Censure : bruit de bottes sur les réseaux sociaux – et les USA

Par Caitlin Johnstone
Paru sur Consortium News et le blog de l’auteur sous le titre The Boot Is Coming Down Hard And Fast


Beaucoup de choses se sont passées très vite. Cela sature jusqu’au bruit blanc et il est impossible de suivre tout ce qui se passe, alors je vais juste poster mes réflexions sur quelques-unes des choses qui se sont produites.

Biden a annoncé son intention de mettre en place des nouvelles lois sur le terrorisme intérieur à la suite de l’émeute du Capitole.

« M. Biden a déclaré qu’il avait l’intention de faire de l’adoption d’une loi contre le terrorisme intérieur une priorité, et il a été invité à créer un poste à la Maison Blanche pour superviser la lutte contre les extrémistes idéologiques violents et augmenter les fonds pour les combattre », rapporte le Wall Street Journal.

Saviez-vous que Biden s’est vanté à de multiples reprises d’être l’auteur original du Patriot Act américain?

La première version de l’USA PATRIOT Act, qui porte atteinte aux droits civils, a été introduite, comme par magie, une semaine après les attentats du 11 septembre. Les législateurs ont par la suite admis qu’ils n’avaient même pas eu le temps de lire les centaines de pages de ce projet de loi avant de l’adopter, le mois suivant. Pourtant, ses auteurs ont réussi à rassembler toutes les informations nécessaires et à rédiger le tout en une semaine.

En effet, la majeure partie du travail avait déjà été faite. En 2008, CNET a rapporté les faits suivants :

Quelques mois avant l’attentat d’Oklahoma City, [le sénateur Joe] Biden avait présenté un projet de loi appelé « Omnibus Counterterrorism Act of 1995 ». Cette loi a précédé le Patriot Act de 2001 en autorisant l’utilisation de preuves secrètes devant les tribunaux [Elles n’étaient pas admissibles avant, NdT], en élargissant la loi sur la surveillance des pays étrangers par les services de renseignement et les lois sur les écoutes électroniques, en créant un nouveau crime fédéral de « terrorisme » qui pourrait être invoqué sur la base de convictions politiques, en autorisant le recours à l’armée américaine dans l’application civile de la loi et en permettant la détention permanente de citoyens non américains sans contrôle judiciaire. Le Center for National Security Studies (Centre d’études sur la sécurité nationale) a déclaré que le projet de loi éroderait « les protections constitutionnelles et statutaires en matière de procédure régulière » et « autoriserait le Département de la justice à choisir les crimes sur lesquels enquêter et à engager des poursuites sur la base de convictions politiques et d’associations ». 

Le projet de loi de Biden n’a jamais été soumis au vote, mais après le 11 septembre, le procureur général de l’époque, John Ashcroft, aurait crédité son projet de loi d’avoir fondé le USA PATRIOT Act.

« Les défenseurs des libertés civiles s’y sont opposés », a déclaré Biden en 2002 à propos de son projet de loi. « Juste après 1994, et vous pouvez vérifier auprès du procureur général, j’ai reçu un appel de sa part quand il a introduit le Patriot Act. Il m’a dit : « Joe, je présente la loi telle que vous l’avez rédigée en 1994 ».

(Tweet : « L’ère de l’après-11 septembre est terminée. La plus grande menace pour la sécurité nationale à l’heure actuelle est notre division interne. La menace du terrorisme intérieur. La polarisation qui menace notre démocratie. Si nous ne reconnectons pas nos deux Amériques, les menaces n’auront pas à venir de l’extérieur. »)

Lors d’une récente intervention dans l’émission Morning Joe, Elissa Slotkin, analyste de la CIA devenue représentante à la Chambre, nous a expressément dit que la véritable bataille contre le terrorisme se déroule désormais à l’intérieur des frontières américaines.

« L’ère de l’après-11 septembre est terminée », a tweeté Slotkin en partageant un clip de son intervention. « La plus grande menace envers la sécurité nationale est actuellement notre division interne. La menace du terrorisme intérieur. La polarisation qui menace notre démocratie. Si nous ne reconnectons pas nos deux Amériques, les menaces n’auront pas à venir de l’extérieur. »

« Avant le Congrès, Elissa travaillait pour la CIA et le Pentagone et a contribué à déstabiliser le Moyen-Orient pendant les administrations Bush et Obama », a répondu la journaliste Whitney Webb. Ce qu’elle dit ici est essentiellement une annonce ouverte selon laquelle les États-Unis sont passés de la « guerre contre le terrorisme [étranger] » à la « guerre contre le terrorisme intérieur ».

En réponse à de fortes pressions, y compris de la part de son propre personnel, Twitter a suivi l’exemple de Facebook et supprimé le compte de Donald Trump.

Et ce ne concernait pas seulement Trump. Des comptes disparaissent rapidement, y compris certains comptes célèbres de supporters de Trump. J’ai moi-même perdu des centaines de followers sur Twitter ces dernières heures, et j’ai vu des gens dire qu’ils en avaient perdu beaucoup plus.

Il n’y a pas que les supporters de Trump, des comptes de gauche sont également suspendus. La gauche en ligne apprend, espérons-le, que le fait d’encourager Twitter à « bannir les fascistes » suppose irrationnellement (A) que leurs purges ne font que bannir des fascistes et (B) qu’ils limitent leurs bannissements à leur définition personnelle du fascisme. Aucune ces deux hypothèses n’a le moindre fondement.

(Tweet : « Wow ! Ces personnes organisaient des rassemblements pour protester contre les expulsions injustes de pauvres pendant le Covid. Nous vous l’avions dit. Ils viendront aussi pour les gauchistes progressistes. C’est pourquoi nous devons protéger notre liberté d’expression et nos libertés civiles.)

Google a encore accéléré les choses en retirant Parler de son app store, et Apple devrait suivre. [MAJ : Amazon menace de fermer les serveurs de Parler et lui a officiellement coupé l’accès à son Cloud, ce qui peut stopper net les activités du réseau social. Le PDG de Parler a été mis en situation de devoir tout rebâtir à partir de zéro, NdT]. Cette volonté de marginaliser même les réseaux sociaux déjà marginaux ridiculise l’argument-massue libéral-libertaire : « Si vous n’aimez pas la censure, allez simplement sur une autre plateforme ».

Tout cela arrive à point nommé pour l’administration Biden, qui avait déjà suscité de graves inquiétudes quant à l’avenir de la censure sur Internet.

La censure d’une faction politique par une poignée de milliardaires libéraux « de gauche » de Silicon Valley aura exactement l’effet inverse de celui espéré : elle n’éliminera ni la paranoïa, ni le complotisme, et tout le monde le sait. Vous n’essayez pas d’améliorer les choses, vous essayez de les empirer. Vous n’essayez pas de rétablir la paix et l’ordre, vous essayez de pousser à la confrontation pour que vos ennemis politiques puissent être écrasés. Vous êtes accélérationnistes.

Un diagramme de Venn montrant les personnes qui soutiennent les dernières purges des réseaux sociaux et celles qui espèrent secrètement que les Trumpistes paniqueront et tenteront un soulèvement violent ressemblerait au drapeau japonais.

(Tweet : « Terroristes intérieurs » ; « coup d’État » ; « attaques contre notre démocratie » ; bienvenue à la dernière itération de la guerre contre la terreur.

En un clin d’œil, la Boutique Gauche met de côté tous ses discours sur les soins de santé et les chèques de relance pour aider à jeter les bases d’une nouvelle ère d’autoritarisme. »)

La bonne réponse à une grande partie des citoyens qui doutent d’un système électoral dont nous savons depuis des années qu’il est bon pour la poubelle est la suivante : offrir une véritable transparence, au lieu d’imposer de force un processus et de réduire au silence les personnes qui expriment des doutes, empirant ces derniers.

Soutenir la censure de la parole en ligne, c’est soutenir l’autorité des oligarques monopolistiques de Big Tech dans leur volonté de contrôle total de la communication humaine. Quelle que soit votre attitude à l’égard de ceux qui sont déplateformés aujourd’hui, soutenir ça est suicidaire.

Traduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Illustration Sammy Williams / Pixabay

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