Prédictions pour 2018, première partie

Brexit, Theresa May, UE, Rester, Armée, Européenne,

Extraits des prédictions pour 2018 du site 21st Century Wire. Sur la première, nous nous demandons comment l’opinion publique britannique va réagir quand elle saura que, parallèlement aux affirmations tapageuses de May sur le « Hard Brexit » (le « Brexit dur ») parce que « Brexit is Brexit » (« le Brexit, c’est le Brexit »), son gouvernement négocie en coulisse pour rester dans l’UE et s’apprêterait même à en rejoindre la nouvelle armée. Surtout au vu d’un récent sondage européen YouGov, qui indique une montée du sentiment anti-UE dans plusieurs pays d’Europe et notamment au Royaume-Uni, lanterne rouge avec seulement 10% d’approbation à une future fédération européenne.

Certes, Albion est réputée pour sa perfidie, mais celle-ci n’est censée s’exercer qu’à l’étranger et non à l’intérieur, non ?


Paru sur 21st Century Wire sous le titre BREXIT? What BREXIT? EU Military Unification (Extraits de SHAKE & BAKE: 2018 Trends and Predictions from 21WIRE)


Le rythme des événements qui rebattent les cartes mondiales s’accélère, avec des rebondissements et des revirements encore plus rapides et vertigineux qu’au cours des années précédentes. Sans aucun doute, 2017 a vu de grands changements et au cours de l’année 2018, nous commencerons à voir mûrir de nombreuses tendances émergentes des 24 derniers mois.

Le Brexit, quel Brexit ?

L’année dernière, nous avions écrit quand dans les douze mois, la Grande-Bretagne ne serait pas plus proche d’un vrai Brexit qu’elle ne l’avait été en 2016. Nous avions également dit qu’il fallait surveiller les menées d’un gouvernement tory manipulateur et des médias grand public dans leurs tentatives d’embrouiller et, au bout du compte, de paralyser l’opinion sur la question. Il s’avère que nous avions raison sur tous les fronts. Le leurre, ici, est que sous couvert de « négociations sur le Brexit », Theresa May a été très occupée, en coulisse, à renforcer les liens de la Grande-Bretagne avec Bruxelles. De plus, la Grande-Bretagne s’est mise en conformité parfaite avec le nouveau cadre d’unification militaire européenne – une démarche qui, dès qu’elle sera en place, transférera le commandement souverain des forces armées britanniques (et par extension, du pays), à la structure militaire de l’UE prévue dans le nouveau cadre de la CSP/PeSCo. Pendant ce temps, le flamboyant ex-leader de l’UKIP, Nigel Farage, a finalement admis qu’il avait bien peur que la Grande-Bretagne ne quitte jamais l’UE. Nous avions donc raison, alors que tous les médias grand public avaient tort. Malgré tout, nous verrons bien où tout cela ira réellement en 2018.

Note : Le chahut médiatique sur le Brexit ne serait donc rien d’autre que des moulinets d’aérogénérateurs à visée hypnotique, autrement dit de la communication destinée à maintenir le gouvernement May en place. Mais les Britanniques ne sont pas les seules dupes : comment les Français réagiront-ils quand ils réaliseront pleinement qu’ils sont dirigés par une oligarchie non élue qui prend des décisions, passe des contrats et signe des accords qui engagent chacun des pays du bloc sans même daigner en notifier ses populations ? Ne parlons même pas de solliciter leur avis… Nous sommes en démocratie, n’est-ce pas ? Ce qui signifie dans leur tête, j’imagine, que chacun est libre de faire ce qu’il veut. Nous sommes libres de faire ce que nous voulons, la bureaucratie dirigeante de l’UE est libre de faire ce qu’elle veut.
L’unification militaire de l’UE

C’est un fait : La majorité des nations de l’UE se sont engagées à une coopération en matière de défense. Le Brexit a donné l’impulsion à l’accélération de la préparation du cadre final de la CSP/PeSCo. La haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini a décrit la signature de la CSP/PeSCo comme « un moment historique pour la défense européenne. » Tout cela s’est négocié sous le radar depuis des années, et en 2017 a fini par émerger, bien que les médias semblent avoir reçu la consigne stricte de ne pas en faire mention – alors même que la cérémonie d’inauguration se célébrait à Bruxelles. De fait, l’unification militaire est l’un des buts de l’UE depuis des décennies. Pour citer un commentateur, « Les plans de défense de l’UE sont associées à la création future d’un État fédéral européen. Avec le système actuel de gouvernance antidémocratique, cela veut dire qu’il sera dirigé par une oligarchie non élue. Les États-nations qui sous-traitent leur défense [à l’OTAN, Ndt] n’existent plus. » L’UE pourra ainsi projeter le même type de puissance militaire que les USA. C’est en train de se produire et cela changera radicalement la géopolitique en Europe, en Eurasie, en Afrique et même au Conseil de sécurité de l’ONU… si l’UE obtient un siège permanent à la table du cartel de tête. Comment la Russie et la Chine vont-elles réagir à cette nouvelle super-puissance ? Et que se passera-t-il pour la France et la Grande-Bretagne ? Les armes nucléaires de ces ex-nations souveraines vont-elles rester sous leur commandement ou vont-elles devenir les armes nucléaires de l’UE ? Les médias grand public ne posent aucunes de ces questions.

Traduction et notes Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire