, le texte de Salamon a des échos d’exceptionnalisme américain. Des signes de nationalisme et de supériorité culturelle apparaissent tout au long du document : « Nous avons aussi fait d’énormes progrès dans le domaine des sciences. Nous avons inventé le premier ordinateur, la transfusion sanguine et la technologie radar. Le Projet Manhattan a produit la première bombe atomique au monde en moins de trois ans – un exploit moralement catastrophique mais néanmoins stupéfiant de planification, de coopération et d’ingéniosité scientifique. »

Dans toutes ces lignes, on ne trouve pas trace de la réduction ou de l’arrêt des émissions à effet de serre. Notez que le mot « arrêter » n’apparaît pas une seule fois dans le document, et que le mot « réduire » apparaît une seule fois : « Si nous réduisons seulement l’emprise de l’industrie des combustibles fossiles sur les politiciens, le problème se résoudra de lui-même. » Le langage doucement persuasif d’aujourd’hui est le reflet du langage et des exigences énoncés dans le document de stratégie : « restaurer un climat sûr et stable », « réduire l’excès de CO2 » et « refroidir la planète ».

La façon dont nous réagissons aux menaces – en entrant en mode d’urgence ou en restant en mode normal – est très contagieuse. Imaginez que l’alarme d’incendie se déclenche dans un immeuble de bureaux. Faut-il le prendre au sérieux ? Comment savoir s’il s’agit d’un exercice ou d’un véritable incendie ? La réponse à ces questions dépendra principalement des réactions de ceux qui vous entourent, en particulier de ceux qui font office de leaders. S’ils discutent et prennent leur temps pour sortir du bâtiment, vous penserez qu’il s’agit d’un exercice. S’ils se dépêchent avec un air sérieux et concentré qui traduit l’urgence et le danger, vous penserez que le danger est réel et vous sortirez le plus vite possible. » [p. 14]

Le document pointe que la crise climatique est une « menace majeure pour l’économie mondiale » (surligné en rouge dans le document original). Ce qui n’est pas dit, mais qu’on comprend vite, c’est que le climat peut aussi être utilisé pour sauver l’économie mondialisée [p. 21]. En somme, pour sauver le capitalisme.

Nous ne pouvons pas taire que la mobilisation d’urgence ne peut être coordonnée que par un « grand » gouvernement qui ait le pouvoir de dépenser sans limite pour sauver le plus de vies possible. [p. 22]

Le document témoigne également d’une joyeuse camaraderie avec les oppresseurs de la classe ouvrière et les plus faibles :

Les campagnes de pression devraient s’intensifier et s’affirmer jusqu’à devenir perturbatrices. Cependant, même pendant les manifestations, nous devons rester ouverts et accueillants. Nous devrons nous montrer fermes et inébranlables mais nous ne sommes pas « contre » ceux que nos manifestations ciblent. Nous n’avons rien à gagner à les diaboliser. Nous avons besoin de ces dirigeants pour faire ce qu’il faut. Notre ton ne doit pas être colérique mais urgent et insistant.

Notre ton doit être sérieux et patriote. Nous appelons l’Amérique à conduire le monde dans une opération héroïque et salvatrice ! Les manifestants doivent démontrer un esprit de sacrifice et prendre, par exemple, le risque d’être arrêtés ou d’entamer une grève de la faim, pour susciter l’empathie du public. Le respect d’une stricte non-violence est essentiel pour gagner un large soutien du public et n’est pas négociable. » [p. 28]

Ce document est stupéfiant à bien des égards. L’auteur ne perd pas une seconde à se pencher sur les sociétés et les nations qui bénéficient de la civilisation industrielle sur notre planète limitée – ni sur celles qui sont sacrifiées sur l’autel de cette même civilisation.

Le but explicite de la stratégie n’est pas la protection de ce qui reste du monde naturel, mais celle de la « civilisation organisée » [p. 2] et de notre « civilisation fonctionnelle mondialisée ». L’étymologie du mot civilisation, est civil. Or, il n’y a rien de civil dans la civilisation industrielle que nous avons construite.

La sauvagerie de notre système économique mondial, qui s’est déchaîné sur la biosphère et sur la vie des êtres sensibles et des humains non blancs, n’est certainement pas une cause de fierté – et ne mérite sûrement pas d’être protégée. Le système économique capitaliste mondialisé qui soutient la civilisation industrielle, doit au contraire être déconstruit. Il est à la fois ironique et révélateur que les sociétés mêmes qui ont le plus bénéficié de l’industrialisation, celles de l’Occident (et surtout de l’Amérique du Nord), n’aient jamais été aussi malheureuses. Aujourd’hui, nous assistons à une multiplication sans précédent des maladies mentales et des dépressions – avec un pourcentage énorme de la société qui dépend d’antidépresseurs pour pouvoir fonctionner au quotidien.

Mais le plus flagrant de ce document, c’est que malgré les références à Pearl Harbour, à la bombe atomique et aux innombrables efforts de guerre américains, tous cités comme des exemples remarquables de l’ingéniosité américaine, NULLE PART il n’est fait état de l’impact du militarisme sur le climat et l’écologie. On sait pourtant que le département de la Défense des États-Unis est le plus grand consommateur de pétrole aux États-Unis et le plus grand consommateur institutionnel de pétrole dans le monde. Étant donnée la contribution phénoménale du militarisme aux émissions mondiales de gaz à effet de serre et à la dégradation de l’environnement, cette omission dépasse l’entendement. Le racisme environnemental inavoué et l’éco-impérialisme pur et dur sont tangibles dans les fondamentaux du complexe industriel à but non lucratif.

Voici l’horrible vérité : même si chaque personne, chaque automobile et chaque usine cessait tout à coup d’émettre des gaz à effet de serre, la Terre irait, la tête la première et à pleine vitesse, vers un désastre total pour une raison majeure. L’armée produit suffisamment de gaz à effet de serre, à elle seule, pour mettre le monde entier, avec tous ses habitants, grands et petits, en danger d’extinction imminente. » – The Green Zone : The Environmental Costs of Militarism, par Barry Sanders, le 1er mai 2009 [The environmental of militarism podcast].

Le pouvoir du conformisme (la capacité de pousser les gens à penser tous la même chose) est un aspect-clé de L’ingénierie sociale. Ce pouvoir est malheureusement souvent occulté ou largement sous-estimé.

Les leaders de la pensée et les leaders de la société civile : Si les gens connus et estimés du public passent en mode urgence, ils influenceront de manière significative le grand public. » – — [p. 30]

« L’horloge du climat a sonné minuit. Chaque ville/village, Etat/province, et pays doit rejoindre Oakland en déclarant l’état d’urgence climatique et en lançant une mobilisation d’urgence et une transition jute pour protéger l’humanité. »

« Le moment où la crise climatique atteint un degré effrayant est aussi celui du plus grand espoir. Quatre nouveaux gouvernements de vills ont déclaré l’état d’urgence climatique au cours de ces deux seules dernières semaines. »

« La course à la mobilisation est lancée, les villes du monde entier déclarent l’urgence climatique et s’engagent en faveur de la mobilisation climatique. Votre ville se joindra-t-elle à eux ? » Le site de Climate Mobilization

Sans surprise, dans la foulée de son ascension fulgurante parfaitement symétrique avec celle de Thunberg, Extinction Rebellion a annoncé une restructuration massive de l’organisation. Son expansion mondiale est menée par Salamon, [Source] qui a lancé le compte Twitter de Extinction Rebellion US le 31 octobre 2018 – le même jour que le lancement d’Extinction Rebellion au Royaume-Uni. Le site Web américain d’accompagnement a été lancé le 3 novembre 2018, et le compte du groupe Facebook américain, le 4 novembre 2018. Entre son lancement officiel le 31 octobre 2018 au Royaume-Uni et le 6 décembre 2018, il s’est formé plus de 130 groupes dans 22 pays. [7] Le 29 janvier 2019, Il y avait des groupes d’Extinction Rebellion dans 50 pays. Les revendications d’Extinction Rebellion ne sont pas seulement complémentaires à la stratégie d’urgence de la Climate Mobilization, elles en sont un reflet de miroir, avec le slogan Tell the truth (« Dites la vérité »).

« Des mouvements de masse pour un changement de masse » #ExctinctionRebellion

L’article de Yale Climate Connections du 20 septembre 2018, « Plaidoyer pour une mobilisation pour le climat : les villes doivent déclarer l’état d’urgence » (« Climate Mobilization Plea : Cities Must Declare Emergency ») utilise le « langage de l’urgence climatique » qui se répand grâce à l’influence de plusieurs campagnes croisées : la campagne de Thunberg, les manifestations d’Extinction Rebellion, le Green New Deal, les grèves climatiques générales et les grèves climatiques de la jeunesse de FridaysForFuture.

Sanders, un indépendant proche des Démocrates qui se présente à l’investiture démocrate, n’est pas le seul homme politique qui établit des parallèles entre le changement climatique et le  fascisme. La députée démocrate de New York Alexandria Ocasio-Cortez, qui est vue comme une championne progressiste, a parlé de la nécessité d’un engagement de type Seconde Guerre mondiale dans la lutte contre le réchauffement planétaire. En 2016, le Parti démocrate a inclus des termes similaires dans son programme officiel.

Le fait que ce message fasse désormais partie du discours politique américain peut être attribuée en partie à la Climate Mobilization, un organisme sans but lucratif en grande partie dirigé par des bénévoles et fondé en 2014. »

15 août 2016 : « Nous sommes attaqués par le changement climatique et notre seul espoir est de nous mobiliser comme nous l’avons fait pendant la Seconde Guerre mondiale » Bill McKibben, fondateur de 350.org, illustration par Andrew Colin Beck [Source : 350.org]

Je suppose que de nombreux militants continueront d’être attirés par les manifestations contre les infrastructures de combustibles fossiles. Je leur recommande de s’efforcer autant que possible de faire connaître la voie à suivre (mobilisation d’urgence pour renoncer aux combustibles fossiles et à l’agriculture intensive carbonée, plus la réduction des émissions de carbone pour que la terre revienne à une température plus basse) du mieux qu’ils peuvent, dans leurs communications verbales et non-verbales. Cela peut être simplement en portant un bandana dans les manifestations, comme Rosie the Riveter, ou en déployant une banderole pour une mobilisation climatique à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale pour sauver le climat et arriver à zéro émissions nettes d’ici 2025, ou encore en diffusant tout cela à grande échelle dans les communiqués de presse et sur Internet« . – Avril 2016, Mener le public en mode d’urgence : Une nouvelle stratégie pour le mouvement climatique, avril 2016 [p. 30].

Vidéo : 2 minutes d’introduction à la mobilisation pour le climat [Durée : 2m:23s][Vidéo non traduite, NdT]

Un climat de peur : le capitalisme est aujourd’hui en chute libre

Le capitalisme est en crise, selon Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial. » – 17 janvier 2017, Deutsche Welle

Avant le rassemblement de Davos de janvier 2019, un économiste de haut niveau de Wall Street a averti les investisseurs que la route sera difficile, avec une croissance économique mondiale « aujourd’hui en chute libre ». Les gros titres actuels sont la version économique de l’émission de radio « La Guerre des mondes » d’Orson Welles.

3 janvier 2019, The Globe and Mail, « La croissance économique mondiale en chute libre » :

Le stratège de Merrill Lynch Ajay Singh Kapur a récemment écrit que « la croissance [économique] mondiale connaît actuellement un ralentissement général, profond et persistant », créant des conditions de marché qui, je crois, rendront la vie très difficile aux secteurs des matières premières et au-delà…
Depuis août 2017, la croissance de l’activité manufacturière ralentit rapidement, entraînant dans sa chute les prix des métaux. »

15 janvier 2019 :

La croissance économique mondiale ralentit, y compris au Canada, selon de nouvelles données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

21 janvier 2019 :

Le FMI et les dirigeants d’entreprises mettent en garde contre le ralentissement de l’économie mondiale à la veille du Sommet de Davos : « Les dirigeants d’entreprises se sont joints au Fonds monétaire international pour avertir que l’économie mondiale ralentit plus rapidement que prévu, ce qui donne une tonalité pessimiste à la réunion annuelle du Forum économique mondial de cette semaine.

21 janvier 2019 :

La croissance chinoise de 6,6% en 2018 est la plus lente depuis près de 3 décennies… »

1er février 2019 :

Le plus grand fonds de pension du monde perd 136 milliards de dollars en trois mois »

A la rescousse : un renflouement politiquement correct – le partenariat pour le financement de la lutte contre le changement climatique

IL FAUT DEVERROUILLER LA VISION HABITUELLE DE LA CROISSANCE DU 21e SIÈCLE – Accélérer l’action climatique dans des temps d’urgence – Le moment est venu du « tout ou rien ». L’investissement de 90 billions de dollars américains pour construire les bonnes infrastructures dès maintenant ouvrira une nouvelle ère de croissance économique. En investissant judicieusement, nous contribuerons à stimuler l’innovation, à améliorer la santé publique, à créer toute une série de nouveaux emplois et à en faire beaucoup contre le changement climatique galopant. Se tromper nous enfermera dans un avenir très polluant, peu productif et profondément inégalitaire. » – Le site web de la Nouvelle Economie Climatique, Résumé Exécutif

Suite à la mobilisation de Rise for Climate du 8 septembre 2018 (un suivi de la Marche 2014 pour le Climat, rebaptisée People’s Climate Movement – Mouvement populaire pour le climat – en 2017), le seul objectif de l’accélération du langage de l’urgence climatique a finalement été dévoilé lors du Sommet One Planet (Sommet Une Planète) du 26 septembre 2018 à New York :

Le 26 septembre dernier, lors du Sommet One Planet à New York, le président français Emmanuel Macron et Larry Fink, de BlackRock, ont annoncé la création du Climate Finance Partnership (Partenariat finance du Climat, acronyme anglais CFP). Un pas important a donc été franchi dans les efforts visant à combiner les capitaux afin d’engager et de mobiliser des capitaux institutionnels à grande échelle pour des solutions climatiques. Les parties, dont BlackRock, les gouvernements de la France et de l’Allemagne, ainsi que les fondations Hewlett, Grantham et IKEA, se sont engagés à travailler ensemble pour finaliser le dessein et la structure de ce qu’ils présentent comme le phare des outils d’investissement en capital mixte d’ici la fin du premier trimestre 2019.

26 septembre 2018, « Les gouvernements et les organisations philanthropiques annoncent un partenariat novateur avec BlackRock pour mobiliser et déployer le financement climatique à grande échelle ». [BlackRock est un des principaux actionnaires du complexe militaro-industriel des USA, notamment des firmes d’armement Raytheon et Lockheed Martin. Si on note que l’armée des USA équipée par ces firmes est le premier pollueur de la planète, l’ampleur de l’escroquerie devient stupéfiante, NdT]

La France, l’Allemagne, les fondations Hewlett, Grantham et IKEA, et le gestionnaire d’actifs BlackRock ont présenté aujourd’hui le Climate Finance Partnership lors du One Planet Summit à New York. Le Climate Finance Partnership est une collaboration sans précédent entre organismes philanthropiques, gouvernements et investisseurs privés, qui se sont engagés à développer conjointement un outil d’investissement pour  investir dans les infrastructures climatiques des marchés émergents« .

Les deux institutions identifiées comme contacts médias dans cette annonce sans précédent sont la Fondation européenne pour le climat (European Climate Foundation) et le déjà mentionné Climate Nexus – l’organisateur principal de la Marche pour le climat 2014.

Le 8 novembre 2018, l’article « The Climate Finance Partnership : Mobilizing Institutional Capital to Address the Climate Opportunity » (Partenariat pour le financement de la lutte contre le changement climatique : Mobiliser les capitaux institutionnels soutenir les possibilités offertes par le changement climatique) révèle d’où viendra l’argent pour la « quatrième révolution industrielle » vendue au public sous couvert de protection de l’environnement:

L’écart entre les investissements nécessaires et ceux qui sont réalisés actuellement n’est nulle part plus grand et plus dangereux, et les opportunités n’ont été aussi importantes, que dans les marchés émergents et en développement du monde. Ces économies se caractérisent généralement par une forte croissance démographique, une augmentation rapide de la demande d’énergie et des besoins extraordinaires en investissements dans des infrastructures. Mais ils ont aussi tendance à avoir des marchés financiers moins développés et des risques politiques et légaux plus élevés que les pays développés. On peut donc pardonner en partie aux investisseurs institutionnels d’agir avec prudence, malgré les facteurs économiques et démographiques de long terme qui devraient les motiver.

Une analyse détaillée de la Banque mondiale a révélé que pour 100 billions de dollars détenus par des fonds de pension et d’autres investisseurs institutionnels, moins de 2 billions de dollars sur une période de 25 ans ont été investis dans des infrastructures de marchés émergents. Et la fraction de cet investissement qui pouvait être considérée comme verte, propre ou respectueuse du climat était négligeable.

Alors, que peut-on faire ? Que l’on voie la situation comme un défi sans précédent ou une opportunité sans précédent, il y a un accord véhément sur le fait que du capital institutionnel doit être « débloqué » (un des mots favoris des conférences sur le climat) et mobilisé rapidement, et à grande échelle« .

C’est là qu’apparaît clairement l’accélération de la demande d’alignement des différents pays sur l’Accord de Paris :  » L’Accord de Paris nous oblige à diriger les flux financiers sur le financement d’un développement faible en carbone et favorable au climat. Notez le mot « oblige ». Ce qui était considéré comme non-contraignant, à moment donné, devient contraignant en pratique, lorsqu’il s’agit d’ouvrir les trésoreries et les caisses de retraite à nos suzerains entrepreneuriaux.

Aucune prise de risque, mais tous les profits. Le double langage de Wall Street est délibérément opaque. Mais si on le traduit en langage quotidien, cela veut simplement dire qu’il y a moins de risques à utiliser l’argent d’une autre personne que le vôtre :

Le financement mixte, ou le déploiement stratégique de capitaux publics ou d’autres capitaux concessionnels pour réduire les risques des investissements institutionnels, offre une réponse convaincante. Récemment, le groupe de travail sur le financement mixte, un vaste effort interdisciplinaire, a finalisé un rapport complet identifiant les principaux obstacles à la mobilisation de capitaux institutionnels à grande échelle pour atteindre les objectifs de développement durable, et a ensuite conçu un programme d’action détaillé pour surmonter ces obstacles. » [Source]

La Blended Finance Action Taskforce (Groupe de travail de l’Action pour le financement mixte) est composée de cinquante firmes majeures de la finance dont HSBC, le Credit Suisse, Citi, JP Morgan Chase, l’USAID, WEF-Sustainable Development Investment Partnership (SDIP), la Banque mondiale, Investec, la MacArthur Foundation, Allianz, la BERD, ClimateWorks (fondée par les fondations Hewlett, Packard et McKnight) et la Fondation Rockefeller. [Liste complète]

Le partenariat, coordonné par la Task Force on Philanthropic Innovation (Groupe de travail sur l’innovation philanthropique) et Aligned Intermediary, un groupe consultatif sur les investissements, a été conçu et structuré spécifiquement pour utiliser du capital gouvernemental et philanthropique et maximiser la mobilisation de capitaux privés vers les secteurs liés au climat dans les marchés émergents. [Source]

Et ici encore, la dure réalité se dévoile un peu:

Ce partenariat avec le plus grand gestionnaire mondial et ses clients investisseurs institutionnels internationaux devrait envoyer, aux gestionnaires de fonds et aux investisseurs institutionnels, le signal important qu’il y a des profits à réaliser dans des secteurs et des régions où ce capital n’a jamais été déployé

« Le partenariat visera à réaliser des investissements dans un ensemble ciblé de secteurs, notamment les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le stockage de l’énergie et les transports à faible émission de carbone et électrifiés, dans trois régions, notamment en Amérique latine, en Asie et en Afrique.

La mobilisation d’urgence climatique d’aujourd’hui doit être vue pour ce qu’elle est : une campagne stratégiquement orchestrée, financée et gérée par les institutions les plus puissantes du monde – pour la préservation du capitalisme et la croissance économique mondiale.  Il s’agit du lancement d’une nouvelle industrie de croissance dans les pays du Sud et de la création de nouveaux marchés inexploités. Ceux qui nous conduisent au précipice, la B-Team de Richard Branson, l’Open Society Foundation, Oxfam [George Soros, NdT] et nombre de ceux qui servent de visage humain au capitalisme, ont déménagé leurs bureaux ou ont créé de nouvelles divisions en Afrique et en Amérique latine.

L’impérialisme occidental est également menacé par l’émergence d’une Chine en plein essor. Et pour être clair, il n’y aura pas de « quatrième révolution industrielle » pour la classe dirigeante occidentale, si elle ne parvient pas à s’approprier de manière définitive les richesses de l’Afrique en métaux et terres rares :

Bien que des progrès significatifs aient été réalisés dans la transformation politique et économique de l’Afrique, le continent continue d’être confronté à d’importants défis. Géopolitiquement, les nouvelles alliances économiques modifient les relations traditionnelles et les sphères d’influence. » Source : WEF, 2019]

Les ONG, pour servir ou plutôt seconder leurs bienfaiteurs entrepreneuriaux, ont déclenché une véritable tempête médiatique (résumée par le mantra « notre maison est en feu ») – afin de provoquer une « révolution climatique ». L’énergie collective de l’Occident, qui provient du mécontentement sociétal croissant, est captée et utilisée – transcendée pour en faire une nouvelle arme de choix pour coloniser les pays du Sud global. C’est une révolution climatique en paroles seulement, son urgence n’a rien à voir avec la protection de notre Terre – ou du climat – ni aujourd’hui, ni demain. Il s’agit en fait de sauver, de protéger et d’étendre l’économie capitaliste – au détriment de notre planète déjà décimée. Et rien d’autre. Ce nouvel assaut de dévastation et de pillage de l’environnement – au nom de la révolution climatique – fera passer toute la violence historique de l’homme moderne contre la nature, jusqu’à ce jour, pour du babillage d’enfants de chœur.

Pourtant, rien de tout cela ne devrait nous surprendre. Comme ce sont les oligarques qui ont financé, façonné et largement géré le mouvement climatique, il est tout naturel qu’ils soient les seuls à en bénéficier. Les élites au pouvoir ont reconfiguré notre oppression en révolution et nous l’ont revendue. A travers l’exploitation de jeunes innocents, qui à leur tour ont exploité nos émotions et nos peurs collectives, nous l’avons avalée.  Et bientôt, la jeune Greta, et tous les jeunes qu’ils ont exploités, seront abandonnés sur le bord de la route. C’est la marche tout à fait normale du capitalisme.

L’expérience Asch : « Dans les années 1950, Solomon Asch a mené et publié une série d’expériences qui ont démontré à quel point les opinions d’un individu sont influencées par celles d’un groupe majoritaire. » [1m:57s][Vidéo non traduite, NdT]

Cory Morningstar est journaliste d’investigation indépendante, écrivain et militante écologiste. Elle se concentre sur l’effondrement écologique mondial et l’analyse politique du complexe industriel à but non lucratif. Elle réside au Canada. Ses écrits récents ont été publiés sur Wrong Kind of Green, The Art of Annihilation et Counterpunch. Ses écrits ont également été publiés par Bolivia Rising and Cambio, une parution officielle de l’État de Bolivie.

Traduction Dominique Muselet pour Entelekheia
Photo de la page d’accueil Alexas Fotos/Pixabay

Notes et références :

[1] Le photographe Nat Finkelstein a revendiqué l’expression, déclarant qu’il photographiait Warhol en 1966 pour un projet de livre. Une foule s’est rassemblée pour essayer d’être sur la photo et Warhol aurait dit que tout le monde veut être célèbre, ce à quoi Finkelstein aurait répondu : « Oui, pendant environ quinze minutes, Andy ». Le phénomène est souvent utilisé en référence à des personnalités de l’industrie du divertissement ou d’autres domaines de la culture populaire. » [Wikipedia]
[2] Nous travaillons avec des individus et des organisations qui s’intéressent aux problèmes auxquels nous sommes confrontés en tant qu’êtres humains et qui respectent nos lignes directrices en matière de partenariat. Nous offrons notre plate-forme aux scientifiques, aux écologistes, aux activistes et à tout individu, groupe ou organisation, y compris les candidats politiques qui répondent à ces directives. Uphill Media est la suite de Bernie2016 TV et Political Revolution TV. Nous sommes un réseau de médias indépendants à but non lucratif 501(c)(3)3 qui se concentre sur l’information de l’électorat par le biais de l’engagement sur Internet. En savoir plus @ http://UphillMedia.org  The Democratic Party of Oregon 2018 Platform. https://www.dpoplatform.org/ »[Source : YouTube]
[3] « Certains disent que nous n’en faisons pas assez pour lutter contre le changement climatique. Mais ce n’est pas vrai. Parce que pour « ne pas en faire assez », il faut faire quelque chose. Et la vérité, c’est que nous ne faisons rien du tout. Oui, certaines personnes en font plus qu’elles peuvent, mais elles sont trop peu nombreuses ou trop éloignées du pouvoir pour faire une différence aujourd’hui. Certains disent que la crise climatique est une chose que nous avons tous créée. Mais ce n’est qu’un autre mensonge commode. Parce que si tout le monde est coupable, personne n’est à blâmer. Et quelqu’un est à blâmer. Certaines personnes, certaines entreprises et certains décideurs en particulier a [sic] su exactement quelles valeurs inestimables ils sacrifient pour continuer à gagner des sommes d’argent inimaginables. Je vous demande de vous tenir du bon côté de l’histoire. Je vous demande de vous engager à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour pousser votre propre entreprise ou votre gouvernement dans le sens d’un monde à 1,5 degrés. Vous vous engagez à le faire ? Voulez-vous vous engager à vous joindre à moi et aux gens du monde entier pour faire tout ce qu’il faut. [Écran : #Whateveriteveritakes]
[4] « La Climate Mobilization (Mobilisation Climatique) est une organisation (c) (4) à but non lucratif et une organisation sœur du Climate Mobilization Project (Projet de Mobilisation Climatique) (501(c) (3). La Mobilisation Climatique soutient la mission du Projet de Mobilisation Climatique à travers le lobbying direct et le travail politique. » Source : Site de la Climate Mobilization ][Source]

[5] Nos organisateurs sont intervenus avec succès lors des élections primaires démocratiques de 2016, faisant entrer la mobilisation climatique à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale dans la discussion en faisant pression sur le candidat présidentiel Bernie Sanders (I-VT) pour qu’il adopte cette idée. En juillet 2016, la nécessité d’une mobilisation à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale a été adoptée par la Plate-forme du Parti démocrate grâce à Russell Greene, conseiller et allié de la Climate Mobilization, qui a été nommé au comité de la plate-forme par Bernie Sanders. Cet engagement a été réaffirmé en août 2018 lorsque le Comité national démocrate a adopté une résolution appelant à « une mobilisation sociale et économique nationale » pour  » répondre à l’urgence climatique » et « restaurer un climat sûr ». [Source]
[6] Mission Innovation : « Mission Innovation (MI) est une initiative mondiale de 23 pays et de la Commission européenne (au nom de l’Union européenne). Ces 24 membres se sont engagés à chercher à doubler l’investissement public dans la recherche et le développement en matière d’énergie propre, et s’engagent avec le secteur privé, encourageant la collaboration internationale et célébrant les novateurs. » [Source]

Mission Innovation, États membres :

[7] 6 décembre 2018, « Margaret Klein Salamon parle aux fondateurs de XR »[Source]

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