Brexit : trop de politiciens remainers vivent dans un film d’épouvante de série B

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Ignorance, catastrophisme, démagogie chez les députés remainers… et comme nous le savons bien, ce serait exactement la même chose en France si nous tentions de partir de l’UE. Le point à noter : bien que l’on soupçonne que les cris d’orfraie des politiciens remainers cachent des considérations de compte en banque ou de carrière très concrètes, face au public, leurs tentatives de paniquer la population, au lieu d’argumenter sainement et de prouver le bien-fondé de leur position, démontrent à elles seules que l’européisme n’est pas économiquement défendable.


Par Austin Mitchell
Paru sur Brexit Central sous le titre Too many of our Remainer politicians are living in a horror-filled fantasy land of fear and economic ignorance


La grande majorité de la population britannique est retournée vaquer à ses affaires en se demandant pourquoi les politiciens sont encore mentalement bloqués dans l’UE. De son côté, notre classe politique est entrée dans un monde fantastique. La terreur, l’effroi, des horreurs indescriptibles hantent le pays dans les histoires à dormir debout qu’ils ont inventées dans leur volonté désespérée de maintenir la Grande-Bretagne dans l’UE.

C’est un royaume de terreur pire qu’un film de la Hammer.* La démocratie agonise, le Parlement est fermé, peut-être pour toujours, avec un Boris Hulk qui piétine la Constitution et conduit le pays à la ruine, au chômage de masse, à l’effondrement des services de santé, à l’émigration de masse, à des émeutes raciales et à la fermeture de toutes les entreprises étrangères, de la production automobile jusqu’à la pizzeria Luigi’s de Sowerby Bridge.

Tout cela est conçu pour effrayer les gens et qu’ils retournent dans leur petite boîte. Mais l’effet réel en est de chasser la raison. Il est difficile de prendre des décisions sensées sur des points économiques de base ou de discuter des avantages et des inconvénients du Brexit si la peur chasse la rationalité et que le débat est noyé sous des hurlements de terreur.

Tout cela est stupide. Une suspension de neuf jours du Parlement pour permettre aux députés d’aller faire un peu de sport après trois ans de jacasseries contre le Brexit ne signale pas précisément la mort de la démocratie. Un Premier ministre sans majorité ne peut pas être un dictateur. Le départ de l’UE stoppera la saignée économique dont nous sommes victimes au lieu de nous ruiner – et un départ sans accord n’annulera même pas la retraite de Peter Mandelson [député européen, NdT].

Prenons les affirmations sur le « No Deal ». Le problème ne tient pas à un saut dans l’inconnu, mais à être privés de la liberté de partir enchâssée dans l’article 50. Nous ne voulons pas de départ sans accord. Mais nous voudrions aussi que l’UE négocie sérieusement. Une UE si aimée de ses défenseurs ne crucifierait quand même pas la Grande-Bretagne simplement parce que nous refusons de construire je ne sais quel empire européen dont la plupart des peuples d’Europe ne veulent pas non plus ?

Si l’UE est assez stupide pour devenir cruelle, elle se fera autant de mal à elle-même qu’à nous. La Grande-Bretagne est le consommateur de dernier recours de l’UE, un marché captif qui enregistre un déficit de 100 milliards de livres sterling. Une UE au bord de la récession ne peut pas se permettre de s’en priver. Qui va acheter les Mercedes ? Même s’ils étaient assez bêtes pour dresser des barrières, le tarif douanier extérieur moyen n’est que de 3%, ce qui sera facilement compensé par le taux de change plus compétitif qui viendra avec le Brexit. Les droits de douane totaux sur nos exportations vers l’UE seraient inférieurs à nos contributions actuelles, tandis qu’un droit de douane britannique aux conditions de l’OMC fournirait des recettes supplémentaires utiles pour compenser les dommages éventuels causés ici.

Les transports routiers, ferroviaires et aériens ne seront pas arrêtés. S’il y a des files d’attente de camions à Douvres, il y a toute une série d’autres ports, le long de nos côtes et des leurs, qui seront bien contents de faire des affaires.

En ce qui concerne les denrées alimentaires, la politique agricole commune en maintient les prix au-dessus des niveaux du marché mondial, et toute une série de pays en développement, qui sont actuellement exclus du marché de l’UE, seraient heureux de nous approvisionner.

L’UE n’a jamais tenu ses promesses. La croissance rapide de l’économie s’est ralentie en grande partie à cause de la politique déflationniste de l’euro. La convergence n’a pas eu lieu parce qu’elle nécessiterait une redistribution que l’Allemagne n’accepte pas. Le grand marché qu’on nous avait promis a été phagocyté par l’Allemagne, et boitille aujourd’hui derrière l’Amérique et l’Asie, à mesure que sa part du commerce mondial diminue et que celles d’autres augmentent.

Les fantaisistes ne comprennent rien à l’économie. Ils supposent que le capitalisme britannique est trop faible pour savoir saisir de nouvelles opportunités. Ils ignorent la pression constante de l’UE sur les emplois, l’argent et la demande britanniques et supposent que le gouvernement veut, pour une raison inexpliquée, détruire l’économie qui soutient notre peuple et lui. Ils oublient que nos difficultés actuelles sont les conséquences de l’austérité et ne comprennent pas que le gouvernement peut, et doit dépenser pour stimuler l’économie et compenser les problèmes immédiats. En fait, le Brexit est peut-être le seul moyen de tirer les Tories de l’économie de cochon-tirelire que David Cameron aurait voulu renforcer.

Ce départ de la rationalité vers une terre fantastique d’épouvante et d’ignorance économique pourrait être un réconfort pour ceux qui aiment l’UE plus que leur propre pays. Pourtant, cela n’effraie pas la population et ne constitue certainement pas une bonne raison de rejeter leur demande d’abandon d’une structure qui nous saigne, nous punit, nous emprisonne et veut nous réduire à faire partie d’un mausolée fédéral.

Austin Mitchell a été député du Labour entre 1977 et 2015.

Traduction et notes Entelekheia
Photo Enrique Meseguer/Pixabay

*Note de la traduction : La Hammer Films Production était une compagnie britannique spécialisée dans le film d’horreur créée en 1934. Elle s’est rendue mondialement célèbre avec des séries de films aujourd’hui « cultes » comme celles des Dracula (avec Christopher Lee et Peter Cushing).

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