Quelles relations USA-Russie sous une hypothétique administration Sanders ? par un ancien conseiller d’Obama

Interview menée par Natylie Baldwin
Parue sur Consortium News sous le titre Interview: Obama Russia Adviser on Cold War Liberals et Natylie’s Place sous le titre Foreign Policy Thinking In The State Dept. & In The Democratic Party: Interview With Former State Dept. Russia Adviser James Carden


Natylie Baldwin interroge l’ancien conseiller James Carden sur ses opinions en matière de politique étrangère du Département d’État américain et au sein du Parti démocrate, notamment dans la campagne de Bernie Sanders.

Natylie Baldwin : Comment avez-vous acquis votre expertise sur la Russie ?  Comment êtes-vous devenue conseiller pour la Russie au Département d’Etat en 2011 ?

James Carden : Je suis devenu conseiller pour la Russie au Département d’État grâce à la Franklin Fellowship, un programme destiné aux personnes en milieu de carrière qui souhaitent apporter une contribution aux États-Unis. Je venais de rentrer d’un semestre de troisième cycle (après avoir obtenu ma maîtrise à l’université Johns Hopkins) dans l’institution équivalente à Moscou, où j’ai suivi des cours de langue russe et d’autres cours sur la politique étrangère russe. C’était très éclairant. J’étais dans le programme pour les étrangers, un seul autre Américain était avec moi et il était clair qu’il y avait quelque chose d’un peu « décalé » dès le départ. Le seul autre Américain, un camarade de classe – parlant russe, contrairement à moi – qui venait de Columbia, m’a dit que le doyen ou le doyen associé l’avait prise à part et lui avait dit, à notre grand amusement – qu’ils « savaient » qu’elle et moi étions de la CIA.

Ma réponse a été en gros : « J’aimerais bien. Un salaire et un accès à des soins de santé, ce serait bien ».

Baldwin : Votre service au Département d’État s’est passé sous la direction d’Hillary Clinton – du moins, au début.  Quelle était l’attitude envers la Russie et l’Ukraine à cette époque et quelle en a été votre expérience ?

Carden : Je pensais en fait que pour la plupart (à une exception importante près), les FSO [Foreign Service Officers, officiels des affaires étrangères] étaient, eh bien, beaucoup d’entre eux étaient neutres envers la Russie. Les personnes nommées pour des raisons politiques étaient correctes – ou du moins celles que j’ai rencontrées.  Mais j’ai commencé à me poser des questions :  Pourquoi ce manque de réflexion sur le pays ? (Après tout, le bureau Russie partageait un immeuble avec d’autres bureaux, qui couvraient un certain nombre d’anciens États soviétiques). La réponse était qu’à l’exception du chef de bureau, ces personnes ne savaient rien sur la Russie. Ce n’était pas leur faute. C’est ainsi que le service des affaires étrangères est organisé. Vous avez une expertise, disons, sur la Chine ? Vous passerez une grande partie de votre vie professionnelle, disons, en Amérique latine. Cela n’a aucun sens.

Baldwin : Avez-vous pu déterminer si le vice-président Joe Biden avait des connaissances ou un intérêt particulier pour l’Ukraine qui expliquerait pourquoi il est devenu la personne de référence de l’administration Obama après le déclenchement de la crise ukrainienne ?

Carden : Non. J’étais déjà parti à ce moment-là. Je pense que le fait qu’il ait nommé Joe Biden comme personne de référence sur une question aussi cruciale que l’Ukraine reflète le profond désintérêt d’Obama pour les affaires européennes. Il me semblait qu’Obama avait délégué sa politique sur la crise ukrainienne à sa Secrétaire d’État adjointe Toria [Victoria] Nuland et à l’ambassadeur en Ukraine de l’époque, Geoffrey Pyatt, avec des résultats désastreux.

Baldwin : En ce qui concerne le processus d’impeachment [de Trump] que nous avons observé, il semble que le Parti démocrate mette l’accent sur un cadre de Guerre froide concernant l’Ukraine et la Russie.  Qu’en pensez-vous ?

Carden : Je ne suis pas particulièrement surpris. Une partie du problème est liée au personnel, nombre de ceux qui conseillent les politiciens de Washington ou du Parti démocrate n’arrivent même pas à remonter dans leur tête jusqu’en 1989. Que veut dire 1989 pour vous et moi ? Eh bien, évidemment la chute du mur de Berlin et la fin de la Guerre froide. Que signifie 1989 pour l’employé moyen ? Ils n’ont aucun souvenir de la première Guerre froide et, par conséquent, aucune idée de la façon dont la guerre froide actuelle pourrait être encore plus dangereuse.

Cela tient en partie, bien sûr, au vieil adage « l’endroit où vous êtes assis détermine votre position ». Prenez donc Adam Schiff. Schiff a des intérêts dans l’industrie de la défense dans son district, il en tire de l’argent pour ses campagnes électorales et par conséquent – comme l’indique un très bon article paru récemment dans Jacobin mag – il est toujours partant pour une nouvelle guerre.

La raison sous-jacente de l’adhésion du Parti démocrate à la mentalité de la Guerre froide a cependant trait, bien entendu, aux élections de 2016. Si les choses s’étaient passées autrement – comme cela aurait pu se produire si Clinton avait un peu plus fait campagne dans le Michigan ou le Wisconsin – nous n’aurions pas entendu parler de « l’intervention russe » si médiatisée. Mais elle a perdu et son équipe a pris la question de l’ingérence russe (qui, je suis désolé, était négligeable) et l’a démesurément gonflée afin de détourner les reproches de leur propre chef. Aujourd’hui, Robby Mook [directeur de la campagne d’Hillary Clinton en 2016, NdT] dirige un cours sur la « désinformation » à Harvard. Quel monde.

Baldwin : Selon vous, quel est le plus grand obstacle, au sein du gouvernement, à l’amélioration des relations américano-russes ? Quel rôle jouent les facteurs suivants :

1. des « experts russes » mal formés

2. l’idéologie – en particulier, le néoconservatisme et l’interventionnisme humanitaire ;

3. l’influence du complexe militaro-industriel ?

Carden : Si c’est un choix multiple, je dirais « 4 » – tout ce que vous énoncez joue un rôle.

Baldwin : Vous avez récemment écrit un article très intéressant [lien en français ici] sur The American Conservative intitulé « Meet the Cold War Liberals » (« Je vous présente les libéraux de gauche de la Guerre froide »).  Vous y discutez de certains des principaux candidats démocrates – qui sont considérés comme les plus progressistes, dont le sénateur Bernie Sanders – et de leurs idées en matière de politique étrangère, telles qu’ils en ont discuté publiquement.

Il semble qu’un thème commun émerge des États-Unis et d’autres démocraties du monde : une lutte contre un axe de gouvernements « autoritaires ».  Cela pose problème à de nombreux niveaux. Par exemple, cela entretient l’idée profondément ancrée selon laquelle il nous faut un croquemitaine à combattre et à qui imposer notre supériorité morale. Bien que la formulation « démocrates contre autoritaires » puisse plaire à ceux qui se considèrent comme progressistes, elle trouve en partie ses racines dans l’idéologie néoconservatrice.  L’influent écrivain néocon Robert Kagan a également déclaré que nous devons nous concentrer sur les gouvernements autoritaires « qui prennent confiance en eux » dans le monde – en référence à la Russie et à la Chine – dans une interview accordée à Peter Beaumont pour The Observer en 2008.  Les néocons se sont maintenant insidieusement ancrés dans les deux grands partis. Dans cette même interview, Kagan a déclaré son soutien à la politique étrangère d’Hillary Clinton et affirmé qu’il voulait être qualifié « d’interventionniste de gauche libérale » plutôt que de néocon.  Qu’en pensez-vous ?

Carden : Eh bien, entre les néocons et les faucons de guerre libéraux de gauche – il y a une distinction, mais pas de différence. Et vous voyez que les ailes guerrières des deux partis ont façonné notre politique à l’époque de Trump. Les néocons voient les faucons libéraux comme Samantha Power et Susan Rice, et surtout Hillary Clinton, comme leur reflet dans un miroir. Ce sont simplement les deux faces d’une même pièce. Mais depuis que le président Donald Trump est entré en fonction, les libéraux de gauche ont vraiment pris à cœur le vieil (et merveilleusement faux) adage selon lequel « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ». Il faut être assez bête pour croire à quelque chose comme ça. Et pourtant, les Démocrates centristes, incapables de se remettre de l’échec d’Hillary aux élections, sont devenus ce qu’ils ont longtemps prétendu mépriser.

Baldwin : Bien que Sanders ait dit des choses louables dans son discours de Westminster (par exemple sur les priorités budgétaires, la résolution de nos problèmes internes, l’expansion de la diplomatie), pourquoi semble-t-il adopter ce cadre de « nous-contre-les autoritaires » ? Pensez-vous que cela laisse présager qu’une administration Sanders pourrait se laisser entraîner dans un changement de régime à l’étranger s’il était présenté comme « soutenant les forces démocratiques » contre des régimes autoritaires ? Soutenir les « forces démocratiques » dans d’autres pays que nous jugeons insuffisamment démocratiques sera sans doute perçu par le pays cible comme une ingérence dans ses affaires intérieures. Cela semble également être tout à fait typique de la CIA et du NED [National Endowment for Democracy] en termes de facilitation de coups d’État.  Qu’en pensez-vous ?

Carden : Je ne peux pas citer de noms ici, mais je vais vous dire ceci : L’année dernière, j’étais à Capitol Hill et je suis tombé sur une de mes sources, une personne de type très, très pro-Bernie. Nous nous sommes mis à parler de la prochaine course à la présidence et le sujet Bernie est venu dans la conversation. J’ai été assez surpris quand cette personne m’a dit, sans que je l’y ai trop poussée, que quels que soient les mérites de Bernie en tant que personne, en tant que membre du Congrès, en tant que président potentiel, elle pensait qu’il serait rapidement et facilement embobiné par ce que le président Obama appelait « le Blob » [l’État profond pro-guerre des USA, NdT]. Cela m’est resté. Néanmoins, je voterai volontiers pour M. Sanders, comme je l’ai fait lorsque je lui ai écrit le jour des élections de 2016.

Je pense qu’une partie de la raison pour laquelle Sanders a adopté l’état d’esprit « nous contre eux » tient à ses conseillers issus de l’activisme progressiste. Comme nous l’avons vu, il est très en vogue parmi ceux-là de dire : « Eh bien, nous ne sommes pas pour les guerres de changement de régime, mais nous allons adopter une ligne dure contre les autoritaires mondiaux comme Poutine, Orban et Xi parce qu’ils ne partagent pas notre politique éclairée ». C’est une façon de paraître « sérieux » face à l’establishment de la politique étrangère dont, bien sûr, ils veulent désespérément faire partie, même s’ils ne l’avoueraient jamais à leurs pairs sur Twitter. Je dirais que c’est ce qui m’inquiète le plus au sujet d’une éventuelle présidence Sanders. C’est un moyen qui permettra aux faucons de guerre libéraux de gauche d’entrer par la porte arrière.

Baldwin : Sanders renforce régulièrement le cadre du Russiagate, qualifie [le président russe Vladimir] Poutine de « dictateur brutal » et ne semble pas avoir une très bonne compréhension de la Russie contemporaine – l’autre superpuissance nucléaire du monde.  Il a cependant appelé à une diplomatie de contrôle des armements. Que pensez-vous qu’une administration Sanders pourrait faire en termes de relations américano-russes ?

Carden : Elle serait meilleure sur le contrôle des armements, mais assez mauvaise ailleurs. C’est bien que la campagne de Bernie dise ce qu’il faut de temps en temps, mais en réalité, courir prendre des selfies avec Pussy Riot est plutôt mauvais signe. Et après, qu’est-ce que ce sera, William Browder en ambassadeur ? Pitié !

Il semble qu’il pourrait avoir besoin de leçons de la part de quelqu’un comme Stephen F. Cohen. A part cela, je ne m’attends pas à ce que les relations américano-russes progressent beaucoup tant que Poutine ne quittera pas la scène, s’il la quitte. Mais alors, bien sûr, nous ferons les mêmes erreurs que d’habitude : nous idéaliserons trop le nouveau leader russe, nous le rêverons comme « notre genre de gars », puis nous serons inévitablement déçus lorsqu’il s’avérera qu’il ne veut pas de troupes américaines à ses frontières et qu’il poursuit des intérêts géopolitiques opposés aux nôtres. Alors, la spirale de la diabolisation et de la guerre froide se renouvellera.

Sanders ferait beaucoup de bruit au sujet des kleptocrates et des oligarques russes, mais il n’insisterait probablement pas sur la question de l’expansion de l’OTAN ou la défense antimissile, de sorte que sur ce point, il serait bien supérieur à quelqu’un comme Biden ou [la sénatrice Amy] Klobuchar.

Baldwin :  Un article récent de Joe Biden dans Foreign Affairs, semble suggérer qu’il poursuivrait généralement les politiques de Bush-Obama. Bien sûr, il a joué un rôle clé dans la légitimation du coup d’État de 2014 en Ukraine et a été un grand partisan du Russiagate. Que pensez-vous qu’une administration Biden apporterait à la politique étrangère américaine en général et aux relations américano-russes en particulier ?

Carden : Un désastre – sur les deux plans. Biden serait beaucoup plus dur avec la Russie, il durcirait les tensions entre Kiev et Moscou et reprendrait probablement la question de l’expansion de l’OTAN, qui est actuellement lettre morte – au moins parmi les Européens.

Il adopterait une ligne plus dure sur l’expansion de l’OTAN et permettrait probablement que nos politiques soient dictées depuis Kiev, Varsovie et Riga. Il y aurait beaucoup de discours fallacieux sur les gloires de la Révolution de la Dignité [une référence à façon dont le coup d’État de 2014 en Ukraine a été présenté en Occident], beaucoup de discussions sur la guerre de l’information russe et pas assez sur la manière d’établir des domaines de coopération – après tout, comment pourrait-on coopérer avec un criminel comme Poutine, de toute façon ? Ce serait d’ailleurs probablement la politique de tous les Démocrates, à l’exception de Sanders ou, si par miracle elle était élue, de [la représentante Tulsi] Gabbard.

Baldwin :  Comme autre ligne directrice pour une politique étrangère plus constructive, vous évoquez la « politique de bon voisinage » de Franklin Roosevelt, qui implique les Nations unies et leur vision originelle de l’égalité de toutes les nations, dont la souveraineté serait respectée. Pouvez-vous expliquer un peu plus cette politique, son contexte historique, et pourquoi il serait bon de la considérer maintenant comme un moyen de sortir de notre politique étrangère interventionniste destructrice ?

Carden : Elle a été énoncée par Franklin Roosevelt dans son discours inaugural de 1933, puis son secrétaire d’État Cordell Hull lui a donné l’imprimatur supplémentaire de la politique officielle des États-Unis envers l’Amérique latine lors de la conférence de Montevideo tenue plus tard dans l’année, et qui a produit la convention dite de Montevideo. Cette dernière s’engageait, entre autres choses, à ce que les signataires ne s’ingèrent pas dans les affaires intérieures des autres pays. Il me semble que c’est un moyen éminemment sensé de sortir de notre situation actuelle. Je dirais qu’elle s’inspire des meilleures traditions de la politique étrangère américaine, en remontant à John Quincy Adams et George Washington.

Baldwin : Poutine a récemment fait des commentaires publics sur les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, qui se réunissent et travaillent en coopération sur la paix et d’autres questions mondiales urgentes. Il a également fait référence à l’esprit original des Nations unies. Pensez-vous que Moscou serait réceptif à une politique de bon voisinage comme base possible d’une amélioration des relations entre les États-Unis et la Russie ?

Carden : Je pense que la politique de bon voisinage est fondée sur la validité du système westphalien, donc oui, je pense qu’elle serait bien accueillie par la Russie et la Chine. Si vous regardez les déclarations publiques du [ministre russe des affaires étrangères] Sergueï Lavrov, par exemple, vous voyez les grandes lignes – ou les échos – de cette saine politique de non-ingérence. Ce serait un changement agréable d’entendre un homme politique américain rappeler cette tradition plutôt que de bêler à propos de « l’ordre international progressiste libéral » qui, bien sûr, n’est ni progressiste libéral, ni international, ni un ordre.

James W. Carden a été conseiller en politique russe au Département d’État américain. Il a écrit pour The Nation, le Los Angeles Times, Quartz, The American Conservative et The National Interest. Il est rédacteur en chef de l’ American Committee for East-West Accord et membre du conseil d’administration du Centre Simone Weil de philosophie politique.

Natylie Baldwin est l’auteur de « The View from Moscow: Understanding Russia and U.S.-Russia Relations », à paraître en avril. Elle est co-auteur de « Ukraine: Zbig’s Grand Chessboard & How the West Was Checkmated ». Elle tient un blog : Natylie’s Place.

Traduction Entelekheia

Note de la traduction : Avec ce qui est dit plus haut, il est impossible de comprendre la détestation enragée du Parti démocrate envers Bernie Sanders. Mais peut-être que, sur le sujet, Noam Chomsky peut apporter quelques lumières… Extrait de l’article Noam Chomsky: Sanders Threatens the Establishment by Inspiring Popular Movements (Sanders menace l’establishment en étant une source d’inspiration pour les mouvements populaires) sur Truthout :

Plus menaçant encore que les propositions de Sanders d’instaurer des politiques de type New Deal, je pense qu’il inspire un mouvement populaire constamment engagé dans l’action politique et l’activisme direct afin de changer l’ordre social – un mouvement de personnes, jeunes pour la plupart, qui n’ont pas intériorisé les normes de la démocratie libérale selon lesquelles les citoyens sont des « gens hors-jeu ignorants et indiscrets » qui se doivent d’être « des spectateurs, pas des participants à l’action », autorisés à mettre un bulletin dans une urne tous les quatre ans, mais qui doivent ensuite retourner à leur téléviseur et à leurs jeux vidéo pendant que les « hommes responsables » s’occupent des choses sérieuses.

Il s’agit d’un principe fondamental de la démocratie tel qu’exposé par des intellectuels américains de gauche libérale éminents et influents du XXe siècle, qui avaient pris conscience de « la stupidité de la moyenne des hommes » et conclu que nous ne devons pas nous laisser berner par « les dogmes démocratiques selon lesquels les hommes sont les meilleurs juges de leurs propres intérêts ». Ils ne le sont pas ; c’est nous qui le sommes – nous, les « hommes responsables », la « minorité intelligente ».

Le « troupeau sans but » [le peuple, NdT] doit donc être « maintenu à sa place » par des « illusions nécessaires » et des « simplifications qui jouent puissamment sur les émotions ». Ce sont là quelques-unes des déclarations de l’intellectuel public le plus influent du XXe siècle, Walter Lippmann, dans ses « Essais progressistes sur la démocratie », de Harold Lasswell, l’un des fondateurs de la science politique moderne, et de Reinhold Niebuhr, le très admiré « théologien de l’establishment (de gauche libérale) ». Tous étaient des libéraux de gauche très respectés de type Wilson-Roosevelt-Kennedy.

Être une source d’inspiration pour un mouvement populaire qui viole ces normes est une attaque grave contre la démocratie ainsi conçue, une attaque intolérable contre l’ordre établi. »

On pourra noter que Walter Lippmann (1889–1974) est l’inventeur du terme « Guerre froide » et du concept d’interventionnisme humanitaire utilisé à ce jour par l’OTAN pour justifier ses interventions militaires à l’étranger auprès de l’opinion publique. Voir à ce sujet l’article Une brève histoire de la propagande. 

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