Opération vaccin WARP SPEED de Trump : droit dans le mur en klaxonnant ?

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Un ou des vaccins insuffisamment testés, donc potentiellement dangereux contre le nouveau coronavirus, dont l’un des candidats en lice est développé, en ce moment même, par une compagnie pharmaceutique lestée d’un passif de fraude scientifique ? C’est exactement ce que propose Trump avec son accélération casse-cou de la course au vaccin.


Par Helen Buyniski
Paru sur RT sous le titre Trump’s WARP SPEED vaccine czar oversaw an infamously BOTCHED vaccination. Wonder why a THIRD of Americans want to dodge this one?


La volonté du président américain Donald Trump de mettre les bouchées doubles pour mettre sur le marché un vaccin contre le coronavirus d’ici à la fin de 2020 a inquiété certains Américains, avant même qu’il ne l’appelle « Operation Warp Speed » (Opération Grande Vitesse ) et qu’il ne nomme le développeur d’un vaccin raté contre la grippe porcine pour la diriger.

Près d’un tiers des Américains pourraient refuser un vaccin contre le nouveau coronavirus, selon un sondage réalisé au début du mois par Civic Science. Le pourcentage a probablement augmenté depuis, puisque les 2 900 personnes interrogées dans le cadre de ce sondage avaient donné leurs réponses avant que Trump n’annonce vendredi que le délai de 12 à 18 mois pour le développement d’un vaccin – déjà sans précédent dans l’industrie pharmaceutique – serait accéléré en vue de la mise au point d’un vaccin d’ici la fin de l’année. [1]

Ce n’est pas seulement le calendrier étonnamment écourté qui inquiète les Américains quant à leur sécurité concernant le vaccin proposé, mais aussi que le chef de l’initiative a déjà un coup raté à son actif et qu’il a investi (littéralement) dans plusieurs des vaccins candidats en cours de développement.

Moncef Slaoui, ancien chef du département des vaccins chez GlaxoSmithKline, a été nommé jeudi par Trump pour diriger le groupe de travail que son administration appelle opération Warp Speed. Slaoui a passé trente ans chez GSK, l’une des dizaines de sociétés pharmaceutiques qui travaillent sur un vaccin ; il a également gagné près d’un demi-million de dollars en tant que membre du conseil d’administration de Moderna, actuellement l’une des principales candidates dans la course au vaccin. Des groupes de surveillance comme Public Citizen ont déjà tiré la sonnette d’alarme sur ses conflits d’intérêts, mais c’est le moindre de ses soucis. [2]

En tant que responsable des vaccins chez GSK, Slaoui avait supervisé le développement du désastreux Pandemrix contre la grippe porcine, un vaccin mis sur le marché, au beau milieu d’une épidémie en 2009, sans avoir fait l’objet des tests appropriés. Des responsables de santé publique avaient créé un climat de panique en affirmant que le nombre de décès serait énorme, certains assurant même que le nombre de décès atteindrait celui de la pandémie de grippe de 1918. Ce qui ne s’est pas concrétisé. (Ça ne vous rappelle rien ?)

Le résultat du processus d’approbation précipité a été un vaccin dangereux et inefficace qui a causé des lésions permanentes [une narcolepsie incurable, NdT] chez plus d’un millier de ses « bénéficiaires », dont environ 80 % d’enfants. 40% des employés du NHS ont été vaccinés sous divers prétextes, après s’être faits dire que l’injection était sûre et efficace. Le gouvernement britannique a été contraint de verser des millions de livres en dommages et intérêts, car GSK avait refusé de fournir le vaccin aux gouvernements tant qu’il n’aurait pas d’immunité contre d’éventuelles poursuites judiciaires.

Le Pandemrix n’a jamais été approuvé aux États-Unis, et il est possible que Trump ignore que le chef de l’équipe de recherche pour son vaccin a été impliqué dans cette sordide affaire. Cependant, les États-Unis ont mis en place une politique similaire d’immunité pour les fabricants de vaccins depuis 1986, ce qui signifie que toute compensation pour un dommage causé par un vaccin dangereux contre le coronavirus sortira de la poche de l’Oncle Sam.

Le passé trouble de GSK n’est pas précisément un secret d’État. La firme a eu la distinction douteuse de débourser, en 2012, la plus grosse amende jamais payée par une firme pharmaceutique après avoir avoir perpétré ce que le Département de la Justice a appelé « la plus grande fraude de l’histoire en matière de santé », avec 3 milliards de dollars versés pour avoir, entre autres, dissimulé les effets secondaires mortels de son médicament contre le diabète, l’Avandia.

Bien entendu, GSK n’est pas la seule firme pharmaceutique à prendre des raccourcis. Moderna, la favorite pour « gagner » l’opération Warp Speed, n’a jamais mis un seul vaccin sur le marché, et le vaccin à ARNm qu’elle développe est d’un type qui n’a jamais été approuvé pour une utilisation chez l’homme. [3] Pire encore, la société renonce complètement aux essais sur les animaux, son médecin en chef, Tal Zaks, ayant insisté sur le fait qu’il ne pensait pas que l’étape intermédiaire – indispensable pour éviter de soumettre les humains à des risques inutiles – était nécessaire.

Plusieurs autres firmes sautent également les essais sur les animaux dans leur course pour franchir la ligne d’arrivée en premier et décrocher ce qui pourrait être un contrat très lucratif pour vacciner sept milliards de personnes – c’est du moins l’ambition déclarée de Bill Gates, qui, malgré son manque de compétences en matière de santé publique, a apparemment une grosse influence sur l’Organisation mondiale de la santé grâce à sa puissance financière.

Cependant, même les scientifiques les plus enthousiastes sur les vaccins ont mis en garde contre la mise sur le marché précipitée d’un vaccin contre le coronavirus. Le spécialiste des maladies tropicales Peter Hotez, qui a travaillé sur un vaccin contre le SRAS – un autre coronavirus – a déclaré devant le Congrès que les essais des vaccins contre le SRAS s’étaient mal terminés pour les animaux de laboratoire. Beaucoup d’entre eux ont été victimes d’un effet secondaire appelé « facilitation de l’infection par des anticorps induite par le vaccin », dans laquelle ils ont développé une forme plus grave, voire souvent mortelle de la maladie contre laquelle ils venaient d’être vaccinés, lorsqu’ils ont été à nouveau exposés au même virus.

« Je comprends l’importance d’accélérer les délais pour les vaccins en général, mais d’après tout ce que je sais, ce n’est pas avec ce vaccin qu’on peut se le permettre », a déclaré Hotez à Reuters en mars. Le « record » pour le développement d’un vaccin est de quatre ans, a-t-il dit, en conseillant de ne pas déployer de vaccin sans surveiller une émergence possible d’effets secondaires indésirables pendant au moins un an.

Les médias grand public présentent les « hésitations sur les vaccins » comme le domaine de complotistes qui détestent la science. Mais si de nombreux vaccins permettent de sauver des vies, il n’est pas difficile de comprendre les Américains qui sont prêts à attendre un vaccin dont l’innocuité ait été prouvée au lieu de se lancer tête baissée dans l’opération Grande Vitesse de Trump. Étant donné le rythme effréné actuel des tests, il ne faudra peut-être pas longtemps pour savoir lesquels des répondants au sondage sur le vaccin sont les plus sages (et les mieux portants).

Traduction et note d’introduction Entelekheia
Illustration Pixabay

Notes de la traduction :

[1] Le problème de Trump est qu’il veut prendre de vitesse sa bête noire, la Chine, après qu’elle ait annoncé que son vaccin, dès qu’elle arrivera à le mettre au point, sera mis à la disposition du monde entier à petit prix pour tous. Adieu bénéfices.
https://www.ndtv.com/world-news/coronavirus-president-xi-jinping-says-china-to-give-2-billion-in-global-covid-19-aid-for-over-2-years-2230926

[2] Moncef Slaoui s’est toutefois défait de 10 millions de dollars d’actions de Moderna le 15 mai dernier, après avoir déclaré n’avoir « aucun conflit d’intérêt ».
https://www.businessinsider.fr/us/coronavirus-tsar-divest-his-10-million-in-stocks-from-moderna-2020-5

[3] « A ce jour, aucun vaccin à base d’ADN ou d’ARNm n’a entraîné une protection suffisante dans des essais cliniques de phase III chez l’homme », octobre 2019, lien en français.
https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2019/09/msc190192/msc190192.html

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