L’Occident est fini, mais pourquoi ?

Un article vitriolique écrit sous le coup de la frustration par un humaniste qui voit le monde occidental sombrer dans une artificialité névrotique et un nihilisme engendrés par une vision tronquée et pathologique de l’humain. Distance cynique, perte de repères, nombrilisme, négativité, démission déguisée en clairvoyance (« à quoi bon » et « tous pourris »), toutes les limitations mentales qui pèsent sur les esprits occidentaux et les enfoncent dans une dépression diffuse, omniprésente, y passent.
Même si sa critique peut sembler excessive par endroits, Andre Vltchek, qui embrasse avec bonheur l’irrationalité de l’humain et prône l’amour désintéressé, l’innocence, l’enthousiasme, la naïveté et la joie partagée de lutter et de bâtir ensemble comme antidotes à la destructivité de l’égocentrisme et de l’intérêt individuel, parle d’or.

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Par Andre Vltchek
Cet article est paru sur Information Clearing House sous le titre The West Is Finished, But Why?

Malgré quelques revers économiques et sociaux, l’Empire occidental se porte remarquablement bien. C’est-à-dire, si on mesure le succès par la capacité à contrôler le monde, à conditionner les cerveaux d’humains de tous les continents et à écraser toute dissension pertinente, qu’elle soit intérieure ou étrangère.

Ce qui a presque entièrement disparu de la vie, au moins dans des endroits comme New York, Londres ou Paris, est la joie de vivre toute simple, celle qui est si évidente partout où elle existe. Paradoxalement, dans les centres de pouvoir, la plupart des gens semblent vivre dans l’anxiété et la frustration, presque dans la peur.

Rien de tout cela n’a l’air normal. Les citoyens de la partie conquérante du monde, du régime victorieux, ne devraient-ils pas être au moins confiants et optimistes ?

Bien sûr, ils ont de nombreuses raisons de ne pas l’être, et plusieurs de mes confrères ont déjà décrit, avec force détails et parfois dans un langage coloré, les causes les plus évidentes de la dépression et de l’insatisfaction qui dévorent littéralement les vies de centaines de millions de citoyens américains et européens.

Cette situation est prioritairement analysée sous l’angle économique. Toutefois, je pense que les causes majeures de l’état actuel des choses sont beaucoup plus simples : l’Occident et ses colonies ont presque entièrement détruit les instincts les plus essentiels des humains, la capacité des gens à rêver, à être passionnés, à se rebeller et à s’impliquer.

La détermination, l’optimisme, la naïveté ont presque entièrement disparu. Alors que ce sont précisément ces qualités qui ont propulsé les avancées de notre espèce humaine ! [1]

Contrairement aux perceptions communes des Occidentaux, ni « le savoir », ni certainement non plus « la science » n’étaient derrière les plus grands bonds en avant obtenus par la civilisation.

Cela a toujours été un profond instinct humaniste, accompagné par la foi (et je ne parle pas ici d’un foi religieuse quelconque), par un dévouement extrême et par une loyauté absolue à une cause. Sans naïveté, sans innocence, rien de grand n’aurait pu être accompli.

La science a toujours été là, et elle a énormément contribué à l’amélioration d’aspects pratiques de la vie humaine, mais elle n’a jamais été le principal moteur des nations vers une société juste, équilibrée et vivable. Quand elle a été employée par un système éclairé, la science a joué un rôle important dans la construction d’un monde meilleur, mais l’inverse n’a jamais été vrai.

Le progrès a toujours été déclenché et nourri par des émotions humaines, par des rêves apparemment irrationnels et inaccessibles, par la poésie et par des passions brûlantes. Les concepts les plus sophistiqués visant à l’amélioration de la civilisation n’étaient souvent même pas logiques ; ils étaient nés de beaux instincts humains, d’intuitions et de désirs (la logique intervenait après, au stade des détails pratiques.)

Aujourd’hui, « le savoir », la rationalité et la « logique » au moins dans l’Occident, handicapent l’expression des émotions humaines. La « logique » remplace les religions traditionnelles. L’obsession des « faits », de la « compréhension » de toutes choses, devient absurdement extrémiste, dogmatique et même fondamentaliste.

Toutes cette collecte fanatique de « faits » a souvent l’air irréaliste, « métallique », froide et pour ceux qui viennent de ‘l’extérieur’ (géographique ou intellectuel), elle semble anormale.

N’oublions pas que les « faits » consommés par les masses et par les occidentaux éduqués proviennent généralement des mêmes sources. Le même type de logique est employé, et des outils d’analyse impossibles à distinguer les uns des autres sont utilisés [2] La consommation excessive de news, de « faits » et « d’analyses » ne mène généralement pas à une compréhension approfondie des choses ou à une pensée critique réelle, bien au contraire – elle tue efficacement la capacité de chacun à envisager des concepts totalement nouveaux, et notamment à se rebeller contre des clichés intellectuels et des stéréotypes. Il n’est pas étonnant que les Américains et les Européens des classes moyennes comptent parmi les peuples les plus conformistes de la terre !

Pour empirer les choses, la plupart des Occidentaux (et presque tous les étrangers occidentalisés) sont enfermés dans un réseau complexe d’informations et de perceptions avec les membres de leurs familles, leurs amis et collègues. La pression pour entrer dans le moule est continuelle, et outre que le véritable courage intellectuel ou l’originalité n’ont qu’un espace réduit pour se déployer, ils n’apportent presque aucune récompense.

Les régimes occidentaux ont généralement réussi à standardiser « le savoir », principalement par la pop culture et en endoctrinant les gens dans leurs institutions ‘éducatives’.

Depuis des décennies déjà, le système a créé des générations entières de gens désorientés et émotionnellement morts.

Les dégâts sur ces gens sont tels qu’ils n’arrivent plus à se battre pour quoi que ce soit (sauf, parfois, pour leurs propres intérêts égoïstes) ; ils ne savent même plus identifier leurs propres buts et désirs. Ils essaient continuellement, sans y arriver, de trouver quelque  chose de « significatif » et « d’épanouissant » à faire dans la vie. Ils ne pensent qu’à « trouver quelque chose », jamais à se joindre à des combats significatifs ou à inventer quelque chose de nouveau et de bon pour l’humanité.

Ils ont une peur constante d’être rejetés, et ils vivent leur incapacité à faire des choses réellement significatives comme une honte (nombre d’entre eux réalisent confusément la vacuité de leur vie).

Ils sont malheureux, quelques-uns carrément désespérés ou même suicidaires, mais leur désespoir les paralyse au lieu de les pousser à l’action. La plupart ne se révoltent jamais, ne se confrontent jamais au régime, ne défient jamais leur environnement immédiat.

Ces centaines de millions de personnes brisées et oisives (dont quelques-unes ne sont pas stupides du tout) sont une perte immense pour le monde. Au lieu d’ériger des barricades, d’écrire des romans corrosifs ou de se moquer ouvertement de cette mascarade qu’est la civilisation occidentale moderne, ils souffrent en silence, tombent parfois dans la drogue ou les abus médicamenteux ou pire, envisagent le suicide.

Si l’occasion de changer radicalement leur vie se présentait, ils ne sauraient pas l’identifier. C’est parce qu’ils ne savent plus se battre ; ils ont été endoctrinés très tôt, dès l’école primaire.

C’est exactement ce que le régime attendait des citoyens. Il l’a obtenu.

Les gens achètent des livres pour tenter de trouver un sens à tout ça, mais ils n’arrivent souvent pas à les finir. Ils sont trop préoccupés ; ils manquent de concentration et de détermination. Et la vaste majorité des livres disponibles ne donnent de toutes façons aucune réponse significative.

Malgré tout, nombre de gens essaient : ils analysent et analysent, sans but. Ils ne ‘comprennent’ pas et veulent ‘savoir’. Ils ne réalisent pas que cette démarche de pensée continuelle inscrite dans le cadre des outils d’analyse autorisés n’est qu’un vaste piège. [3]

Il n’y a pas grand-chose à comprendre, en fait. Les gens se sont fait voler leur vie, leurs sentiments naturels humains, leur chaleur, leur passion, même l’amour (ce qu’ils appellent « amour » est souvent un ersatz, rien de plus). [4]

Rien de ceci n’est jamais énoncé dans les livres aujourd’hui, sauf si vous lisez en russe ou en espagnol. Le succès de l’Empire dans la production de créatures obéissantes, anxieuses et sans imagination est aujourd’hui complet.

Les grandes corporations se portent au mieux, les élites récoltent des butins impressionnants, alors que la vaste majorité des Occidentaux perdent graduellement leur capacité à rêver et à ressentir des émotions positives. Sans ces conditions, toute rébellion est impossible. Le manque d’imagination accompagné par l’engourdissement émotionnel est la meilleure formule pour la stagnation ou pire, la régression.

C’est pourquoi l’Occident est fini.

L’obsession grotesque de la science, des pratiques médicales et des « faits » aide à détourner l’attention des problèmes immédiats.

Les débats constants, les analyses, les « regards sous différents angles » ne mènent à rien d’autre qu’à la passivité. Mais l’action est trop effrayante et les gens ne sont plus habitués à prendre des décisions irrévocables, seulement à adopter des postures avantageuses.

Pendant des millénaires, faire partie de quelque chose d’important et de révolutionnaire symbolisait souvent le sens de la vie. Les gens étaient (et dans de nombreuses parties du monde, sont encore) impliqués, dévoués à des combats importants et héroïques. Essayer de construire un monde meilleur, se battre pour un monde meilleur et même y laisser sa vie : tout cela était considéré comme la chose la plus glorieuse qu’un être humain puisse accomplir dans sa vie.

En Occident, cette approche est morte, totalement détruite. Ici, le cynisme est roi. Il faut tout contester, ne faire confiance à rien ni à personne et ne s’impliquer dans rien.

On vous demande de ne faire confiance à aucun gouvernement. Vous devez tourner en dérision tous ceux qui croient à quelque chose, tout particulièrement si c’est noble et désintéressé. Vous devez traîner dans la boue toutes les tentatives d’améliorer le monde, que ce soit en Équateur, aux Philippines, en Chine, en Russie ou en Afrique du Sud.

Montrer son approbation envers un leader, un parti politique ou le gouvernement d’un pays capable de feu et de passion déclenche des sourires entendus et des sarcasmes dans des endroits comme Londres et New York. « Nous sommes tous des voleurs, et tous les humains et partant, tous les gouvernements sont les mêmes », explique la « sagesse » toxique occidentale.

Magnifique, vraiment ! Quel progrès !

Oui, bien sûr, si des heures et des heures sont consacrées à l’analyse d’un leader enflammé ou d’un mouvement, par exemple en Amérique Latine, au moins un peu de saleté en émergera toujours, parce que rien ni aucun groupe humain n’est jamais parfait. Cela donne d’excellents prétextes aux Occidentaux pour ne s’impliquer dans rien. C’est ce que veut la tendance intellectuelle : « perdez toute espérance d’un monde parfait, ne croyez plus en rien, et allez vous trémousser dans un club quelconque à Londres ou à New York. Puis retournez faire des études, ou trouvez-vous un travail ennuyeux. Ou prenez de la dope. »

C’est beaucoup plus facile que de travailler très dur pour sauver le monde ou votre pays ! C’est beaucoup plus facile que de risquer sa vie et de se battre pour la justice. C’est plus facile que de réellement penser, de tenter d’inventer quelque chose de nouveau pour cette délicieuse vieille dame meurtrie qu’est notre planète !

Une vielle ballade russe dit, « il est si dur d’aimer… mais si facile de partir… »

Et avec les révolutions, les mouvements, les combats, même les gouvernements que l’on soutient de tout son coeur, ils se passe quelque chose de très proche de l’amour.

L’amour ne peut ni être scruté, ni être analysé, sauf à cesser d’être de l’amour. Il n’a rien, et il ne doit rien avoir de logique ou de rationnel. Ce n’est que quand il s’en va qu’on commence à l’analyser, pendant qu’on cherche des excuses pour claquer la porte.

Mais pendant qu’il est là, pendant qu’il existe, vivant, chaud et vibrant, appliquer de « l’objectivité » à l’autre serait brutal et irrespectueux ; d’une certaine façon, ce serait de la trahison.

Comment un homme qui aime une femme pourrait-il s’asseoir sur un sofa et analyser, « Je l’aime, mais peut-être que son nez n’a pas la bonne taille, et que son derrière est trop fort. » Ce serait totalement stupide, et ce ne serait plus de l’amour. Une femme aimée, réellement aimée, est la plus belle créature de la terre.

Il en va de même pour le combat !

Sinon, sans dévouement et sans détermination, rien ne changera jamais, rien ne s’améliorera.

Mais n’oublions pas – l’Empire ne veut pas que les choses s’améliorent. C’est pourquoi il répand un cynisme sans limites et du nihilisme. C’est pourquoi il salit tout ce qui est pur et naturel, tout en imposant des « modèles de perfection » bizarres destinés à obliger les gens à se comparer, à se juger, à douter, à ne jamais être satisfaits, et en conclusion, à ne jamais s’impliquer de façon sérieuse dans autre chose que leur nombril.

L’Empire veut que les gens pensent, mais uniquement dans des directions prédéterminées. Il veut qu’ils analysent, mais uniquement avec ses méthodes. Et il veut que les gens rejettent, même qu’ils rejettent leurs propres instincts et leurs émotions.

Les résultats sont là : une égocentrisme grotesque, des sociétés brisées, à la dérive, des relations de plus en plus éphémères entre les gens, et un mépris total envers des aspirations plus élevées.

Avez-vous remarqué à quel point les relations humaines en Occident sont devenues instables et superficielles ? Personne ne veut réellement s’engager. Les gens se testent les uns les autres. Ils pensent constamment et ressentent à peine. Les passions sont méprisées (les éclats émotionnels sont vus comme « indécents » et même honteux) : tout le monde doit « positiver », se sentir « bien dans sa peau » et toujours « zen » mais paradoxalement, presque plus personne ne se sent « bien dans sa peau » ou « zen » dans ce nouvel Occident.

En Occident, presque personne ne pourrait plus écrire de bonne poésie. Les mélodies envoûtantes, Les paroles fortes n’y sont plus créées.

La vie y est devenue superficielle, prévisible et programmée.

Bien sûr, dans l’Occident sans passion, avec ses obsessions de savoirs qui n’éclairent personne, avec ses sciences appliquées et son égocentrisme enraciné, il n’y a pas de terreau fertile pour des passions, et donc plus de possibilités de vraie révolution.

L’Occident a perdu sa capacité à aimer et à se rebeller.

Et c’est pourquoi il est fini !

Il existe un bon dicton, « Vous ne pouvez pas comprendre la Russie avec votre cerveau. Vous ne pouvez que croire en la Russie. » La même chose s’applique à la Chine, au Japon et à beaucoup d’autres pays.

Venir en Asie ou en Russie et commencer son voyage en tentant de « comprendre » ces endroits est de la folie. Personne ne peut y arriver, ni en quelques mois de séjour, ni même en années.

L’approche névrotique et exclusivement occidentale de constamment tenter de « comprendre » les choses avec son cerveau peut tout saboter. La meilleure façon de comprendre l’Asie est d’absorber, de se laisser guider par les autres, de regarder, de ressentir, de rejeter tous ses préjugés et ses clichés. Comprendre ne se fait pas forcément par la logique. De fait, ce n’est presque jamais le cas. Cela implique les sens et les émotions, et cela arrive généralement de façon inattendue.

Les combats les plus sacrés et les plus honorables — eux aussi couvent longtemps, eux aussi surgissent inopinément, et eux aussi viennent droit du coeur.

Quand je vais à New York et tout spécialement à Londre ou à Paris, et quand je rencontre ces « théoriciens gauchistes », je souris amèrement en suivant leurs longues discussions sur des théories divorcées de la réalité. Et leurs débats tournent toujours autour d’eux-mêmes : sont-ils trotskystes et pourquoi ? Ou peut-être anarcho-syndicalistes ? Ou maoïstes ? Quoi qu’ils soient, ils ne bougent pas de leur divan ou de leur tabouret de bar, où ils restent collés jusque tard dans la nuit.

Dans les cas où vous êtes juste de retour de pays comme le Venezuela ou la Bolivie, des pays où des gens se battent pour de vraies causes, c’est une expérience choquante. La plupart de ceux qui vivent dans l’Altiplano n’ont même jamais entendu parler de Trostky ou de l’anarcho-syndicalisme. Ce qu’ils savent est qu’ils sont en guerre, qu’ils se battent pour nous tous, pour un monde meilleur, et qu’ils ont besoin de soutiens immédiats pour leurs combats : des pétitions, des manifestations, de l’argent, des gens qui se joignent à eux. Tout ce qu’ils obtiennent sont des mots. Ils n’obtiennent rien de l’Occident, et ils n’obtiendront rien.

C’est parce qu’ils ne correspondent pas à l’idéal gauchiste britannique ou français. Ils sont trop « vrais », pas assez « purs ». Ils font des erreurs. Ils sont trop humains, pas assez stériles et pas assez policés. Ils ‘violent’ quelques ‘droits de l’homme’ ici et là. Ils sont trop émotifs. Ils sont ci ou ça et en définitive, ‘on ne peut pas soutenir ces gens-là’.

‘Scientifiquement’, ils ont tort. Si l’on passait dix heures dans un pub londonien ou un salon intellectuel parisien à en discuter, on trouverait bien assez d’arguments pour leur retirer tout soutien. Cela s’applique tout aussi bien aux révolutionnaires des Philippines et aux changements qu’ils amènent, et à beaucoup d’autres endroits.

L’Occident ne peut pas comprendre leur façon de penser, leur élan, leur foi. Le ressort est brisé. L’Occident ne voit pas l’absurdité de ses propres comportements et attitudes. Il a perdu son esprit; il a perdu son coeur, ses émotions, d’abord à droite et aujourd’hui à gauche. Qu’a-t-il gagné en échange, des cerveaux ? Mais rien de significatif ne vient plus de là non plus !

Et c’est pourquoi il est fini.

Les gens ne veulent plus s’impliquer dans quoi que ce soit de réel ; dans aucun combat réel, aucun mouvement, aucun gouvernement, sauf s’ils sont comme ces femmes toxiques, apparemment faites en plastique et présentées sur le papier glacé des magazines de mode. Parfaites pour des hommes qui ont perdu toute imagination et toute individualité, mais totalement ennuyeuses et produites en masse, comme des articles de supermarché, pour nous les autres.

 

Tchécoslovaque né en Russie et naturalisé Americain, Andre Vltchek est philosophe, romancier, réalisateur et journaliste d’investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans une douzaine de pays et a écrit six livres, dont ‘L’Occident terroriste’ avec Noam Chomsky.
Après avoir vécu en Amérique Latine, en Afrique et en Océanie, Vltchek réside actuellement en Asie de l’Est et au Moyen-Orient, et continue de voyager.
Il peut être joint sur son site.

Photo Pixabay

 

[1] Ndt, mais comme l’être humain n’a jamais fini de nous suprendre, nous pourrions paraphraser Gramsci et dire que « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent des merveilles de dévouement, de passion, de travail et d’amour. »
L’initiative est italienne, les musiciens de tous âges viennent du monde entier, et à leurs frais. Ils sont mille.

[2] Ndt, Cette logique étant bornée à un cadre mental restrictif, les outils d’analyse ne sont bâtis que pour corroborer des préjugés. C’est par exemple le cas de la célèbre théorie des jeux, une simple réécriture moderne du vieux libéralisme des Lumières présentée comme une « nouveauté ». Dans ses applications concrètes, la théorie des jeux se trompe presque systématiquement mais n’en est pas abandonnée pour autant ; au contraire, elle est reprise de loin en loin sous des noms différents et redonne lieu à de savantes « nouvelles » théories d’auteurs souvent inconscients de son âge et de son origine réels, ainsi que de son caractère d’outil inutile parce que fondé sur une vision fondamentalement erronée de l’humain. Voir à ce sujet ‘The Trap’, un extraordinaire documentaire britannique d’Adam Curtis. Malheureusement non encore traduit en français.

[3] Ndt, un exemple : les analyses marxistes de l’aliénation moderne inscrites dans le cadre étroit des conceptions libérales, et Dieu seul sait si elles sont nombreuses, ne peuvent mener qu’à une aggravation de l’aliénation en question et  à une accélération de la dégradation du tissu social. Pour être pleinement intelligible et utile à la société, Marx doit être soustrait au paradigme libéral – à savoir à sa conception purement marchande, calculatrice et égoïste de l’humain (les « eaux glacées  du calcul égoïste ») – et replacé dans une vision globale, verticale de l’humanité, avec toutes ses qualités et possibilités les plus élevées, y compris et surtout les caractéristiques raillées par la pensée libérale comme l’amour désintéressé, la responsabilité envers les autres, le sens du sacrifice, le souci sincère du plus faible, la fidélité à la parole donnée, la droiture, l’enthousiasme, l’amour de la beauté, la dignité, l’honneur, etc.

[4] Ndt, ou pire : une aberration du langage trop souvent rencontrée consiste à substituer le mot « amour » au mot « sexe »,  y compris dans des cas de viols, d’inceste ou de pédophilie. En matière de brouillage de repères, on ne saurait guère faire pire.

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