Biden a vaincu Trump. Je vous présente le nouveau patron, le même que l’ancien

Par Michael McCaffrey
Paru sur RT sous le titre Biden has defeated Trump. Meet the new boss… same as the old boss


La victoire électorale de Biden a été accueillie avec enthousiasme, ce qui prouve que nombre d’Américains crédules sont heureux de se faire berner encore une fois.

Hier, j’ai été surpris par un cri collectif qui a traversé mon quartier, ici à Los Angeles. Je n’avais aucune idée de la raison de ce bruit, mais les gens faisaient un vacarme terrible. Après avoir vérifié les informations, j’ai vite compris que les acclamations étaient dues au fait que toutes les chaînes de télévision proclamaient officiellement la victoire de Joe Biden dans la course à la présidence.

Je n’avais pas entendu autant de cris de joie depuis que les Dodgers avaient remporté les World Series, il y a quelques semaines, et avant cela, lorsque les Lakers avaient gagné le championnat de la NBA.  Il est amusant de constater que les habitants de Los Angeles ont acclamé la victoire de Biden de la même manière qu’ils ont célébré celles de leurs équipes sportives… car tous ces événements ne sont qu’un aspect du tribalisme vide et de la sentimentalité superficielle qui, à long terme, ne signifient rien.

Pour les andouilles de la Cité des anges qui fêtent la victoire de Biden, rien ne changera fondamentalement dans leur vie, en bien ou en mal. Ils devront encore marcher à travers des hordes de sans-abris, d’aiguilles usagées et d’excréments humains, alors qu’ils naviguent dans ce trou à rats malade, vénal et misérable de leur pays de merde du tiers-monde, essayant, généralement sans succès, de gagner leur vie et de joindre les deux bouts.

La victoire électorale de Biden, accueillie avec enthousiasme, est une victoire vide de sens, rien d’autre qu’un changement cosmétique. Les masses hystériques autour de moi sont ravies car Biden n’est pas aussi rustre que Trump, ce qui n’est pas bien difficile. Cela dit, Biden sera certainement plus ennuyeux que Trump.

Sur le fond, Biden est, comme l’Homme Orange que les progressistes aiment à détester, un corporatiste éhonté qui se pliera en quatre pour remplir les coffres de gros bonnets dans des salles de réunions et à Wall Street, tout en escroquant les pauvres, les travailleurs et la classe moyenne.

L’ascension de Biden sur la plus haute marche américaine s’apparente à la lamentable sitcom Mon oncle Charlie, qui avait remplacé Charlie Sheen par Ashton Kutcher. L’odieux Sheen avait disparu, mais la série était toujours aussi nulle… et Kutcher était tout aussi agaçant.

Avec le remplacement de Trump par Biden, pour les gens comme moi, les choses ne changeront qu’en surface et la sitcom qu’est la politique américaine sera toujours aussi nulle.

Par exemple, à ceux qui pensent que l’université publique devrait être gratuite pour la classe ouvrière et que la dette des étudiants devrait être annulée, je vous présente Joe Biden, l’homme qui a contribué à faire adopter une loi sur la banqueroute qui rend impossible d’annuler la dette étudiante, condamnant ainsi des générations de jeunes à une longue servitude contractée pour rembourser des prêts scolaires surdimensionnés.

Á ceux qui pensent que nous devrions avoir un système de santé universel, je vous présente Joe Biden, l’architecte de l’Obamacare, cette loi perfide rédigée par les compagnies d’assurance qui tond ras les Américains en les forçant, de par la loi, à acheter leurs médicaments et soins à des prix exorbitants. Biden, comme Trump, a même promis d’opposer son veto à tout projet de loi sur un système de santé universel qui lui serait soumis.

Á ceux qui s’opposent à la mutualisation des pertes et à la privatisation des gains par Wall Street, je vous présente Joe Biden. Comme Clinton, Bush, Obama et Trump avant lui, il va peupler son administration de séides de Wall Street et de dévots méprisables de la secte Goldman Sachs, qui dévoreront avidement tout renflouement financé par les contribuables sur lequel ils pourront mettre la main.

Aux personnes pacifistes qui pensent que l’Amérique devrait être moins militariste et belliqueuse à l’étranger, je vous présente Joe Biden. Il a voté pour la guerre en Irak qui a tué des dizaines de milliers de personnes, et c’est un caniche du Pentagone dont la gâchette le démange contre les adversaires de l’Amérique à travers le monde, qu’ils soient réels ou imaginaires.

Á ceux qui pensent que la guerre contre la drogue et le système de justice pénale sont des échecs lamentables, je vous présente Joe Biden, l’homme qui a rédigé le Crime Bill de 1994, une loi qui a donné aux USA la distinction douteuse d’avoir le taux de population carcérale le plus élevé au monde.

Pour les gens de la classe ouvrière, notamment la base manufacturière américaine, qui se sont fait escroquer à plusieurs reprises par les politiques de libre-échange de Washington, aboutissant finalement à l’ascension de Donald Trump, je vous présente Joe Biden, le narcissique amoureux du NAFTA qui prétend être un homme du peuple, mais qui est en réalité le caniche des intérêts des grosses fortunes…

Á ceux qui méprisaient Trump pour sa guerre contre la presse, je vous présente Joe Biden, l’ancien vice-président d’Obama, l’homme qui a mené non pas une guerre de mots à la Trump contre la presse, mais une véritable guerre contre la presse en utilisant la Loi sur l’espionnage (Espionage Act) pour poursuivre en justice plus de lanceurs d’alerte que tous les autres présidents de l’histoire des États-Unis réunis.

Aux personnes indignées par le fait que Trump ait mis des « enfants en cage » dans le cadre de sa répression de l’immigration clandestine, je vous présente Joe Biden, vice-président sous l’administration Obama, qui a expulsé plus d’immigrants que Trump et qui a également mis des « enfants en cage ».

Á chaque personne exaltée par la disparition de Trump et l’ascension de Biden, je vous présente le nouveau patron… le même que l’ancien. Vous vous faites tous berner. Quant à moi… je ne me ferai plus berner.

Michael McCaffrey est critique culturel et vit à Los Angeles. On peut lire ses écrits sur RT, Counterpunch et sur son site web, mpmacting.com/blog.

Traduction Entelekheia
Illustration Heblo / Pixabay

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