Coûteuses, peu efficaces et laides : les éoliennes en perte de vitesse

Un article à inscrire dans le contexte de la crise énergétique actuelle, qui voit des pays rouvrir en catastrophe les quelques centrales à charbon qui leur restent pour compenser le faible rendement des éoliennes causé par un manque de vent au cours de ces derniers mois, par exemple le Royaume-Uni.

Est-il bien sage de compter sur une énergie aussi dépendante des aléas de la météo ? Peut-on se permettre de voir les prix de l’énergie exploser abruptement, d’une façon qui pourrait devenir récurrente, selon les caprices du temps ? D’autant plus qu’aujourdhui, le président russe Vladimir Poutine a confirmé que la flambée actuelle du prix du gaz en Europe de l’Ouest est due à une dépendance malavisée à l’énergie éolienne ? – Corinne Autey-Roussel


Par Maxime Perrotin
Paru sur Sputnik News


Les éoliennes marquent le pas dans l’opinion des Français, une première alors que la France entend y recourir massivement afin de diminuer sa production d’électricité nucléaire. Retour sur les raisons d’un désamour croissant naissant.

Le vent commencerait-il à tourner pour les éoliennes? Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting, réalisé pour Le Figaro et publié fin septembre, l’opinion positive des Français à leur égard aurait fondu de 17 points en deux ans. À l’opposé, le nucléaire a gagné 17 points d’opinions favorables. Malgré cette chute, les éoliennes conservent une longueur d’avance: 63% des Français continuent d’en avoir une opinion favorable, contre une courte majorité (51%) concernant le nucléaire. Un comble dans un pays dont les trois quarts de l’électricité dépendent de l’atome.

Depuis plusieurs mois, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le développement à marche forcée de ces aéromoteurs. De la baie de Saint-Brieuc, où 62 éoliennes de 207 mètres doivent être installées à l’emblématique montagne Sainte-Victoire, dans le Haut-Var, où des éoliennes ont poussé jusque dans la réserve naturelle, en passant par les élevages bovins décimés de Nozay (Loire-Atlantique), la colère gronde dans les campagnes et les recours se multiplient contre les projets éoliens.

Il semblerait que l’éolien soit une énergie qui n’aille pas dans le bon sens de l’écologie », réagit auprès de Sputnik François Rollet, porte-parole de l’association Action écologie, qui entend « prendre le contrepied de la doxa générale ».

J’ai été personnellement surpris par le nombre d’associations et de personnes mobilisées contre les projets éoliens », relate ce jeune entrepreneur agricole qui depuis un an, s’est engagé dans le combat contre l’installation tous azimuts de ces structures qui « saignent à blanc les paysages français ». Toutefois, ces associations restent « très locales », engagées contre des projets éoliens dans des zones très précises et « n’ont donc pas d’écho à l’échelle nationale », concède-t-il.

Popularité des éoliennes: -17%, mais encore à 63% d’opinions favorables

Impact sur la faune, multiples nuisances pour les riverains, coûteuses pour la collectivité, menaces sur la pêche et le tourisme: « l’éolien présente plus d’inconvénients que d’avantages », concluait un rapport d’Action écologie publiée en avril, pointant du doigt les différents effets pervers des aéromoteurs.

« Quand Barbara Pompili nous dit que les éoliennes, c’est génial, on ne sait pas vraiment pourquoi. Il n’y a pas de chiffres, ce n’est pas documenté », estime François Rollet, fustigeant les « non-dits « autour de l’éolien. « Sur tout son cycle de vie, les émissions de CO2 de l’énergie éolienne sont extrêmement faibles, inférieures à 20 g CO2/kWh, à comparer avec les émissions du mix électrique français qui varient de 40 à 90 g CO2/kWh », affirme pourtant la ministre de la Transition écologique.

Une affirmation qui fait peu de cas du recyclage problématique des éoliennes, de la pollution visuelle et sonore qu’elles entraînent et de la nécessité de recourir aux énergies fossiles en complément de la force du vent, selon Stéphane Bern. Le journaliste et écrivain avait pourfendu l’éolien, une « négation de l’écologie », dans une tribune remarquée publiée fin mai. Trois jours plus tôt, face aux critiques, Barbara Pompili avait réaffirmé la « nécessité absolue » de développer les éoliennes. Son cap: faire passer leur nombre de 8.000 à 20.000 d’ici 2028.

« Il peut y avoir une dichotomie entre ceux qui ne voient pas les éoliennes en face de chez eux et ceux qui les subissent au quotidien », soupire François Rollet, qui plaide pour « une écologie plus ancrée dans les réalités. »

Permaculture, protection des littoraux, fin de l’artificialisation des sols, autant « de mesures beaucoup plus concrètes et moins tape-à-l’œil », selon lui. Les éoliennes « cristallisent le débat entre une écologie déracinée, hors sol, qui par exemple va nous dire d’en finir avec les voitures et une écologie plus ancrée dans les réalités », soutient le porte-parole d’Action écologie.

Éolien, étendard d’une « écologie hors sol » ?

Face à la grogne et alors que l’échéance des Présidentielles se rapproche, à Paris on cherche à donner des gages. Le 5 octobre, la ministre de la Transition écologique a ainsi présenté des mesures visant à permettre « un développement responsable de l’éolien« . Mais peut-on parler de réelles mesures? Face au cycle de vie de l’éolienne, écologiquement peu vertueux, la ministre appelle à renforcer le recyclage des pales et des pylônes des éoliennes. C’est oublier que ces éléments en matériaux composites ne sont que la face émergée de l’iceberg. En effet, pour couler le socle enterré d’une éolienne terrestre (bien plus petites que leurs cousines maritimes) il faut 60 camions-toupies de 25 tonnes de béton. Renforcé par un treillis de 40 tonnes d’acier, il est inenvisageable de pouvoir les retirer un jour.

Autre mesure annoncée: l’obligation pour les promoteurs de « consulter » le maire. Les mots ont leur sens, car l’élu n’aura toujours pas le droit de s’opposer au projet. Pour convaincre les communes, Barbara Pompili agite une carotte: la création d’un fonds de sauvegarde du patrimoine naturel et culturel. Abondé à hauteur de 1% des recettes liées à la vente d’électricité de la filière éolienne, celui-ci pourrait être de 40 millions d’euros par an, insiste-t-on au ministère.

Des clopinettes au regard de ce que coûte aux Français le développement de l’éolien. Rien que pour l’adaptation du réseau électrique national à l’arrivée de ces nouveaux moyens de production intermittents, RTE et Enedis ont annoncé fin 2020 l’investissement de pas moins de 100 milliards d’euros sur quinze ans. Cette somme sera répercutée sur la facture d’électricité des Français, déjà alourdie par la hausse de 650% en vingt ans de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE), destinée au financement de la transition énergétique.

S’ajoute à cela le rachat par EDF de la production électrique des éoliennes privées à des tarifs gonflés. Cette obligation contribue depuis près de vingt ans à plomber les comptes de la compagnie publique. Un « désastre financier », déplore François Rollet « Cela représente près de la moitié du budget du ministère de l’Agriculture », enchérit-il.

Transition énergétique, un « désastre financier »?

Néanmoins, les partisans de l’éolien ne désarment pas. Leur principal argument face à ces critiques venues « du lobby nucléaire et de l’extrême droite » : la part du nucléaire allant diminuer, il n’y a aucune alternative au développement de l’éolien afin de compenser cette réduction. Barbara Pompili elle-même a en effet acté la baisse à 50% du nucléaire dans le mix énergétique tricolore. Pour répondre à cet objectif, 14 réacteurs nucléaires sur les 56 restant après la fermeture de ceux de Fessenheim doivent être mis à l’arrêt d’ici 2035.

Un cap totalement incompréhensible pour François Rollet à l’heure du tout électrique. En effet, selon les chiffres de RTE, une éolienne produit de l’électricité en moyenne 25% du temps, obligeant à recourir à d’autres sources d’énergie pour produire de l’électricité le reste du temps, notamment le gaz, voire le charbon, comme en Allemagne.

Reste à savoir si les Français appréhendent pleinement les enjeux de ce tournant dans l’approvisionnement énergétique de leur pays. Pour conclure sur une autre enquête d’opinion, selon une étude BVA menée en avril 2019, non seulement les Français sous-estiment la part du nucléaire dans l’approvisionnement énergétique du pays, mais près de deux tiers d’entre eux (69%) estimaient que la production d’électricité nucléaire contribue au dérèglement climatique. Pour faire simple, deux Français sur trois prennent les panaches de vapeur d’eau qui s’échappent des tours de réfrigération des centrales nucléaires pour de la fumée chargée en dioxyde de carbone. Bref, que le nucléaire repose sur une combustion. Et si, finalement, le premier rempart contre les manipulations de certains lobbys et discours politiques était l’éducation ?

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