USA : 6 effets secondaires majeurs du cannabis légal dont personne ne parle

Aux USA en 2107, il est légal de fumer et de posséder du cannabis dans huit États :

–  Alaska, au dessus de 21 ans. Et pas plus d’une once (28 grammes)

– Californie, une once

– Colorado, une once

– Maine, 2, 2 onces

– Massachusetts

– Nevada, une once. Il est illégal d’en faire pousser pour les habitants vivant à moins de 25 miles (40,2 km) d’un débit de cannabis.

– Oregon

– Washington, une once. Il est illégal d’en faire pousser, sauf pour les personnes disposant d’une prescription médicale.

– Washington DC, deux onces

Par Nimby Smith
Source : Cracked.com

 

Aux États-Unis, le mouvement pour la légalisation de la marijuana a fait des pas de géant au cours de ces dernières années. De plus en plus d’États abandonnent leur croisade contre une herbe qui transforme les gens en étudiants de première année de philo amateurs de cochonneries à manger. Mais malheureusement pour ceux qui voulaient que tout roule pour leur dope, il se trouve que la marijuana légale a quelques effets secondaires imprévus, par exemple…

#6 L’herbe légale ne bénéficiera qu’aux blancs

Non seulement la décriminalisation de la marijuana a été saluée comme une victoire pour les libertés individuelles, mais aussi comme un coup porté aux inégalités. Pendant trop longtemps, certaines communautés de ce pays ont été injustement ciblées à la fois par les préjugés et par la police à travers l’illégalité du cannabis. Mais aujourd’hui, chacun pourra profiter des bénéfices du teuche légal, n’est-ce pas ?

Aha ! Pas du tout.

Prenons le Colorado, le berceau du camé légal. Aussi progressiste cet État soit-il, il est bien sûr illégal pour les mineurs de posséder de la marijuana. Ce qui est logique. Il est également logique qu’à cause de ça, la plupart des arrestations liées au cannabis concernent des ados. Et c’est à ce stade que la logique ne s’applique plus : en général, les mineurs arrêtés sont noirs, bien qu’il n’y ait pas de différences raciales significative chez les consommateurs de haschisch.

La police dit que ce n’est pas sa faute, mais plutôt la faute des civils racistes qu’ils doivent protéger et servir. Selon les forces de l’ordre, elles reçoivent beaucoup plus de signalements de comportements suspects quand les comportements en question émanent de personnes non blanches, et la police est obligée d’enquêter. Dans le Colorado, cela signifie que les personnes noires sont 2,5 fois plus susceptibles d’être arrêtées pour possession ou vente de marijuana. [1]

Mais pourquoi s’en tenir au maintien du statu quo quand vous pouvez avancer une pièce dans le long jeu d’échecs représenté par le racisme institutionnalisé ? Le Colorado, et d’autres États ensuite, ont intégré dans leur législation que les gens précédemment arrêtés pour possession de marijuana ne peuvent pas obtenir de licence de culture ou de vente légale de cannabis. Devinez quelle communauté enregistre le plus fort taux d’arrestations ? Au moment où nous écrivons cet article, sur les 424 points de vente du Colorado, un seul était géré par une personne noire. En un an, le haschisch est devenue l’industrie la plus blanche depuis la Country music.

Pour une révolution, c’est une révolution.

#5 Plus d’enfants naissent positifs au THC ou y sont exposés d’autres façons

Un des slogans des adeptes de la marijuana dit que les produits naturels ne peuvent pas faire de mal. Et ils ont en partie raison – personne ne peut nier que fumer du teuche soit plus sain que sniffer du diluant à peinture. Toutefois, certaines personnes ne devraient probablement jamais fumer de cannabis. Des gens atteints de certaines maladies comme la paranoïa ou la schizophrénie, par exemple. Ou la situation décrite par certains médecins comme « abriter un être humain en développement dans son ventre ».

L’argument « mais c’est naturel » tombe un peu à plat quand on réalise que les fourmis rouges et les volcans satisfont également à ce critère.

Malgré toutes ses qualités, la marijuana reste un narcotique puissant. Des études ont démontré qu’elle peut avoir des conséquences désastreuses sur le développement des adolescents, dont les cerveaux normaux peinent déjà surmonter les difficultés de l’apprentissage des maths ; ne parlons même pas de leurs cerveaux quand ils sont encombrés de substances… Donc, le fait que de plus en plus de femmes enceintes en fument et que de plus en plus d’enfants naissent positifs au THC est difficile à défendre, pour le moins.

Il n’y a pas eu beaucoup d’études sur les effets de la marijuana sur les foetus, principalement parce que les médecins ne veulent pas proposer de joints à fumer à des femmes enceintes (une de ces considérations éthiques ennuyeuses). Ce que nous savons est que la marijuana passe la barrière placentaire, ce qui veut dire que les femmes enceintes qui fument leur bang droguent leur foetus dans leur ventre. Cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour une raison étonnante : parce que le cannabis a des propriétés anticancéreuses (l’une des raisons majeures de sa légalisation), il pourrait aussi entraver le développement des cellules des embryons. Cela peut expliquer pourquoi les bébés de consommatrices de cannabis naissent souvent prématurés, souffreteux ou avec un poids insuffisant.

De plus, nous avons bien assez de problèmes comme ça avec les enfants déjà nés qu’il faut emmener aux urgences parce qu’ils ont mangé les gâteaux au haschisch de leurs parents (parce que ça a l’air bien bon). Donc, oui. Les femmes enceintes ne doivent rien fumer. Même pas un jambon.

 

#4 Les producteurs de cannabis abandonnent ses effets curatifs en faveur d’un produit plus fort

Avant, il semblait que les gens pouvaient fumer des joints à longueur de journée. C’est pourquoi il n’y a pas une photo de Bob Marley où il ne fume pas – pas une seule. Mais la raison pour laquelle on ne fume plus à ces niveaux ne tient pas au développement d’une super-résistance aux drogues chez les consommateurs modernes ; c’est parce que notre shit est un million de fois plus fort. Et pire encore.

Selon un labo appelé Charas Scientific, le niveau de THC (le truc qui vous fait oublier quel jour on est) dans la marijuana classique était généralement de 10% ou moins. Aujourd’hui, le niveau moyen est de 18,7%, avec certaines à taux aussi élevés que 30% ou plus. Puisqu’il n’y a pas de restrictions légales sur la mesure dans laquelle vos produits peuvent fiche quelqu’un en l’air, les producteurs de teuche rivalisent d’ingéniosité pour augmenter autant que possible les niveaux de THC de leurs récoltes – et leur base de consommateurs avec.

Ce qui est surprenant, c’est que la plupart des variétés modernes de cannabis ne contiennent pratiquement pas de cannabidiol. Le cannabidiol est la molécule qui donne au cannabis ses propriétés antioxydantes et neuroprotectrices – en d’autres termes, « le cannabidiol est la raison pour laquelle les médecins prescrivent de la marijuana contre l’anxiété, mais pas de la cocaïne contre la narcolepsie. » Ce qui signifie que beaucoup de gens qui fument de la marijuana en pensant qu’elle soulage leurs maux ne font qu’obtenir un état de bien-être transitoire dû aux hautes doses de THC, mais aucun bénéfice pour leur santé. Donc, essentiellement, la légalisation du cannabis en a fait une drogue récréative bien plus qu’un médicament.

Ne faites pas confiance à une dope qui vous fait croire que Phish est audible.

 

#3 Le marché noir existe encore, et ne s’en ira nulle part

L’un des arguments les plus communs, et convaincants, en faveur de la légalisation de la marijuana est qu’elle tuera les trafics illégaux. Vous n’aurez plus besoin d’acheter votre dope à un individu cheulou au coin de la rue ; désormais, vous pourrez obtenir votre herbe dans un magasin tenu par un gérant cheulou, au coin de la rue. Mais beaucoup d’aficionados du chichon ne veulent pas de l’option légale. Il s’avère que les fumeurs de teuche ne sont pas la frange de population la plus proactive, après tout, et nombre d’entre eux s’en tiennent à l’ancien système.

Ce qui semble un gros manque de créativité de la part de gens pourtant capables de fabriquer un bang à partir de tout ce qui leur tombe sous la main.

Par exemple, dans le Colorado, aujourd’hui la capitale du cannabis du pays, 41% des consommateurs obtiennent leur dope de façon illégale. Et ce, pour quelques bonnes raisons. D’abord, parce que les débits de marijuana doivent inclure 30% de TVA, le chichon de la rue revient nettement moins cher. Ensuite, les lois mêmes qui légalisent la vente de marijuana autorisent également sa culture à des fins de consommation personnelle. Ainsi, les botanistes amateurs peuvent fournir tout le quartier en dope et épargner à leurs clients de perdre leur street cred en allant l’acheter plus cher dans un magasin.

Les États sont pris dans une énorme double contrainte. Pour pouvoir engranger les revenus qu’ils nous avaient promis avec la légalisation, ils doivent taxer le marché. Mais c’est aussi ce qui pousse nombre de consommateurs à obtenir leur marijuana dans la rue. Ce qui prouve encore une fois que le gouvernement est plein de crétins qui ne savent pas comment marche le teuche. Pourquoi taxer un fumeur de cannabis quand il est lucide ? Tout ce qu’ils doivent faire est vendre le cannabis détaxé, puis taxer au maximum les ventes nocturnes de cochonneries à manger. Nous construirions rapidement des écoles en or massif. [2]

Et en diamants si on y ajoute une taxe nocturne sur Netflix

#2 La marijuana est une machine à embourgeoiser les quartiers populaires

L’embourgeoisement des quartiers populaires est devenu un fléau pour les petites entreprises et les hipsters. Ces temps-ci, vous ne pouvez plus lancer un pavé dans la rue sans devoir rembourser une vitrine à Starbucks. Il y en a partout. Mais si vous pensez que du café vendu au prix fort n’est pas forcément une chose souhaitable dans votre coin, attendez de voir ce que l’industrie du chichon nous réserve. Il se trouve qu’avec sa clientèle diversifiée, la dope est un business model des plus épatants. Ce qui signifie que nous devons nous préparer à voir un magasin sur deux devenir un débit de cannabis.

Les entreprises du cannabis sont si lucratives qu’elles sont prêtes à payer n’importe quelle somme aux propriétaires (qui ne se privent pas de faire monter les enchères). Elles prennent aussi des tonnes d’espace industriel pour la production. Ce qui veut dire que les entreprises et magasins locaux finissent par être chassés de leur propre communauté, incapables qu’ils sont de concurrencer le business du teuche et ses astucieux entrepreneurs (qui s’appellent tous Bodhi).

Bodhi occupé à négocier un contrat juteux au téléphone.

Mais il y a plus que les vitrines de débits de cannabis et la production. Là où se trouve de la marijuana légale, il y a une raison pour les jeunes diplômés et autres CSP+ moins jeunes de venir taper à la porte. Denver a été le premier endroit où la marijuana est devenue légale. Depuis, les prix de l’immobilier ont explosé – en partie grâce à la marijuana. Cela affecte l’accès à la propriété, mais pas seulement : tous les quartiers populaires y ont perdu leur caractère, dont de plus, les mendiants et les squatteurs ont été virés pour faire place aux célébrants des libertés individuelles et à leurs poches pleines de cash.

#1 Cela cause toutes sortes de désagréments aux forces de l’ordre

Quand nous entendons que l’herbe est désormais légale dans un État, beaucoup de gens imaginent que cela signifie « totalement légale » alors que dans les faits, c’est « assez pas illégale parfois, quoique ça dépend ». La jungle des législations qui entourent l’herbe est devenue si luxuriante que les forces de l’ordre ne savent plus quand elles sont censées poursuivre quelqu’un pour trafic ou pas.

A tel point que les flics de Denver ont demandé à l’État de cesser de légiférer sur le cannabis pendant un temps, parce que la législation changeait à un rythme tel qu’ils ne savaient plus exactement ce qui était légal et ce qui ne l’était pas, ce qui les menait à confisquer des stocks d’herbe qui pouvaient être parfaitement légaux. Ou non.

Sans même parler des tensions entre les États où l’herbe est légale et ceux où elle ne l’est pas. Par exemple, les procureurs généraux du Nebraska et de l’Oklahoma ont entamé des procédures judiciaires contre le Colorado peu après sa légalisation de la marijuana parce que selon eux, elle place un fardeau injuste sur leurs épaules : ils doivent combattre un crime à la frontière d’un État qui a décidé que le crime en question n’en est plus un. Combattre et confisquer de l’herbe qui devient illégale à la seconde où elle change d’État demande une tonne de ressources policières payées par l’argent du contribuable, et ils refusent d’endosser les dépenses engendrées par la législation d’un autre État.

Ok, tu as droit à un coup de fil. Si tu veux l’utiliser pour commander un sandwich, ça nous arrange parce qu’on n’a pas de quoi te donner à manger.

Une autre complication ? Conduire quand on est raide est illégal, de toute évidence, mais les forces de l’ordre ne disposent pas de test fiable pour les niveaux de cannabis, principalement parce qu’il n’y en a pas d’assez rapides. Mais même s’il y en avait, les niveaux de marijuana ne traduisent pas forcément le niveau d’intoxication de la personne testée. Les chercheurs et les entreprises cherchent jour et nuit pour être les premiers à mettre un bon « cannabinotest » sur le marché, mais sa mise en place demandera du temps. Quelques personnes disent qu’un test sur la salive serait plus efficace. Indubitablement, en tous cas, il enregistrerait de meilleurs niveaux d’approbation, parce qu’aucun chauffard fonçant sur l’autoroute dans sa Honda Civic ne manquerait l’occasion de cracher vers un flic.

Nous n’arrivons même pas à nous mettre d’accord sur le fait que conduire totalement fracassé handicape la conduite. Selon certains activistes, nous ne pouvons pas savoir du tout si la marijuana entame la capacité à conduire ou non, alors que les vraies recherches et le bon sens suggèrent que c’est bien sûr le cas. La conclusion est que la légalité de l’herbe (tout comme la légalité de l’alcool) va bien au delà de la seule question de la légalité de sa possession et de sa consommation. Arriver à lisser tout ça va prendre du temps. C’est du boulot, les mecs.

Avec cet article, Nimby Smith a perdu toute sa street cred.

Traduction Entelekheia
Image Pixabay

[1] NdT, Aux USA, l’emprisonnement des noirs et des latinos est un business en soi. Voir ‘USA, l’esclavage encore aujourd’hui’.

[2] Les États qui ont légalisé ont prévu de prioritairement allouer les rentrées fiscales du business du cannabis légal à la construction d’écoles.

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