Des oiseaux migrateurs de destruction massive

Par M.K Bhadrakumar
Paru sur Indian Punchline sous le titre Migratory birds of mass destruction


L’albatros, un célèbre oiseau migrateur, est aussi un oiseau capable d’amour. Il est connu pour être monogame, et forme des liens de long terme avec un partenaire qui sont rarement rompus. Les couples ne se séparent jamais avant la mort de l’un des deux oiseaux. 

Le 6 avril, le Conseil de sécurité des Nations Unies a été le siège d’un événement extraordinaire sous la rubrique Réunion sur la sécurité biologique selon la formule Arria concernant les activités biologiques dans les pays, y compris l’Ukraine. Comme on pouvait s’y attendre, les représentants des États-Unis et du Royaume-Uni ne se sont pas présentés à l’événement, et les médias occidentaux ont également passé les débats sous silence. Mais cela n’enlève rien à la signification profonde de ce qui s’est passé.

Le point culminant des débats du Conseil de sécurité, qui ont duré plus de deux heures, a été la révélation par le général Igor Kirillov, chef des forces de défense contre les radiations, les produits chimiques et biologiques des forces armées russes, que Washington est en train d’installer des laboratoires biologiques dans différents pays et de les relier à un système unifié.

Il a déclaré que les États-Unis ont dépensé plus de 5 milliards de dollars dans des programmes biologiques militaires depuis 2005 et a précisé que dans les seuls territoires limitrophes de la Russie et de la Chine, une soixantaine d’installations ont été modernisées au cours de cette période. Le réseau ukrainien de laboratoires, conçu pour mener des recherches et surveiller la situation biologique, comprend 30 installations réparties sur 14 sites situés dans des zones peuplées.

Des matériaux hautement sensibles provenant des laboratoires biologiques ukrainiens ont été envoyés aux États-Unis début février, juste avant le début de l’opération spéciale russe, et le reste a reçu l’ordre d’être détruit, par crainte de le voir tomber entre les mains des Russes. Mais la dissimulation n’a été que partiellement réussie. En effet, la Russie est en possession de preuves hautement compromettantes.

Auparavant également, la Russie avait publié un certain nombre de documents relatifs aux activités militaires biologiques du Pentagone, qui pointaient vers un projet mondial visant à installer des laboratoires biologiques dans des pays rivaux, dans le but de développer des armes virales ciblées contre ces pays.

Les actes de la conférence du Conseil de sécurité du 6 avril sont dans le domaine public et sont accessibles. Voir la vidéo ci-dessous :

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La Russie a formulé des allégations précises, pointant du doigt :

  • Le financement par le Pentagone de bio-laboratoires en Ukraine ;
  • L’emplacement de ces bio-laboratoires (pas seulement en Ukraine mais dans 36 pays du monde) ;
  • Les maladies et épidémies sur lesquelles des travaux de recherche sont en cours, en se concentrant sur les moyens de leur diffusion, les pays où ils sont testés (parfois même à l’insu des gouvernements de ces pays) ; et, bien sûr,
  • les expériences relatives aux coronavirus (et aux chauves-souris utilisées pour transmettre ce virus).

Cependant, les États-Unis ont jusqu’à présent refusé catégoriquement d’accepter toute supervision et enquête sur ces preuves compromettantes et ont fait obstruction à la demande d’un mécanisme de vérification. Il est peu probable que les États-Unis autorisent un processus de vérification international susceptible de révéler qu’ils se livrent à des crimes contre l’humanité – bien qu’il existe des cadres appropriés, notamment la Convention sur les armes biologiques (CIAB) et l’ONU, pour écouter les éclaircissements du pays concerné de manière équitable et impartiale.

Une « découverte » stupéfiante sur laquelle les forces russes en Ukraine sont tombées est l’utilisation d’oiseaux bagués par les laboratoires financés par le Pentagone. Cela sort presque d’un livre de science-fiction, et Alfred Hitchcock aurait pu en tirer un film épique où la tromperie se mêle à l’innocence et où la cruauté de l’homme envers la nature devient insupportablement grotesque. Le projet fonctionne comme suit :

Pour commencer, le Pentagone accède aux données scientifiques disponibles auprès de spécialistes de l’environnement et de zoologistes qui étudient les migrations des oiseaux et les observent tout au long des saisons, pour apprendre le chemin que ces oiseaux empruntent chaque année dans leur voyage saisonnier d’un pays à l’autre, et même d’un continent à l’autre.

Sur la base de ces données, des groupes d’oiseaux migrateurs sont capturés, numérisés et on leur attache des capsules de germes qui portent une puce contrôlée par ordinateur.  Ces oiseaux sont ensuite relâchés au sein de groupes d’oiseaux migrateurs en chemin vers les pays-cibles envers lesquels les services de renseignement américains ont des intentions malveillantes.

Bien entendu, ces oiseaux migrateurs parcourent de grandes distances d’une région à l’autre, d’un continent à l’autre. Le Grand Albatros, par exemple, est connu pour migrer sur au moins 8500 km vers l’est à travers le Pacifique Sud jusqu’à la côte de l’Amérique du Sud, et de nombreux Albatros à cape blanche migrent vers l’ouest à travers l’océan Indien jusqu’à la côte de l’Afrique du Sud.

Pendant le long vol des oiseaux qui ont été numérisés dans les laboratoires biologiques du Pentagone, leur mouvement est suivi pas à pas au moyen de satellites et leur localisation exacte est déterminée. Selon le concept, si l’administration Biden (ou la CIA) a besoin d’infliger des dommages, disons à la Russie ou à la Chine (ou à l’Inde), la puce est détruite lorsque l’oiseau se trouve dans leur ciel.

En clair, il s’agit de tuer l’oiseau porteur de l’épidémie. Avec tristesse, je repense au roman de l’auteur américain Harper Lee To Kill a Mocking Bird (Ne tuez pas l’oiseau moqueur), une histoire obsédante d’innocence détruite par le mal.

Pour revenir à la réalité, une fois que l’oiseau « bagué » est tué et que la capsule de germes qu’il transporte est libérée, la maladie se propage dans le pays « X » ou « Y ». C’est une méthode très bon marché pour nuire à un pays ennemi sans qu’il soit nécessaire de recourir à la guerre, à un coup d’État ou à une révolution de couleur.

Les Russes ont déclaré, de façon choquante, qu’ils sont en fait en possession d’oiseaux migrateurs porteurs de bagues numériques de ce type, trouvés dans les laboratoires biologiques du Pentagone.

Le droit international interdit expressément de baguer les oiseaux migrateurs parce qu’ils sillonnent librement le ciel bleu et l’air d’autres pays.  En leur faisant porter des germes, ces oiseaux deviennent des armes de destruction massive. Quelle ingéniosité ! Mais les États-Unis bénéficient d’une immunité totale vis-à-vis du droit international.

En fin de compte, seuls les services de renseignement américains – et le président Biden, peut-être, s’il s’en souvient – sauraient où des humains ont été infectés jusqu’à présent, au cours de ce siècle, par les oiseaux de destruction massive. Le virus Ebola qui a dévasté l’Afrique était-il un test et un précurseur de choses à venir ?

Qu’en est-il du Covid-19, dont on sait qu’il provient de laboratoires financés et administrés par les États-Unis ? Il est très probable que les États-Unis aient pu utiliser des oiseaux migrateurs pour tuer des citoyens chinois. Il est clair que les États-Unis, dans leur désespoir d’inverser leur dynamique de déclin, mettent tout en œuvre pour restaurer leur hégémonie dans un ordre mondial qui se dirige inexorablement vers la multipolarité.

M.K. Bhadrakumar a travaillé au sein du corps diplomatique indien pendant 29 ans. Il a été ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001). Il tient le blog Indian Punchline et contribue régulièrement aux colonnes d’Asia Times, du Hindu et du Deccan Herald. Il est basé à New Delhi.

Traduction Corinne Autey-Roussel
Photo Thang Ha / Pixabay

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