Le Parti républicain joue-t-il le jeu de Trump – Jusqu’à ce qu’il puisse s’en défaire ?

Les conditions sont-elles réunies, ou le seront-elles à court terme, pour qu’il arrive la même chose à Donald Trump qu’à la présidente du Brésil Dilma Rousseff en septembre dernier, une destitution ? Peut-on passer  des compromis viables avec des ennemis puissants comme Rousseff l’a fait à son détriment et comme Trump le tente aujourd’hui, sachant que ces personnages ne travaillent avec vous qu’en attendant le moment où ils pourront vous glisser une peau de banane sous les pieds ?

Même si, à cause de son caractère naïf et caricatural (les stéréotypes de Républicains qui « demandent des coupes sombres dans les programmes de lutte contre la pauvreté », Donald Trump qui serait « un gros ego totalement idiot qui a totalement perdu la tête »), nous pensons que la conversation rapportée ci-dessous est imaginaire, elle n’en décrit pas moins un scénario plausible.

Sortie de scène, côté cour – Comment le Brésil a invité la destitution de Rousseff‘ est à rapprocher du bref article qui suit.


Par Robert Bernard Reich
Paru sur Information Clearing House sous le titre How the GOP Is Playing Trump Until They Can Dump Him


J’ai récemment pris un petit-déjeuner avec un ami qui est un ex-membre républicain du Congrès. Voici ce qu’il a dit :

Lui : Trump n’est pas un républicain. C’est juste un gros ego.

Moi : Alors pourquoi n’avez-vous rien dit contre lui pendant la campagne ?

Lui : Vous voulez rire ? J’étais entouré d’électeurs de Trump.

Moi : Donc, qu’est-ce qui se passe à partir de là ? Qu’est-ce que vos ex-collègues républicains vont faire ?

Lui (avec un sourire suffisant) : ils vont jouer le jeu pendant un temps.

Moi : Un temps ?

Lui : Ils en obtiendront tout ce qu’ils veulent – des abattements d’impôts, des dérégulations, une montée en puissance de l’armée, des coupes sombres dans les programmes de lutte contre la pauvreté, et puis ils se tourneront vers les assurances médicales – et ils rejetteront les responsabilités sur lui. Et il est tellement idiot qu’il assumera tout et qu’il en sera fier.

Moi : Et ensuite ?

Lui (en riant) : Ils aiment bien Pence (Ndt, le vice-président).

Moi : Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Lui : Pence est leur homme. Ils pensent tous que Trump a perdu la tête.

Moi : Et donc ?

Lui : Donc, dès que Trump fera quelque chose de vraiment bête – qu’il dépassera les bornes – qu’il violera la loi de façon trop stupide et maladroite… et vous savez que ce sera le cas…

Moi : Ils le destitueront ?

Lui : Bien sûr. Ils appuieront sur la gâchette.

 

Robert Bernard Reich est commentateur politique, professeur et auteur. Membre du Parti démocrate, il a travaillé pour les administrations des présidents Gerald Ford et Jimmy Carter, et a été Secrétaire du travail sous la présidence de Bill Clinton entre 1993 et 1997. 

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