Hong-Kong : un infiltré chez les « chemises noires » raconte

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A la base des émeutes de Hong Kong, on trouve le même ressort qu’en Ukraine post-Maïdan : une haine ethnique fabriquée de toutes pièces, avec un violent rejet envers les Russes dans un cas, de la sinophobie dans l’autre, et dans un cas comme dans l’autre, savamment attisée par des intérêts étrangers. Récit d’un Hongkongais infiltré chez les émeutiers.


Par Thomas Hon Wing Polin
Posté sur Facebook sous le titre Undercover in Hong Kong : behind the blackshirt lines


Pourquoi tant de jeunes Hongkongais sont-ils si en colère ? Pourquoi détestent-ils tant la Chine, alors que Hong Kong, sous la souveraineté de Pékin, est visiblement plus libre et plus démocratique qu’elle ne l’a jamais été sous les Britanniques ? Qu’est-ce qui rend leurs émeutiers de première ligne si violents, tels des zombies ? Qu’est-ce qui les motive vraiment ?

Le récit suivant circule sur diverses plate-formes en ligne. Il s’agirait de quelqu’un qui s’est joint aux chemises noires pendant deux mois et qui les a observés de près. Les observations semblent correspondre à d’autres observations directes et indirectes :

« Après deux mois de contact sous couverture, j’ai pu sonder la pensée de certains des chemises noires. Il m’avait été difficile d’être admis dans leurs rangs et d’être accepté. Mais après avoir crié des slogans avec eux et critiqué le gouvernement, j’ai réussi le test et je suis devenu une chemise noire. Mais j’ai découvert des choses surprenantes après avoir commencé à comprendre la mentalité des émeutiers.

La plupart des jeunes chemises noires ont l’air modérés, arborant même souvent des sourires innocents. Comment de telles personnes ont-elles pu avoir le courage de pratiquer le dangereux sport d’adultes que sont les émeutes urbaines ? Il s’avère que les chemises noires ont un grand besoin de reconnaissance. Sans les émeutes, ils ne se seraient pas rencontrés. Garçons et filles auraient passé leur adolescence confinés à la maison. Travaillant de longues heures, leurs parents négligent la communication familiale. Mais après avoir rejoint le corps des émeutiers, ces jeunes gens ont eu la reconnaissance de leurs « pairs ».

Leur besoin extrême d’approbation n’est pas quelque chose que le camp de l’establishment comprend. Ayant dépassé leur jeunesse, les membre de l’élite pèsent soigneusement les conséquences avant de passer à l’action.

Quant aux jeunes, ils s’encouragent mutuellement et prennent soin les uns des autres. Les garçons deviennent rapidement des compagnons d’armes, tandis que garçons et filles deviennent amants. Certaines jeunes femmes s’offrent librement, surtout à ceux qui combattent vaillamment la police en première ligne. Des jeunes hommes auparavant timides avec les filles se retrouvent aujourd’hui adoptés, même par des femmes bien nées et aisées qu’ils n’auraient jamais rêvé d’approcher en temps normal.

La célébrité, le sexe et la reconnaissance des pairs sont de puissants stimulants pour des efforts toujours plus héroïques sur le champ de bataille. Au début de chaque émeute, des groupes de trois à cinq personnes se parlent. Les membres du noyau dur peuvent bénéficier d’un « traitement médicamenteux ». Les organisateurs distribuent des drogues pour endormir les nerfs, afin de mieux résister aux coups de matraque de la police. *

Je les interroge souvent sur leurs objectifs politiques. Mais à part crier des slogans sur les « cinq revendications » et d’autres questions, ils discutent rarement de sujets politiques. Cela vaut même pour leurs revendications emblématiques sur le « double suffrage universel » (chef de l’exécutif et du législatif) et « l’anti-extradition vers la Chine ». Au début, j’ai trouvé cela étrange : les chemises noires qui se sacrifient pour des causes politiques sont réticents à discuter de politique. De fait, leurs conversations se cantonnent le plus souvent à des commentaires racistes contre les nouveaux immigrants et les Chinois du continent. Par exemple, sur leur comportement censément non civilisé et la façon dont les nouveaux arrivants ont « volé » les ressources locales.

Ce n’est qu’après presque deux mois d’association avec les chemises noires que j’ai compris une deuxième raison de leur émeute. Ils veulent être reconnus dans le monde entier.

Ils croient que les habitants de Hong Kong doivent se différencier des Chinois du continent. Ils sont particulièrement préoccupés par la façon dont le monde voit les Hongkongais. Ils ne souhaitent pas être « ravalés » au rang des autres dans un cadre souverain unique. Cela peut sembler ridicule, mais le désir d’indépendance de ces jeunes de Hong Kong est motivé par une inquiétude profonde sur le fait de… sauver la face. Bien sûr, un catalyseur doit être présent pour qu’un explosif se déclenche. Et le projet de loi d’extradition a fourni la mèche qui a été allumée par des instigateurs, dans les coulisses.

Malheureusement, en faisant grimper les enjeux à ce point, ces jeunes gens désireux de sauver la face ont été encouragés de façon létale par la montée en puissance des médias sociaux. Facebook est un nid de désinformation et d’incitation à la haine contre le peuple chinois, cela n’y a pas de fin. Des écrivains sinophobes bien connus répandent inconsciemment de la propagande noire. Cette génération de jeunes Hongkongais a subi un lavage de cerveau sévère, jusqu’à les rendre nazis. Des notions comme la compassion et la diversité sont balayées. Leurs cœurs sont pleins de haine, du genre qui détruit les fondements de la nature humaine. Si ces jeunes endoctrinés avaient le pouvoir de faire la guerre à la Chine continentale, ils tueraient sans hésiter, comme les agresseurs japonais d’autrefois.

Je suis tombé sur une autre « coïncidence » à propos des émeutiers en chemises noires. Beaucoup de leurs guerriers de première ligne portent le nom Nguyen. Il est bien connu qu’il y a des centaines de milliers de Vietnamiens et leurs descendants à Hong Kong. Anciennement issus du Sud-Vietnam anticommuniste, ils étaient venus à Hong Kong comme réfugiés à la fin des années 1970. Nguyen est un nom de famille vietnamien des plus courants. Les premiers à réclamer « l’indépendance de Hong Kong » venaient de leurs rangs. Ils n’étaient en effet pas chinois. Avec d’autres détracteurs de la Chine motivés par des considérations politiques, les descendants de ces Sud-vietnamiens immigrés ont aidé à saturer les plates-formes en ligne avec des messages anti-chinois en chinois et en anglais. Bien sûr, c’est trop demander à leur jeune public de passer du temps à vérifier leurs affirmations. Ces derniers ont tout simplement pris le train en marche et participé à la fête de la haine contre la Chine. Ils en sont venus à se considérer comme des Hongkongais et non plus comme des Chinois de Hong Kong.

J’ai compris qu’un des premiers moteurs de guerre ne tient pas aux conflits politiques, mais à la haine de l’autre – raciale ou ethnique. Hitler a incité les Allemands à haïr les Juifs, puis a pris le pouvoir en Allemagne et a fait la guerre à l’Europe. Les Japonais avait étiqueté la Chine « l’homme malade de l’Asie de l’Est » pour lancer une guerre d’agression contre le pays. Des conflits ont également été alimentés en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique par l’incitation à des animosités ethniques. Comprenant cela, les forces anti-chinoises à Hong Kong n’ont cessé de diaboliser et d’inciter les jeunes de la région à la haine contre les Chinois pour servir leurs propres fins politiques.

Mon cœur saigne de plus en plus à chaque paragraphe que j’écris. Les différends politiques peuvent être résolus par la recherche d’un terrain d’entente. Mais la haine ethnique est difficile à éradiquer, car elle est comme un poison qui s’infiltre dans le cerveau. Ce n’est que lorsque la maladie est identifiée que des médicaments appropriés peuvent être prescrits. J’ai entrevu l’affliction, mais je n’ai aucune idée de ce qu’est le bon médicament. J’espère que nous pourrons travailler ensemble pour trouver un remède à la haine qui infecte nos jeunes, avant qu’il ne soit trop tard. »

Thomas Hon Wing Polin est un journaliste basé à Hong Kong.

Traduction du chinois à l’anglais Thomas Hon Wing Polin, de l’anglais en français Entelekheia

*Note de la traduction :

Au vu des différentes vidéos postées sur les réseaux sociaux, on ne peut qu’être frappé par l’extrême violence des émeutiers de Hong Kong, qui agissent effectivement « comme des zombies ». Aucun rapport avec nos « black blocs » : là-bas, ils portent souvent des armes à feu, manient volontiers les produits incendiaires et selon des observateurs, passent à tabac des touristes chinois, etc.

L’auteur parle de drogues ; cela correspond à l’histoire de Hong Kong, qui est restée pendant toute sa période coloniale une plaque tournante du trafic de drogue mondial. Vérification faite, il semble que ce soit encore le cas, au moins pour la facilité avec laquelle les résidents peuvent s’en procurer. Le degré de violence des protestataires suggère des amphétamines, or effectivement, selon le South China Morning Post, une publication anti-Pékin non suspecte de propagande en faveur de la Chine continentale, la drogue préférée des jeunes hongkongais est la méthamphétamine ou « crystal meth ». Sa consommation relèverait de l’épidémie. Un rapport ou pas, à vous de décider.

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