Le New York Times couvre ses mensonges réfutés sur Peng Shuai avec de nouveaux mensonges

Cette histoire anecdotique est peu reluisante, mais c’est celle d’une jeune femme attirée par l’aura de pouvoir d’un homme beaucoup plus âgé haut placé, d’une épouse complaisante et d’un adultère (du Feydeau !), et non d’une quelconque agression sexuelle. Mais elle est symptomatique de la façon dont les « fake news » des médias grand public sont fabriquées et maintenues : aucune dénégation, aucune protestation d’innocence ne peuvent lever les soupçons qui pèsent sur toute l’affaire. Chaque mot, chaque attitude sont réinterprétés pour servir la vision d’un gouvernement chinois d’une perfidie sans bornes, maniant en expert la menace, la contrainte et les foudres de la censure. L’ex-dirigeant du PCC un peu trop concupiscent Zhang Gaoli devient Fu Manchu, ni plus ni moins, Peng Shuai est sa victime infortunée et le gouvernement chinois la bâillonne pour couvrir le monstre né de ses entrailles. Voilà, c’est tout. Circulez.


Par B
Paru sur Moon of Alabama sous le titre New York Times Covers Up Its Debunked Lies About Peng Shuai By Adding New Ones


La star chinoise du tennis Peng Shuai a récemment donné une interview dans laquelle elle réfute divers mensonges que le New York Times et d’autres médias ont proférés à son sujet.

Hier, le NYT a répondu en fabriquant et en publiant d’autres mensonges à son sujet.

Récapitulons :

À la mi-novembre, le New York Times a lancé une campagne de boycott des Jeux olympiques de Pékin. Comme l’avait rapporté Moon of Alabama à l’époque :

Le New York Times invente une affaire #MeToo d’ « agression sexuelle » pour accuser la Chine

Une campagne de boycott des Jeux olympiques d’hiver de Pékin est en cours. Les médias occidentaux s’emploient à promouvoir une approche anti-chinoise des jeux. Leur objectif est un boycott politique, afin que personne « de bonne réputation » n’ose s’y rendre.

Le 2 novembre, par un heureux hasard, une sportive chinoise bien connue a publié sur le site de réseaux sociaux chinois Weibo une triste histoire sur la fin de son histoire d’amour avec un homme âgé qui avait été puissant. Ce message a été rapidement retiré, probablement par la femme elle-même, mais il était trop tard pour empêcher les médias occidentaux « woke » et les militants du boycott olympique d’en faire toute une histoire.

Le lendemain de la publication et du retrait du message, le New York Times a déformé les faits pour en faire une histoire « woke » anti-Chine :

Une star du tennis chinoise accuse un ancien dirigeant d’agression sexuelle

L’accusation de Peng Shuai contre Zhang Gaoli porte pour la première fois le mouvement #MeToo embryonnaire dans le pays jusqu’aux échelons supérieurs du Parti communiste.

Or, une lecture attentive de l’article du NYT révélait qu’il n’y avait aucune preuve qu’une « agression sexuelle » quelconque avait eu lieu, ou que Peng Shuai ait jamais prétendu qu’il y en avait eu une :

Où est l’ « agression sexuelle » du titre, pourrait-on demander. L’article du NYT ne le dit pas :

Zhang a pris sa retraite en 2018 et, selon le récit de Mlle Peng, les deux ont repris une relation qui avait commencé lorsqu’il était en poste à Tianjin, entre 2007 et 2012. Elle a déclaré qu’il l’avait agressée pour la première fois après l’avoir invitée à jouer au tennis avec lui et sa femme. « Je n’ai pas consenti cet après-midi-là, j’ai pleuré tout le temps », a-t-elle écrit, sans préciser quand l’agression avait eu lieu exactement.

Mais à l’examen, il s’avère qu’aucune « agression » n’a eu lieu. Peng Shuai n’a jamais affirmé une telle chose. Le New York Times l’a inventée !

Une traduction intégrale en anglais du message de Peng Shuai sur Weibo est disponible ici.

Le post de Peng Shuai sur Weibo ne parle pas d’une « agression » sexuelle ou autre à son encontre. Son message portait sur sa relation de long terme avec un homme plus âgé qui venait de se terminer. Elle était triste lorsqu’elle a écrit ce texte. En voici un extrait :

L’attirance amoureuse est une chose tellement compliquée à expliquer clairement. À partir de ce jour, j’ai retrouvé mon amour pour toi. Pendant tout le temps que j’ai passé avec toi après cela, en me basant uniquement sur nos interactions, tu étais une très bonne personne et tu me traitais bien. Nous parlions de l’histoire récente, ainsi que des époques anciennes. Tu m’as instruite sur tant de sujets, et nous avions des discussions sur l’économie, la politique. Nous n’étions jamais à court de sujets de conversation. Nous jouions aux échecs, nous chantions, nous jouions au ping pong, nous jouions au billard et nous jouions aussi au tennis ensemble. Nous nous sommes toujours bien amusés. C’était comme si nos personnalités s’accordaient parfaitement.

Où parle-t-elle d’ « agression sexuelle » dans tout cela, s’il vous plaît ?

Deux semaines plus tard, à l’étape suivante de sa campagne, le New York Times a déclaré que Peng Shuai avait « disparu ».

Le circuit de tennis professionnel féminin a annoncé mercredi qu’il suspendait immédiatement tous les tournois en Chine, y compris à Hong Kong, en réponse à la disparition de la vie publique de la star du tennis Peng Shuai après qu’elle ait accusé un haut dirigeant du Parti communiste d’agression sexuelle.

Avec cette décision, l’Association des joueuses de tennis (Women’s Tennis Association, WTA) est devenue la seule grande organisation sportive à s’opposer à l’autoritarisme croissant du gouvernement chinois.

Cependant, comme rapporté par Moon of Alabama à ce moment, Peng Shuai n’avait pas disparu du tout :

Peng Shuai n’a pas disparu de la vie publique. Elle a envoyé un courriel à la WTA en lui demandant de respecter sa vie privée. Elle a posté des photos d’elle et une vidéo la montrant en train de participer à un événement public de tennis et d’aller dîner dans un restaurant. Le Comité international olympique (CIO) a tenu une vidéoconférence de 30 minutes avec elle et l’a trouvée heureusement bien vivante.

Malgré cela, la WTA, et en particulier Steve Simon, son directeur général, a préféré rendre l’affaire publique et continuer de se mêler de sa vie privée.

Le CIO, en revanche, est resté discret et a fait preuve de respect pour la vie privée de Peng Shuai. Un court extrait de leur conversation vidéo a été publié avec son consentement.

Et aujourd’hui, le CIO a annoncé qu’il avait tenu une autre vidéoconférence avec Peng Shuai.

Une recherche sur le site Web du New York Times révèle que, depuis le 2 novembre, le journal a publié 82 nouvelles et articles d’opinion, éditoriaux et notes d’information mentionnant Peng Shuai.

Il est évident que le journal ne veut pas lâcher la fake news qu’il a lui-même concoctée.

La dernière nouvelle est que Peng Shuai réfute directement les fausses affirmations que le New York Times et d’autres médias avaient faites à son sujet :

La star chinoise du tennis Peng Shuai a nié avoir affirmé qu’un haut dirigeant du Parti communiste l’avait agressée sexuellement, malgré sa publication sur les réseaux sociaux en novembre, et a insisté sur le fait qu’elle vit librement, lors de sa première interview dans les médias depuis que ses accusations ont suscité des inquiétudes quant à sa sécurité.

Le journal en langue chinoise Lianhe Zaobao a publié une vidéo de Peng dans laquelle elle dit être restée principalement chez elle à Pékin, mais être libre d’aller et venir comme elle le souhaite.

« Tout d’abord, je tiens à souligner quelque chose de très important. Je n’ai jamais dit ni écrit quoi que ce soit pour accuser quiconque de m’avoir agressée sexuellement », a déclaré Peng dans une séquence apparemment filmée avec un téléphone, lors d’un événement sportif à Shanghai dimanche.

« Je tiens à souligner ce point très clairement », a-t-elle poursuivi.

Une vidéo de l’interview de 6 minutes, qui semble spontanée, peut être vue ici.

Vous pouvez vous demander ce que le NYT fait de tout cela. Va-t-il continuer à mentir ?

Eh bien, c’est le New York Times, alors bien sûr.

La joueuse de tennis chinoise nie les allégations d’abus sexuels, soulevant de nouvelles questions

Peng Shuai a déclaré dans une interview accordée à un journal singapourien qu’elle avait été mal comprise. Elle a également déclaré : « J’ai toujours été très libre ».

Peng Shuai, la star du tennis chinois dont le récit d’agression sexuelle par un ancien dirigeant du Parti communiste a déclenché des semaines de tensions et galvanisé les appels au boycott des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, est revenue sur son affirmation selon laquelle elle avait été agressée sexuellement.

Peng Shuai n’est bien sûr « revenue » sur rien. Elle n’avait jamais dit avoir été « agressée sexuellement », pour commencer. C’est seulement le NYT qui avait fait cette affirmation et qui ne veut pas « revenir » sur ses propos.

Mlle Peng a fait ces commentaires dans une interview publiée dimanche par un journal singapourien. Mais cette rétractation ne semble pas de nature à dissiper les inquiétudes quant à son bien-être et les soupçons selon lesquels elle aurait été la cible de techniques de pression bien rodées et d’une campagne de propagande de la part des autorités chinoises.

Il n’y a pas eu de « rétractation ». Elle n’a jamais fait cette déclaration. Cependant, avec cette phrase, le NYT annonce qu’il va poursuivre sa campagne en maintenant sa lamentable fake « news ».

La controverse a éclaté le mois dernier lorsque Mlle Peng a écrit dans un message sur Weibo, une plateforme de réseaux sociaux chinoise, qu’elle avait entretenu une relation intermittente pendant des années avec Zhang Gaoli, aujourd’hui âgé de 75 ans, un vice-premier ministre chinois à la retraite. Elle a déclaré que lors d’une rencontre avec lui il y a environ trois ans, elle n’avait « pas donné son consentement » et qu’elle « pleurait tout le temps ».

C’est faux. Ces citations sont fausses. Peng Shuai n’a pas écrit qu’elle « pleurait tout le temps ». Elle décrit simplement la façon dont son ancien amant avait voulu reprendre la liaison avec elle après une pause de plusieurs années. J’ai décrit son récit en citant les parties pertinentes de son post :

[Il n’avait pas oublié Peng Shuai et dès qu’il a pris sa retraite, il l’a de nouveau contactée :

Il y a environ trois ans, Zhang Gaoli vice président, tu as pris ta retraite. Tu as demandé au Dr Liu, du centre de tennis de Tianjin, de me contacter, et tu m’as demandé de jouer au tennis avec toi à l’hôtel Kang Ming, à Pékin. Après avoir joué au tennis, toi et ta femme Kang Jie m’avez emmené chez vous. Puis tu m’as emmenée dans ta chambre. Comme il y a dix ans à Tianjin, tu voulais faire l’amour avec moi.

Elle ne voulait pas faire l’amour cet après-midi-là et elle ne prétend nulle part qu’ils aient eu des relations sexuelles à ce moment. Il a demandé du sexe. Elle a dit non. Il ne s’est rien passé. Elle était restée pour le dîner :

Cet après-midi-là, je n’étais pas d’accord, et j’ai continué à pleurer. J’ai dîné avec toi et tante Kang Jie. Tu as dit que l’univers est très très grand. La terre n’est qu’un grain de sable dans l’univers, et nous, les êtres humains, sommes plus petits qu’un grain de sable. Tu as dit beaucoup plus que cela, et le but était essentiellement de me persuader de baisser ma garde. Après le dîner, je n’étais toujours pas prête à faire l’amour. Tu as dit que tu me détestais. Tu as dit que pendant ces sept années, tu ne m’avais jamais oublié, que tu me traiterais bien, etc… J’étais terrifiée et anxieuse. En tenant compte de l’affection que j’avais eue pour toi il y a sept ans, j’ai accepté… oui, nous avons eu des rapports sexuels.

Elle a accepté, ils ont eu des rapports sexuels, avec beaucoup d’affection l’un pour l’autre…

Le NYT ment lorsqu’il affirme que Peng Shuai a écrit qu’elle « n’a jamais été consentante ». Le NYT ment lorsqu’il affirme que Peng Shuai a écrit qu’ « elle pleurait tout le temps ». C’est ce qui s’était passé « cet après-midi-là ». Le même jour, après le dîner, Peng Shuai était de bonne humeur, était à nouveau tombée amoureuse, avait explicitement « accepté » de recoucher avec son amant.

Après cela, leur bonheur partagé a duré pendant plus de trois ans, avec consentement et sans pleurs.

Le NYT maintient également son deuxième gros mensonge, selon lequel Peng Shuai aurait « disparu », alors qu’elle n’avait fait que réfuter les affirmations faites à son sujet et demander le respect de sa vie privée :

Elle a ensuite brusquement disparu de la scène publique, et l’inquiétude du monde entier quant à son sort s’est accrue. Plus tard, dans une déclaration écrite, elle a semblé chercher à retirer son accusation, et la Women’s Tennis Association et d’autres joueuses professionnelles se sont ralliées à elle, affirmant qu’elles pensaient que sa déclaration avait été écrite sous contrainte officielle.

Peng Shuai « n’a pas cherché à retirer son accusation ». Elle n’en avait jamais fait aucune. Le NYT l’a inventée.

Dans la campagne de désinformation dénuée de faits diffusée par le New York Times, un mensonge en appelle un autre. Chaque fois qu’un de ses mensonges est révélé, le NYT ignore les preuves et ajoute de nouveaux mensonges aux précédents pour continuer sa campagne de désinformation. Il va même jusqu’à citer de travers, hors contexte, les propos du post original.

Après avoir faussement prétendu que Peng Shuai était revenue sur des accusations qu’elle n’avait jamais portées et avait « retiré » une histoire qu’elle n’avait jamais racontée, après avoir inséré des fausses citations dans l’histoire et répété la fausse affirmation selon laquelle Peng Shuai avait « disparu », le NYT revient brièvement aux faits :

Dans l’interview accordée à Lianhe Zaobao, un journal singapourien en langue chinoise, Mlle Peng, 35 ans, a déclaré : « Tout d’abord, je tiens à souligner un point très important : je n’ai jamais dit ou écrit que qui que ce soit m’avait agressée sexuellement. »

« Il a pu y avoir des malentendus de la part de tout le monde », a-t-elle déclaré à propos de son post initial sur Weibo.

Mlle Peng a également nié avoir été assignée à résidence ou avoir été forcée à faire des déclarations contre sa volonté.

« Pourquoi quelqu’un me surveillerait-il ? » a-t-elle déclaré. « J’ai toujours été très libre ».

Après avoir cité la déclaration spontanée de Peng Shuai, qui réfute tout ce que le NYT avait affirmé à son sujet, le journal poursuit en mettant en doute son explication :

Son démenti a suscité le scepticisme des défenseurs des droits de l’homme, qui ont déclaré que les autorités chinoises semblaient l’avoir obligée à répéter ses apparitions vidéo.

Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, a déclaré sur Twitter que la dernière déclaration de Mlle Peng « n’a fait qu’accroître les inquiétudes quant à la pression à laquelle le gouvernement chinois la soumet ».

Kenneth Roth est bien sûr un menteur avéré, il est donc normal que le New York Times menteur le cite.

Les rédacteurs du New York Times se demandent-ils parfois pourquoi plus personne ne fait confiance aux affirmations de leur journal ?

Traduction et note de présentation Corinne Autey-Roussel
Illustration : Couverture du livre The Insidious Dr. Fu Manchu, de Sax Rohmer (détail)

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