Ce scientifique a suggéré un médicament pour traiter le Covid-19. Les « fact-checkers » l’ont traité de fake news

Le professeur Raoult, vu de l’étranger…


Par Nebojsa Malic
Paru sur RT sous le titre This scientist suggested a drug to treat Covid-19. ‘Fact checkers’ branded him fake news


Au milieu d’une panique autour de la pandémie de coronavirus, l’annonce d’un traitement potentiellement efficace a été dénoncée comme une « fake news » – alors qu’elle est présentée par un scientifique renommé fort de dizaines d’années d’expérience.

Prenez Didier Raoult, un microbiologiste français dont l’expertise est indéniable, même si certaines de ses opinions sont à peu près aussi excentriques que son apparence. Même s’il a l’air de sortir tout droit d’un roman d’Alexandre Dumas, [1] le directeur de l’Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée de Marseille a cité non pas une, mais trois sources différentes démontrant que le médicament antipaludéen appelé chloroquine est efficace pour traiter les patients atteints de Covid-19.

Cela n’a pas empêché Le Monde, le plus grand journal français, de déclarer sa vidéo du 25 février « partiellement fausse ». Le « péché » de Raoult a été d’affirmer que le médicament antipaludéen commun largement utilisé depuis des décennies a entraîné des « améliorations spectaculaires » chez les personnes atteintes par le virus.

À la suite du « fact-checking » par Le Monde, toute personne qui tentait de partager les vidéos du Pr Raoult sur Facebook a vu une bannière indiquant que l’information qu’elle contenait était « partiellement fausse », tel que « déterminé par des fact-checkers indépendants ». [2]

Le principal argument avancé par ceux qui critiquent le médicament est que des tests supplémentaires sont nécessaires avant qu’il puisse être officiellement approuvé comme traitement contre le coronavirus. Comme l’indique le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC), « il n’existe actuellement aucune donnée provenant d’essais cliniques randomisés… qui permettrait de donner des indications cliniques sur l’utilisation, le dosage ou la durée des traitements à l’hydroxychloroquine » pour le Covid-19.

Ce qui est assez juste, mais si mes observations sont bonnes, nous avons une pandémie en cours, avec des milliards de personnes enfermées chez elles et tout le business à l’arrêt à travers le monde, à la suite de prédictions apocalyptiques d’hôpitaux débordant de cadavres à cause de ce coronavirus.

Faut-il, dans ces circonstances, rejeter aussi cavalièrement tout type de traitement – en particulier un médicament qui a été utilisé en toute sécurité pendant des décennies pour traiter autre chose, avec des effets secondaires méticuleusement documentés ? Les « experts » pensent-ils vraiment que le monde peut s’offrir le luxe d’attendre des mois, voire des années, pour leurs études contrôlées en laboratoire ?

Quant aux fact-checkers, n’auraient-ils pas dû appliquer la même rigueur aux modèles qu’ils ont utilisés pour paniquer tout le monde et les pousser à stocker du papier toilette, et déclencher une dépression pire que tout ce que le monde a jamais vu ?

Poser ces questions, c’est y répondre, mais personne ne semble s’en soucier. Ce type de cécité sélective n’est pas seulement endémique en France ; de l’autre côté de l’Atlantique, les médias grand public ont élevé la voix à l’unisson contre la chloroquine après que le président américain Donald Trump en ait parlé comme d’un traitement possible – faisant apparemment référence aux travaux du Pr Raoult. [3]

Ils sont allés jusqu’à diffuser largement une histoire délibérément trompeuse sur un couple de l’Arizona mort après avoir avalé du nettoyant pour aquarium – du phosphate de chloroquine, clairement étiqueté comme non destiné à la consommation humaine – comme si c’était en quelque sorte la faute de Trump. Certains d’entre eux l’ont discrètement modifiée ensuite pour préciser la différence, mais longtemps après que l’histoire originale – impliquant qu’ils avaient pris le médicament réel dont le président avait fait l’éloge – soit littéralement devenue virale et ait empoisonné l’esprit de millions de personnes.

Pire encore, à la suite de ce blitz médiatique, le gouverneur du Nevada a en fait interdit l’utilisation de la chloroquine pour traiter les patients atteints de Covid-19 cette semaine, déclarant qu’il n’y avait « aucun consensus parmi les experts ou les médecins du Nevada » sur le fait que ce médicament anti-paludéen puisse traiter les personnes atteintes de coronavirus.

Il n’y a pas eu d’éditoriaux furibard contre Steve Sisolak, un Démocrate, pour avoir laissé les gens mourir du coronavirus plutôt que de les faire traiter avec un médicament approuvé par le président républicain – et l’objet favori de la haine des médias.

On pourrait penser que le monde paralysé par la peur de la mort invisible se jetterait sur toutes les solutions possibles, même les moins probables. Après tout, c’est ce qu’on nous montre dans les films de catastrophe de Hollywood. Pourtant, lorsqu’une solution de ce type se présente, elle est rejetée et dénoncée comme « non prouvée » !

Nous sommes censés faire aveuglément confiance aux modèles apocalyptiques produits par des pirates politiques qui sèment la panique, mais ignorer l’homme qui dit que le médicament l’a ramené de la mort, même si son histoire peut être facilement vérifiée et la leur non.

« Préférer les opinions aux faits est une maladie », a déclaré le Pr Raoult au magazine français Marianne la semaine dernière. Tout à fait.

Je ne sais pas si l’hydroxychloroquine fonctionne contre le Covid-19. Le Pr Raoult semble le croire, et il n’est pas le seul. En l’absence de meilleures solutions – et enfermer indéfiniment des milliards de personnes dans leurs maisons n’en est pas une – ne devons-nous pas à l’humanité d’essayer au moins ? Qu’avons-nous à perdre ?

Depuis l’apparition du coronavirus, il y a eu beaucoup d’informations contradictoires, confuses et carrément fausses à son sujet. Une chose qui est avérée depuis le début, cependant, c’est que le plus grand obstacle à une lutte efficace contre sa propagation et au traitement des malades a été l’insistance obtuse de l’establishment politique et médical à suivre aveuglément ses règles. Si le virus menace réellement de tuer des millions de personnes, comme ils le disent, ils accorderaient moins d’importance à leurs procédures qu’à la sauvegarde des vies. Néanmoins, ils persistent. On peut se demander pourquoi.

Traduction Entelekheia

[Mise à jour d’Entelekheia] Le gouvernement a autorisé hier par décret les prescriptions d’hydroxychloroquine. Manque le deuxième volet des mesures préconisées par le Pr Raoult : les tests à grande échelle pour dépister et traiter d’abord les patients à des stades précoces, avant que des complications n’aient pu s’installer, et ensuite les gens dits « supercontaminateurs », c-à-d les porteurs d’une grosse charge virale susceptibles de contaminer beaucoup de monde, mais qui ne le savent pas parce qu’ils n’ont aucun symptôme.

Notes de la traduction :

[1] Pour autant que l’allure du Pr Raoult ait une quelconque importance, plutôt qu’à un personnage de Dumas, les Français le comparent volontiers au druide Panoramix.

[2] Le Monde s’est rétracté depuis.

[2] Le Pr Raoult a eu confirmation que Trump s’est effectivement appuyé sur ses communiqués. Rien d’étonnant, d’ailleurs, à la réaction enthousiaste de Trump : l’économie des USA est à l’arrêt, Wall Street s’est effondré ; sa seule chance de réélection, désormais, tient à une solution efficace contre le Covid-19 qui lui permettrait de se poser en sauveur de son pays.

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