Macron avertit le Royaume-Uni qu’il risque de devenir un vassal des USA. Il a probablement demandé l’autorisation de Merkel

Brexit, UE, Sortie, Frexit, BCE, souveraineté, monétaire,

Par Simon Rite
Paru sur RT sous le titre Macron warns UK could become US vassal state. I bet he asked Merkel first


Le président français a averti Boris Johnson que la Grande-Bretagne risque de devenir un état vassal de Washington après le Brexit. C’était un coup bas, mais une nouvelle qui n’a surpris personne à Londres, la capitale du 51ème État des USA.

Bien sûr, ce qu’Emmanuel Macron n’a pas admis lors de sa rencontre avec le Premier ministre britannique à Paris, c’est que la situation n’est guère plus brillante pour lui. Ni la Grande-Bretagne ni la France ne peuvent s’offrir le luxe d’éviter une vassalisation ou une autre ; tout ce qu’ils peuvent faire est de se choisir un maître. Ou un Meister.

Il faut vraiment du culot à Macron pour sermonner un dirigeant qui est en train de supplier pour obtenir la permission de reprendre le contrôle de son propre pays sur la menace de devenir un État vassal.

Il a eu l’audace de prétendre que s’appuyer sur un futur accord commercial américain pour atténuer l’impact du Brexit, signifie que la Grande-Bretagne finira simplement par être un pays-client des États-Unis en disant : « Le coût pour la Grande-Bretagne d’un Brexit dur – parce que la Grande-Bretagne en sera la principale victime – peut-il être compensé par les États-Unis d’Amérique ? Non… Même si c’était un choix stratégique, ce serait au prix d’une vassalisation historique de la Grande-Bretagne…  Je ne pense pas que ce soit ce que veut Boris Johnson. Je ne pense pas que c’est ce que veut le peuple britannique. »

Eh bien, nous savons ce que veut le peuple britannique, mais l’obtenir est une toute autre paire de manches.

Cette idée de domination étrangère semble peser sur l’esprit de Macron. L’année dernière encore, il a tenu à rappeler que la France est un « allié » des États-Unis et non un « Etat vassal ». Monsieur Macron fait trop de protestations, ce me semble. *

A le voir si intransigeant sur l’indépendance de la France face aux caprices de Washington, il serait intéressant d’entendre son point de vue sur le rôle que Berlin joue dans la gestion de la France.

Être membre de l’UE est en soi un exercice de transfert de pouvoir souverain aux autres membres de l’Union, et plus précisément à l’Allemagne. La France de Macron est assez fière et s’illusionne assez pour croire qu’elle est assez grande pour faire contrepoids aux Allemands, mais ce n’est pas le cas.

Quand des problèmes se font jour, l’Allemagne s’assure toujours de couvrir ses arrières. Demandez simplement aux Grecs ce qui s’est passé lorsqu’ils ont eu besoin que leurs frères et sœurs européens fassent preuve d’un peu de solidarité pendant la crise financière. Ils ont été forcés d’accepter une dure austérité qui s’est avérée très avantageuse pour Berlin.

Les Brexiteers britanniques considèrent l’adhésion à l’UE comme une cession de souveraineté aux bureaucrates de Bruxelles et aux tribunaux étrangers, et au bout du compte à Berlin via Paris.

Dans son déclin, il est vrai que Londres ne peut pas faire grand-chose pour éviter d’être l’État-client de quelqu’un, mais au moins, il y a du pragmatisme dans le fait que le Royaume-Uni vise un accord commercial avec Washington.

Les Britanniques ont longtemps dû vivre avec l’étiquette de 51ème État américain, alors pourquoi ne tirer quelques profits d’être le… comment dire… partenaire junior de Washington, ce qui est la manière aimable de décrire leur relation dite « spéciale » ?

Les Britanniques sont des toutes façons entraînés dans toutes les guerres malavisées et les aventures douteuses de la politique étrangère américaine ; pourquoi ne pas voir si Washington serait prête à jeter un os de libre-échange à son caniche préféré en échange ?

L’avertissement de Macron à Boris Johnson venait du dirigeant d’une nation fière et indépendante, mais je parie qu’il a demandé à Angela Merkel l’autorisation de l’émettre.

Je pourrais également mentionner l’OTAN (le mécanisme par lequel l’ensemble de l’UE sous-traite sa défense aux États-Unis), mais c’est une autre histoire…

Traduction Entelekheia

* Note de la traduction :
« Monsieur Macron fait trop de protestations, ce me semble » est une citation du Hamlet de Shakespeare détournée : « La dame fait trop de protestations, ce me semble » (traduction de Victor Hugo).

1 réponse

Ajouter un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :